Je voudrais quand même indiquer que la nature de l'oeuvre dont on parle là est politique. Bernard fait de la politique, l'avocat en face aussi. On débat d'un projet de loi qui sera voté en septembre. Tous les commentaires ici sont aussi imprégnés de politique. C'est une autre musique, non ?
Alors, de fait, on ne se pose pas trop la question des moyens.
- Jakob nous a fait une retranscription à la volée.
- J'ai donné un lien vers un document top secret de Billou.
- vers des archives de documents officiels du Sénat US.
- Bernard a publié une retranscription critiquée du "chat" de Bensoussan.
- Nombreux sont les sites web des partis politiques qui copient collent intégralement les dépèches afp, reuters, transfert, de manières à avoir des backups sur localhost.
Ces "libertés" ne me choquent pas. Elles prennent part naturellement dans ce qu'on pourrait appeler pompeusement un grand débat démocratique.
Archiver l'oeuvre sur ton serveur et la diffuser présente un intérêt évident. Les citoyens disposeront d'un accés à l'oeuvre, aux discours, au contexte, aux hésitations et aux intonations des uns et des autres. Ils pourront citer, analyser, réfléchir. Sans cela, le public restera avec une image du débat déformée par le temps. L'oeuvre deviendra propagande.
Moi, par exemple, ca m'interesse d'avoir l'enregistrement. J'ai écouté la radio sans prendre le soin de me faire une copie. Je ne me sens pas coupable pour autant.
Lorsque la question des droits prends le dessus sur les objectifs, c'est de l'autocensure selon moi. A la limite, je préfère qu'on ait un beau procés avec une belle censure officielle. Le procés permettra de caractériser les discours, les lois, et ce qu'on me présente sous les formidables vocables démagogiques habituels du "vol" et du "mankaganié".
Et l'autocensure ne te permettra pas d'échapper au qualificatif douloureux du "sale anarcho-communiste de pirate" car tant que tu n'as pas un jugement par un tribunal, ces qualificatifs relèvent de la diffamation. La diffamation est une technique qu'ils utilisent couramment, sans prendre de gants, sans se poser la question de la pertinence des lois existantes puisque leur objectif politique est justement de les briser, ces lois et ces équilibres. De fait, tu es teinté : être sur le réseau est suffisant pour se faire taxer d'anarchisme libertaire, non sans raison.
Exemple.
Le double lobby des tenants de l'anarchie (caché sous le vocable noble de liberté) et des multinationales des télécommunications refuse avec force que ce mince et fragile acquis communautaire (une protection minimale des uvres protégées diffusées sur le réseau) puisse être consolidé.
C'est d'autant regrettable et inadmissible que, pour la première fois, les Etats-Unis se sont montrés plus hardis que l'Europe dans la défense du copyright sur le "net" avec le DMCA de 1998. Quand serons-nous enfin en mesure de disposer d'un arsenal juridique approprié face à la généralisation du vol qui se profile ?
Bernard Miyet. Sacem. Une année 2002 satisfaisante. http://sacem.fr/kiosque/zoom/2003/conference_de_presse_textebm.html(...)
Pour répondre à Miyet, c'est en automne que devrait avoir lieu le débat politique à l'assemblée sur l'EUCD que la Sacem a fortement contribué à mettre en place au sein du CSPLA, en prenant bien soin d'occulter totalement le considérant numéro 8 que j'ai indiqué ci dessus.
J'espère qu'il est au courant de ces dates. Miyet doit aussi avoir entendu parler d'un certain Napster, informons le que c'est en 1999 que Napster est apparu, et pas avant. Ceci devrait lui permettre de mesurer l'efficacité redoutable de l'arsenal juridique approprié.
Quand il s'agit de passer des lois politiques et idéologiques, la Sacem aime bien globaliser. Quand il s'agit d'obtenir des avantages financiers sectoriels, alors la Sacem aime bien tirer la couverture vers son petit bizness.
