• [^] # Re: Mens sana...

    Posté par . En réponse au journal J'ai regardé la série Fondation.. Évalué à 10.

    En terme de cinéma, il ne faut pas confondre le ciné états-unien (et celui qui le copie pour mieux se vendre, à la manière des films de Besson) avec celui d'autres pays. Pas de super-zéros dans les films français, allemands ou italiens, du Bhoutan ou de Mongolie, ni dans ceux de Corée auxquels j'ai pu assister (encore que dans ces derniers, on devrait sûrement trouver des super-lutteurs invincibles). Pas non-plus de super-détective tout-puissant avec son méchant qui lui court personnellement au cul, etc. (OK, on a eu les Lupin, ou les Tintin ;-), mais bon, c'est quand même un autre genre)

    Le ciné états-unien reflète à la fois les névroses en cours là-bas, et l'origine du pays : les "élus" protestants des sectes qui sont arrivées là-bas en premier, et qui ont pesé lourdement sur la morale du pays en formation, possèdent la vérité par nature et prédestination, et sont investis du bien et chargé de combattre le mal (en l'occurrence, à l'origine, les sauvages païens qui osaient infester le pays que Dieu leur avait destiné — à eux, les Purs et Vrais Croyants, j'entends).

    On l'a vu à son époque avec les westerns, qui en même temps qu'une entreprise de justification des massacres passés, était également l'apparition dans le ciné de cette morale puritaine [1] .

    Avec le plan Marshall et son obligation (en échange des prêts pour la reconstruction) de diffuser les films yanks dans l'Europe conquise par les USA, cette vision manichéiste du monde a conquis l'Europe, et on subit toujours le fatras de leurs super-héros à la con, héritiers des rois de la gâchette westerniens.

    Donc que Fondation soit contaminé par Strange, ça ne m'étonne pas trop, finalement :-) De toute façon, je n'ai pas vu ni ne verrai : Le seigneur des anneaux, le Hobbit, Dune, Fondation, et d'autres sûrement à venir. En effet, le monde que mon imagination a construit autour de ces chefs-d'œuvre est plus riche et plus flou que ce que le ciné pourra m'imposer comme vision.


    [1] Même si des voleurs pouvaient en être des héros (Jesse James, Dillinger), dans leur lutte contre les banquiers qui affamaient les petits fermiers, ils ne représentaient plus ou moins la révolte des puritains s'exilant pour échapper aux persécutions britanniques.