Et dire à quelqu'un qui a souffert qu'il aurait pu y faire quelque chose, c'est la même rhétorique que de dire à une fille qu'elle ne se serait pas fait violée si elle n'avait pas mis de jupe. Cela peut faire du bien en tant que victime de retrouver un peu de "pouvoir" en se disant "ici, j'ai fait quelque chose qui était de mon ressort et qui m'a porté préjudice"... ou pas ; en tout cas c'est à la personne de décider de ça, pas aux autres de porter un jugement sur sa souffrance et sa façon de la gérer.
Je ne pense pas qu'on puisse décemment comparer la fille violée et l'auteur du journal. De près ou de loin.
Une fille a le droit d'avoir une jupe en toute situation, et il est d'ailleurs possible que jupe ou pas le viol ait lieu. Et elle ne peut pas faire grand chose.
Ici on a un gars à priori formé et instruit, avec des droits civiques qui déjà ne tique pas devant certains manquement graves au droit du travail, alors qu'il est dans un secteur qui embauche et qui rémunère plutôt bien ne cherche pas un autre employeur, il parle la langue et a la citoyenneté locale et connaît notre pays (donc sait qu'il y a des solutions et comment s'en sortir à minima) et qu'il ne cherche pas à trouver une solution pour ses histoires d'adresse alors qu'en soi ça ne manque pas. Amis, famille, associations, boîte postale, ce n'est pas ce qui manque pour résoudre ce problème administratif. Il pourrait même prendre consultation auprès d'un avocat.
C'est quand même assez différents du cas commun de l'esclavage moderne où un étranger débarque dans un pays, n'a plus de sous, ni de papiers pouvant prouver son identité et que son séjour est légal (en gros, n'a le droit à rien), ne maitrise pas la langue ni le fonctionnement du pays pour facilement trouver une aide extérieure, et ne connaît littéralement personne dans son entourage capable de l'aider. En plus parfois qu'il est difficile de trouver du travail pour eux.
Je peux avoir de la compassion, je peux comprendre des situations difficiles, mais ce n'est pas pour autant qu'il était aussi coincé qu'il ne le dit, ni qu'il n'a pas sa part de responsabilité aussi.
La chose primordiale dont les victimes de traumatismes ont besoin quand elles s'en sortent, c'est de validité et de légitimation. Cela ne veut pas dire de dire oui à tout ce qu'elles disent, mais remettre en question ce qu'elles ont vécus et le nier est une violence ignoble. C'est pour cela que les victimes en tout genre prennent l'habitude de se taire, parce que chaque fois que les jugements sont faits sur leur vécu, on leur enlève à nouveau le droit d'exister. Or c'est justement leur parole qui permet de dénouer peu à peu d'autres situations similaires, et permet à d'autres "victimes" de relever la tête et s'en sortir, et d'autres "bourreaux" de remettre en cause leur façon de faire et de traiter les gens.
Personnellement j'ai de la compassion quand on ne compare pas deux situations incomparables pour se victimiser.
Il aurait sorti son histoire sans le comparer à ce qui peut se passer aux Émirats, et même en France pour certaines personnes, je ne dirais rien. Mais là il cherche à établir un lien entre ces deux pratiques alors qu'en fait il n'y a rien de vraiment comparable, et l'objectif de la comparaison semble clairement de rendre sa situation plus dramatique qu'elle n'y paraît.
Un peu comme les antipass qui comparent le passe à l'étoile jaune pour faire monter la mayonnaise des sentiments mais qui en faisant cela crachent à la gueule des gens impactés dans cette comparaison.
[^] # Re: Pourtant ça partait bien
Posté par Renault (site web personnel) . En réponse au journal Comment j’ai été réduit en esclavage, comment vous m’avez aidé, et les leçons que j’en ai tirées. Évalué à 5.
Je ne pense pas qu'on puisse décemment comparer la fille violée et l'auteur du journal. De près ou de loin.
Une fille a le droit d'avoir une jupe en toute situation, et il est d'ailleurs possible que jupe ou pas le viol ait lieu. Et elle ne peut pas faire grand chose.
Ici on a un gars à priori formé et instruit, avec des droits civiques qui déjà ne tique pas devant certains manquement graves au droit du travail, alors qu'il est dans un secteur qui embauche et qui rémunère plutôt bien ne cherche pas un autre employeur, il parle la langue et a la citoyenneté locale et connaît notre pays (donc sait qu'il y a des solutions et comment s'en sortir à minima) et qu'il ne cherche pas à trouver une solution pour ses histoires d'adresse alors qu'en soi ça ne manque pas. Amis, famille, associations, boîte postale, ce n'est pas ce qui manque pour résoudre ce problème administratif. Il pourrait même prendre consultation auprès d'un avocat.
C'est quand même assez différents du cas commun de l'esclavage moderne où un étranger débarque dans un pays, n'a plus de sous, ni de papiers pouvant prouver son identité et que son séjour est légal (en gros, n'a le droit à rien), ne maitrise pas la langue ni le fonctionnement du pays pour facilement trouver une aide extérieure, et ne connaît littéralement personne dans son entourage capable de l'aider. En plus parfois qu'il est difficile de trouver du travail pour eux.
Je peux avoir de la compassion, je peux comprendre des situations difficiles, mais ce n'est pas pour autant qu'il était aussi coincé qu'il ne le dit, ni qu'il n'a pas sa part de responsabilité aussi.
Personnellement j'ai de la compassion quand on ne compare pas deux situations incomparables pour se victimiser.
Il aurait sorti son histoire sans le comparer à ce qui peut se passer aux Émirats, et même en France pour certaines personnes, je ne dirais rien. Mais là il cherche à établir un lien entre ces deux pratiques alors qu'en fait il n'y a rien de vraiment comparable, et l'objectif de la comparaison semble clairement de rendre sa situation plus dramatique qu'elle n'y paraît.
Un peu comme les antipass qui comparent le passe à l'étoile jaune pour faire monter la mayonnaise des sentiments mais qui en faisant cela crachent à la gueule des gens impactés dans cette comparaison.