• [^] # Re: vs

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Redécouverte : Roff. Évalué à 3.

    La totalité des outils roff ainsi que les fichiers de configuration et les fonts représentent même pas 15 Mo sur ma machine. Même en admettant que je ne compte pas tout, soyons fous, doublons ce chiffre pour être sûr, on arrive à 30 Mo. Avec LaTeX on arrive rapidement à plus d'un giga voire deux. Et là, j'utilise groff qui est probablement la plus grosse implémentation, et j'ai installé des fonts personnalisées. La différence est colossale.

    Je ne pensais pas aux fontes personnalisées mais plutôt à la variété de fontes de bases (historiquement, je ne me souviens pas que Troff distinguait des équivalents de Roman et Serif) avec toutes leurs variations (par exemple le penché/incliné, qui est souvent calculé, n'est pas l'italique) et métriques. Les fichiers de base en eux même ne sont pas très gros. Une fois qu'on a besoin d'une fonte donnée, elle est générée, référencée (pour ne pas refaire la régénération lors des appels suivants) et occupe plus de place (bitmap historiquement) Pour accélérer le temps de traitement des documents et partant du principe que quand on l'installe c'est pour un usage complet et courant/régulier, les suites font toute la précompilation des combinaisons standards (les plus courantes ?) Les dernières implémentations de Troff utilisent plus de polices qui sont déjà intégrées dans le système (donc c'est souvent masqué) alors que *TeX a un format qui lui est propre (ceci dit il y a des extensions à LaTeX et une intégration native dans ConTeXt pour utiliser les TrueType du système en plus.)

    L'autre aspect ce sont vraiment les extensions. Quasiment tout ce qui a une licence non fermée ni propriétaire et est publié sur CTAN est inclus dans TeXLive.
    Pour faire le parallèle, tu as étendu selon tes besoins (colorations syntaxique.) Si Troff avait évolué de la même façon (avec une large communauté et un lieu de recensement de ces ajouts), il y en aurait un paquet et ton installation serait plus conséquente si la suite te les met toutes à disposition.

    À cela il faut ajouter la compatibilité ascendante et les travaux dérivés qui font qu'on jette peu de chose. Donc forcément tu vas avoir ta suite qui va grossir avec le temps mais te garantir une forme de pérennité (par exemple TeXLive propose LuaLaTeX et ConTeXt mais on a toujours LaTeX dans toutes ses formes et même PlainTeX et donc on arrive toujours à garder sa chaîne de traitement historique... par exemple, la présence de pdflatex ne casse pas ton Makefile qui fait systématiquement latex puis dvi2pdf)
    S'il fallait faire la même chose ici, tu devrais pouvoir lancer aussi bien l'implémentation de Groff qui améliore certaines choses mais laisse en plan d'autres, que l'implémentation historique...

    Après, bien entendu LaTeX fait plus de choses, mais faut en avoir l'usage.

    Comme ça existe déjà, j'utilise une des classes disponibles pour faire mes CV, courriers, présentations. Autant de choses pour lesquelles il me faudrait écrire moi-même les macros et convertisseurs associés si je devais utiliser Troff. (plus le temps passe et moins j'aime faire d'effort, surtout que je finis par découvrir que j'ai réinventé un truc existant.)

    Je veux bien considérer Tex, seul, comme étant un outil pouvant rivaliser avec roff.

    Oui, les deux univers adressent un certain nombre de problématiques communes et n'ont pas évolué de la même façon. Du fait de ce dernier point, on ne peut pas facilement comparer (module à module) les suites mais au mieux leur noyau (TeX et Troff)
    Après, il est toujours bien d'avoir des approches différentes et complémentaires.

    "It is seldom that liberty of any kind is lost all at once." ― David Hume