• [^] # Re: Ordonner les priorités

    Posté par . En réponse au lien Se passer du nucléaire en France est possible selon le prochain rapport de l'association Négawatt. Évalué à 1.

    Attention, je ne maintiens pas la notion de camp: si ces camps disparaissent, je serais content, et je ne fais absolument rien pour les maintenir.
    Mais ces camps sont une réalité.
    C'est déjà visible ici: LaurentClaessens défend une solution qui met en avant une technologie particulière, tandis que wilk met en avant une technologie différente. Si chaque individu, dans le débat, était représenté par un point dans l'espace, on aurait un nuage de points, mais avec deux clusters impossible à ignorer (et certains points entre les deux).
    Je fais référence à ces camps, mais je fais aussi référence à ceux qui ne sont pas dans ces camps, par exemple les exemples de personnes rationnelles.

    En ce qui concerne la cohabitation EnR et nucléaire, c'est plus compliqué que ça.
    Tout d'abord, créer un réseau électrique optimisé pour le nucléaire rend les EnR difficile à installer sur ce réseau, et inversement (cf. l'article que j'ai déjà cité "nuclear and renewable don't mix"). Dans certains cas, on est obligé de faire un choix, et "un mélange des deux" est parfois la meilleur façon de n'avoir que les inconvénients des deux technologies sans profiter d'aucun de leurs avantages.
    Ces technologies sont également, malheureusement (mais c'est la vie, c'est comme ça), en compétition pour les financements. Si tu dois voyager du point A au point B et que tu as une voiture où les 4 roues manquent et un avion sans essence, tu as plusieurs possibilités:
    - acheter 4 roues à X euros
    - acheter de l'essence à X euros
    - acheter 2 roues à X/2 euros, et la moitié de l'essence qui permet de ne faire que la moitié du trajet en avion.
    C'est faux de croire que la dernière solution permet de voyager de A à B: à la fois la voiture et l'avion sont inutilisables.

    Un professeur de l'institut de l'énergie de l'University College de Londres a dit lors d'une conférence: les débats entre EnR et nucléaires n'ont plus lieu d'être, les pays qui se sont engagés dans la voie de la sortie du nucléaire doivent simplement continuer dans cette voie, et inversement.
    Ce professeur ne fait partie d'aucun "camp", mais cela ne l’empêche pas de s'opposer à une solution EnR (ou nucléaire) quand le pays s'est engagé dans une solution nucléaire (ou EnR).

    Finalement, effectivement, on pourrait parier sur une solution nucléaire + changements sociétaux. Mais la conversation part déjà de "qu'est-ce qui est le moins risqué", et je n'ai fait que remarqué que si le nucléaire est moins risqué pour atteindre les objectifs technologiques, il est plus risqué pour atteindre les objectifs sociétaux, pour les raisons que j'ai données: abandonner les efforts de changements de société est une solution de simplicité qui est extrêmement tentantes si on suit la voie du nucléaire, et elle ne l'est plus dans la voie des EnR.

    Attention, on remarquera que je n'ai dit nulle part que la voie du nucléaire est, au total, plus risquée. Simplement que ce risque n'a pas été comptabilisé dans le raisonnement sur lequel je réagissais.