• [^] # Re: Je rejoins les déçus

    Posté par . En réponse au journal Merci Linuxfr, aujourd'hui je fais mes valises. Évalué à 5.

    Je trouve dommageable, et ce depuis le premier confinement, que l'on ne mette pas plus en avant la responsabilité de chacun plutôt que la responsabilité des politiques.

    Ah mais ça, c'est profondément politique. Tu peux avoir une lecture collective et étatique de la gestion d'une épidémie (l'État prend les choses en main : on change les règles, on met en place des confinements, des obligations, des passe sanitaires, ou des obligations vaccinales), ou une lecture libérale (on met en place des centres de vaccination, on communique et on incite, mais la vie continue, chacun est responsable vis-à-vis des autres et de la collectivité).

    De manière peut-être un peu surprenante, le gouvernement en France a plutôt suivi la ligne non-libérale (la liberté des individus compte moins que le bien commun), ce qui est classiquement "de gauche". Les anglais et les US sont beaucoup plus sur une ligne libérale.

    Et non, ce n'est pas la fin du monde quand les mesures de contrôle de l'épidémie sont levées, mais il y a plus de morts quand même. Et c'est aussi beaucoup parce qu'on ne comprend rien à ce virus, on ne comprend pas ce qui provoque les vagues et surtout ce qui les arrête (la 4e vague s'est arrêtée en Angleterre pile quand certaines mesures ont été levées, c'est quand même assez surprenant). Lever les mesures de restriction, ça revient quand même à foncer dans le noir les yeux fermés, ça peut passer, ça peut être catastrophique; c'est compliqué de prendre ce risque pour tout un pays.

    Si on en revient aux chiffres, on a > 2100 morts/million en UK, et < 1800 en France. Donc, en assumant que la structure en classe d'âge etc. est comparable, on est à environ 25000 morts évités en France. C'est 5 ans de mortalité routière, c'est pas rien du tout.

    Et au final, ce qui différencie vraiment le fond des choses, c'est la valeur qu'on donne à la protection des faibles. Je pense que tout politique qui est bien conseillé sait que la crise économique due aux confinements génèrera probablement plus de morts et de souffrances que les morts du coronavirus, mais est-il possible d'être rationnel et utilitariste à ce point? Quand on aura à commenter les images de gens qui meurent sur les parkings des hopitaux, il faut quand même oser assumer que c'est un mal pour un bien.