La langue française a longtemps mené sa vie, évoluant au gré des coutumes, jusqu'au jour où Richelieu l'a enfermée dans un carcan, duquel elle ne sait plus sortir. Il y a énormément plus de différence de langage entre Montaigne (livre III : 1588) et Molière (premières pièces vers 1660), ±70 ans d'écart, qu'entre Molière et nous, 360 ans.
La brider un peu, c'est une chose, la mettre frigo, c'en est une autre.
Se plaindre que les Français ne savent plus écrire le français ne sert à rien, l'époque des dictées hebdomadaires et des coups de règle sur les doigts est passé et bien passé, il serait temps d'adapter la langue à ces nouvelles conditions. Rien de déshonorant à ça, les Espagnols l'ont fait, les Portugais l'ont fait, leur langue en est du coup beaucoup plus facile à apprendre, moins sujette aux erreurs orthographiques ou grammaticales (pas de règle complexe d'accord du COD, pas de règles alambiquées et à rallonge pour celle des couleurs ou des verbes pronominaux (ah, les verbes pronominaux : "qui a fait l'action ?"). Et leur littérature y a survécu.
Ça ne résoudra pas le problème de base, qui est que de moins en moins de gens lisent et écrivent (j'entends écrire des textes, pas des messages whatsapp ou twitter) et de plus en plus se cultivent à coups de youtube. Mais au moins, par un effet purement mathématique, il y aura moins de fautes dans les textes, et moins de temps d'apprentissage nécessaire pour une maîtrise de la langue à niveau équivalent.
Et qui sait, après une réforme costaude, on lira peut-être du Nerval ou du Maupassant avec la même nostalgie que celle que j'ai à lire du Montaigne en vieux françois.
Mais bon, les Français sont arc-boutés sur leurs vieilles coutumes et fiers de la difficulté de leur langue, qui est telle que seuls de grands spécialistes peuvent en maîtriser le labyrinthe (avez-vous vu l'épaisseur du Grévisse ?!).
P.-S. : Ceci dit, je suis d'accord avec toi, la lecture d'une bonne littérature est un bon moyen de mémoriser grammaire et orthographe, mais c'est une activité qui se réduit en peau de chagrin. Et n'oublions pas que les dyslexiques ne sont plus brimés comme autrefois, et sont donc plus nombreux (plus visiblement nombreux, disons).
[^] # Re: 86% des recruteurs ne trouvent personnes pour leur poste
Posté par sebas . En réponse au lien La maîtrise de l'orthographe et de l'expression orale est "fondamentale" pour 86% des recruteurs. Évalué à 7. Dernière modification le 25 octobre 2021 à 22:33.
Comme Montaigne, Ronsard, Villon ?
La langue française a longtemps mené sa vie, évoluant au gré des coutumes, jusqu'au jour où Richelieu l'a enfermée dans un carcan, duquel elle ne sait plus sortir. Il y a énormément plus de différence de langage entre Montaigne (livre III : 1588) et Molière (premières pièces vers 1660), ±70 ans d'écart, qu'entre Molière et nous, 360 ans.
La brider un peu, c'est une chose, la mettre frigo, c'en est une autre.
Se plaindre que les Français ne savent plus écrire le français ne sert à rien, l'époque des dictées hebdomadaires et des coups de règle sur les doigts est passé et bien passé, il serait temps d'adapter la langue à ces nouvelles conditions. Rien de déshonorant à ça, les Espagnols l'ont fait, les Portugais l'ont fait, leur langue en est du coup beaucoup plus facile à apprendre, moins sujette aux erreurs orthographiques ou grammaticales (pas de règle complexe d'accord du COD, pas de règles alambiquées et à rallonge pour celle des couleurs ou des verbes pronominaux (ah, les verbes pronominaux : "qui a fait l'action ?"). Et leur littérature y a survécu.
Ça ne résoudra pas le problème de base, qui est que de moins en moins de gens lisent et écrivent (j'entends écrire des textes, pas des messages whatsapp ou twitter) et de plus en plus se cultivent à coups de youtube. Mais au moins, par un effet purement mathématique, il y aura moins de fautes dans les textes, et moins de temps d'apprentissage nécessaire pour une maîtrise de la langue à niveau équivalent.
Et qui sait, après une réforme costaude, on lira peut-être du Nerval ou du Maupassant avec la même nostalgie que celle que j'ai à lire du Montaigne en vieux françois.
Mais bon, les Français sont arc-boutés sur leurs vieilles coutumes et fiers de la difficulté de leur langue, qui est telle que seuls de grands spécialistes peuvent en maîtriser le labyrinthe (avez-vous vu l'épaisseur du Grévisse ?!).
P.-S. : Ceci dit, je suis d'accord avec toi, la lecture d'une bonne littérature est un bon moyen de mémoriser grammaire et orthographe, mais c'est une activité qui se réduit en peau de chagrin. Et n'oublions pas que les dyslexiques ne sont plus brimés comme autrefois, et sont donc plus nombreux (plus visiblement nombreux, disons).