• [^] # Re: C'est pas un truc social à la base ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal la monnaie libre présentée par son créateur. Évalué à 9.

    La June est une expérimentation et si on lui met des bâtons dans les roues dès le début avec des problématiques de fiscalité, ça ne décollera pas. Ça a déjà du mal à vivre et les échanges sont pas si nombreux.

    Ça dépend selon moi du but.

    Si le but de ces monnaies c'est d'être des jouets entre gars d'un quartier pour des échanges de faible valeur, en effet.

    Si le but est de décider d'un modèle de société qui doit englober un jour tout type d'échanger et l'ensemble de la population, je ne suis pas d'accord. Car dans ce cas le dessein imposera tôt ou tard de s'intéresser à la fiscalité, donc mettre le sujet sous le tapis n'est pas une bonne approche car il élude l'une des difficultés majeures à laquelle la monnaie devra faire face.

    La fiscalité n'est pas un détail qu'on peut régler quand on aura le temps.

    Autre exemple : AirBnB. Au début, c'était en mode "yolo" on se fait plein de sous sans déclarer et maintenant l'état à repris la main dessus et c'est très bien (pas AirBnb mais le fait qu'il faille déclarer ses revenus).

    Globalement il y a une tolérance fiscale pour les faibles montants ou coup de mains. Tu as le droit de dépanner ton voisin en échange d'une bière sans rien déclarer, tu as le droit de filer 50€ en liquide à ton père pour son anniversaire, tu as le droit de louer ta voiture une fois dans le mois pour gratter 10€. Le fisc laisse passer ça car globalement c'est difficile à gérer pour eux (et pour nous les contribuables), et niveau popularité de la mesure on repassera probablement. Puis beaucoup de choses sont difficiles à évaluer.

    AirBnb, Leboncoin, eBay comme d'autres plateformes ont dépassé le cadre de se faire un peu d'argent de poche en échange d'un objet d'occasion ou d'un service simple. Pour certains on est dans l'activité commerciale non négligeable, voire même la principale source de revenu. Donc l'État a juste rappelé à l'ordre les citoyens que la tolérance fiscale pour les petits services ou ventes d'occasion ne sont pas valables au delà d'un certain volume et qu'il faut donc déclarer ces activités. Mais tu peux toujours vendre tes objets d'occasion sans rien déclarer et sans rien risque du fisc, mais dans un certain cadre seulement. Et pour simplifier tout ça l'État a discuté avec les grosses plateformes pour faciliter l'échange de données.

    Cela permet d'éviter la concurrence déloyale (pensons aux hôtels ou gîtes qui doivent tout déclarer), mais aussi que l'État puisse se financer sans qu'on oublie de trop grandes sources de revenus.

    Mais en somme, dès le départ il aurait fallu que les gros loueurs sur Airbnb déclarent leurs revenus au fisc. Le fisc ne le voyait pas, mais ce n'est pas pour autant que le fisc ne devait pas recevoir ces sous. Et Airbnb n'était pas en faute en proposant ce service, mais ses utilisateurs l'étaient en ne respectant pas la loi à ce sujet. L'État a préféré obliger Airbnb de faire quelque chose car c'était plus simple et fiable uniquement.