• [^] # Re: Passage ciblé

    Posté par . En réponse au lien IP (la suite) : Ocytocine, le médicament qui ne sera pas développé. Évalué à 1.

    Sans être en désaccord avec le commentaire ci-dessus, un autre problème pourrait résider dans le fait de devoir conjuguer santé avec rentabilité.

    Bah, à moins d'imaginer que les médocs soient produits dans des usines d'État, il faut bien qu'un industriel prenne en charge au moins la fabrication, l'emballage, etc. Après, l'État pourrait acheter des brevets, financer la R&D et les tests, et sous-traiter la fabrication. Mais 1) Big Pharma, c'est un marché mondial, et si une boîte tient à fabriquer elle-même ses médocs et ne pas vendre ses brevets, je ne vois pas comment l'en empêcher, à moins de sortir de tous les traités commerciaux internationaux (spoiler : ça n'arrivera pas), 2) ça risque d'être tellement inefficace que ça coûtera plus cher que d'acheter les médocs à une boîte qui rémunère grassement ses actionnaires.

    Je pense qu'en effet, le système marche sur la tête (et je pense que beaucoup de gens le voient bien et sont d'accord avec ça), mais il semble juste très difficile de le réparer. L'État ne veut pas financer la R&D sur les médocs, parce qu'il n'en n'a pas vraiment les moyens, parce qu'il n'est pas tellement clair de comment ça peut fonctionner dans un contexte international (on crée une entreprise pharma d'État? on nationalise une boite existante? on nationalise toutes les boîtes? Comment peut-on nationaliser une entreprise étrangère?). On pourrait subventionner l'industrie pharma, afin de la rendre plus rentable, mais ça reviendrait à engraisser un canard à foie gras. On est aussi bien contents que big pharma encaisse les pertes quand les tests foirent (on peut parler de milliards de pertes, qui sont bien sûr en partie tamponnées par des bricolages fiscaux).

    Le plus simple, ça serait évidemment de confier la R&D sur des médocs non-rentables (maladies rares, maladies "de pauvres", etc) à une structure gérée par l'État, qui pourrait vendre ses brevets à bas prix aux industriels qui produiraient des génériques. Une sorte de puits sans fond, qu'on pourrait remplir en partie avec les subventions qu'on ne verserait plus à big pharma. Mais ça ne pourrait pas constituer plus que quelques % des médicaments, donc pas vraiment une solution... et pas de changement avant 10 ou 15 ans, le temps que les premiers médocs arrivent sur le marché. J'ai du mal à imaginer que ça puisse être une solution.