[^] # Re: Débat sur les brevets logiciels sur France Culture
Posté par cornofulgur . En réponse à la dépêche Débat sur les brevets logiciels sur France Culture. Évalué à 10.
http://europa.eu.int/smartapi/cgi/sga_doc?smartapi!celexapi!prod!CE(...)
Je voudrais quand même indiquer que la nature de l'oeuvre dont on parle là est politique. Bernard fait de la politique, l'avocat en face aussi. On débat d'un projet de loi qui sera voté en septembre. Tous les commentaires ici sont aussi imprégnés de politique. C'est une autre musique, non ?
Alors, de fait, on ne se pose pas trop la question des moyens.
- Jakob nous a fait une retranscription à la volée.
- J'ai donné un lien vers un document top secret de Billou.
- vers des archives de documents officiels du Sénat US.
- Bernard a publié une retranscription critiquée du "chat" de Bensoussan.
- Nombreux sont les sites web des partis politiques qui copient collent intégralement les dépèches afp, reuters, transfert, de manières à avoir des backups sur localhost.
Ces "libertés" ne me choquent pas. Elles prennent part naturellement dans ce qu'on pourrait appeler pompeusement un grand débat démocratique.
Archiver l'oeuvre sur ton serveur et la diffuser présente un intérêt évident. Les citoyens disposeront d'un accés à l'oeuvre, aux discours, au contexte, aux hésitations et aux intonations des uns et des autres. Ils pourront citer, analyser, réfléchir. Sans cela, le public restera avec une image du débat déformée par le temps. L'oeuvre deviendra propagande.
Moi, par exemple, ca m'interesse d'avoir l'enregistrement. J'ai écouté la radio sans prendre le soin de me faire une copie. Je ne me sens pas coupable pour autant.
Lorsque la question des droits prends le dessus sur les objectifs, c'est de l'autocensure selon moi. A la limite, je préfère qu'on ait un beau procés avec une belle censure officielle. Le procés permettra de caractériser les discours, les lois, et ce qu'on me présente sous les formidables vocables démagogiques habituels du "vol" et du "mankaganié".
Et l'autocensure ne te permettra pas d'échapper au qualificatif douloureux du "sale anarcho-communiste de pirate" car tant que tu n'as pas un jugement par un tribunal, ces qualificatifs relèvent de la diffamation. La diffamation est une technique qu'ils utilisent couramment, sans prendre de gants, sans se poser la question de la pertinence des lois existantes puisque leur objectif politique est justement de les briser, ces lois et ces équilibres. De fait, tu es teinté : être sur le réseau est suffisant pour se faire taxer d'anarchisme libertaire, non sans raison.
Exemple.
Le double lobby des tenants de l'anarchie (caché sous le vocable noble de liberté) et des multinationales des télécommunications refuse avec force que ce mince et fragile acquis communautaire (une protection minimale des uvres protégées diffusées sur le réseau) puisse être consolidé.
C'est d'autant regrettable et inadmissible que, pour la première fois, les Etats-Unis se sont montrés plus hardis que l'Europe dans la défense du copyright sur le "net" avec le DMCA de 1998. Quand serons-nous enfin en mesure de disposer d'un arsenal juridique approprié face à la généralisation du vol qui se profile ?
Bernard Miyet. Sacem. Une année 2002 satisfaisante.
http://sacem.fr/kiosque/zoom/2003/conference_de_presse_textebm.html(...)
Pour répondre à Miyet, c'est en automne que devrait avoir lieu le débat politique à l'assemblée sur l'EUCD que la Sacem a fortement contribué à mettre en place au sein du CSPLA, en prenant bien soin d'occulter totalement le considérant numéro 8 que j'ai indiqué ci dessus.
J'espère qu'il est au courant de ces dates. Miyet doit aussi avoir entendu parler d'un certain Napster, informons le que c'est en 1999 que Napster est apparu, et pas avant. Ceci devrait lui permettre de mesurer l'efficacité redoutable de l'arsenal juridique approprié.
Quand il s'agit de passer des lois politiques et idéologiques, la Sacem aime bien globaliser. Quand il s'agit d'obtenir des avantages financiers sectoriels, alors la Sacem aime bien tirer la couverture vers son petit bizness.