l'infection naturelle par le SARS-CoV-2 confère aussi une immunité de relativement courte durée, comparé à d'autres maladies infectieuses. Donc ce ne serait pas la technologie de vaccination qui serait en cause, mais plutôt la nature de l'antigène (en l'occurrence la protéine S de ce virus).
En fait c’est même plus général que ça.
Quasiment tous les virus respiratoires ont comme point commun de ne conférer qu’une immunité de relativement courte durée. Les virus de la grippe, les rhinovirus, les RSVs (Respiratory syncytial viruses), les HMPVs (Human metapneumoviruses), les HPIVs (Human parainfluenza viruses)... et les coronavirus (aussi bien les coronavirus endémiques responsables des rhumes que le SARS-CoV-21).
Pour tous ces virus, la ré-infection avec le même virus (et le développement de la maladie qui va avec) est non seulement possible mais régulièrement constatée.
On a pensé que ça s’expliquait aisément par la diversité de ces virus : la ré-infection serait causée par un virus sensiblement différent du virus ayant causé la première infection, de sorte que l’immunité conférée par le premier virus serait inopérante. Ça joue certainement un rôle dans le cas de la grippe en effet, mais pour les autres virus respiratoires (dont le SARS-CoV-2), on a constaté que la primo-infection ne protège pas durablement même contre le même sous-type viral, donc la diversité n’explique pas tout.
Du coup, et puisque ces virus sont très différents, on pense aujourd’hui que la raison à l’incapacité à conférer une immunité de long terme est à chercher dans les particularités des tissus respiratoires qu’ils ont en commun d’infecter, plutôt que dans les particularités des virus eux-mêmes. Mais à ma connaissance on n’a pas beaucoup de pistes pour l’instant.
Quelle que soit la cause, si les virus eux-mêmes ne provoquent pas d’immunité de long terme, il ne fallait pas s’attendre à ce que les vaccins le fassent (et je ne crois d’ailleurs pas que les chercheurs ayant développé ces vaccins s’y attendaient). Ce n’est pas tant un échec des vaccins (ils font ce qu’on leur demande : provoquer le même genre de réponse que celle provoquée par le virus d’origine, sans provoquer la maladie — pas de leur faute si la réponse provoquée par le virus d’origine n’est pas durable) qu’un signe qu’il nous reste encore beaucoup de choses à comprendre sur notre système immunitaire en général, et le système immunitaire des muqueuses respiratoires en particulier.
Possiblement aussi le SARS-CoV-1 et le MERS-CoV, mais je ne crois pas qu’on ait des données pour ces deux-là. ↩
[^] # Re: Efficacité du vaccin
Posté par gouttegd . En réponse au journal Moins d’un an pour un vaccin, est-ce surprenant ?. Évalué à 10.
En fait c’est même plus général que ça.
Quasiment tous les virus respiratoires ont comme point commun de ne conférer qu’une immunité de relativement courte durée. Les virus de la grippe, les rhinovirus, les RSVs (Respiratory syncytial viruses), les HMPVs (Human metapneumoviruses), les HPIVs (Human parainfluenza viruses)... et les coronavirus (aussi bien les coronavirus endémiques responsables des rhumes que le SARS-CoV-21 ).
Pour tous ces virus, la ré-infection avec le même virus (et le développement de la maladie qui va avec) est non seulement possible mais régulièrement constatée.
On a pensé que ça s’expliquait aisément par la diversité de ces virus : la ré-infection serait causée par un virus sensiblement différent du virus ayant causé la première infection, de sorte que l’immunité conférée par le premier virus serait inopérante. Ça joue certainement un rôle dans le cas de la grippe en effet, mais pour les autres virus respiratoires (dont le SARS-CoV-2), on a constaté que la primo-infection ne protège pas durablement même contre le même sous-type viral, donc la diversité n’explique pas tout.
Du coup, et puisque ces virus sont très différents, on pense aujourd’hui que la raison à l’incapacité à conférer une immunité de long terme est à chercher dans les particularités des tissus respiratoires qu’ils ont en commun d’infecter, plutôt que dans les particularités des virus eux-mêmes. Mais à ma connaissance on n’a pas beaucoup de pistes pour l’instant.
Quelle que soit la cause, si les virus eux-mêmes ne provoquent pas d’immunité de long terme, il ne fallait pas s’attendre à ce que les vaccins le fassent (et je ne crois d’ailleurs pas que les chercheurs ayant développé ces vaccins s’y attendaient). Ce n’est pas tant un échec des vaccins (ils font ce qu’on leur demande : provoquer le même genre de réponse que celle provoquée par le virus d’origine, sans provoquer la maladie — pas de leur faute si la réponse provoquée par le virus d’origine n’est pas durable) qu’un signe qu’il nous reste encore beaucoup de choses à comprendre sur notre système immunitaire en général, et le système immunitaire des muqueuses respiratoires en particulier.
Possiblement aussi le SARS-CoV-1 et le MERS-CoV, mais je ne crois pas qu’on ait des données pour ces deux-là. ↩