Personnellement, ce que je trouve intéressant, c'est le fort rejet que produit tout commentaire reflétant un scepticisme vis-à-vis de la position officielle sur n'importe quel sujet. C'est un rejet qui autorise direct des interprétations des plus négatives possibles, parce que ce serait des pensées dangereuses, par exemple des gens bernés par les compagnies énergétiques (paradoxalement être berné par big pharma est tabou aujourd'hui).
C'est une réaction disproportionnée quand on sait que les plus gros climato-sceptiques avec le plus d'influence, ce sont les gouvernements de pour ainsi dire presque (ou tous) les pays, dont on sait bien qu'ils sont essentiellement au service de grands intérêts économiques, dont ces compagnies énergétiques font intégralement partie. Mais, incroyablement, certains s'inquiètent plus facilement d'un lien improbable et à faible impact entre un linuxfrien « climato-sceptique » quelconque (qui fait office de bouc-émissaire) et l'industrie énergétique, qu'entre le gouvernement (déresponsabilisé) et cette même industrie énergétique.
Le mécanisme principal à l'œuvre, c'est la dissonance cognitive entre les budgets importants (gaspillés) et les discours grandiloquents (propagande) d'un côté, et le manque d'actions efficaces d'un autre. C'est une dissonance cognitive d'autant plus amplifiée par le mode de vie individuel non-écologique des gouvernants. Les dissonances cognitives, on aime les résoudre : ça implique soit de fermer les yeux et de se convaincre qu'elles n'existent pas (un bouc-émissaire flou du type "climato-sceptique" est un bon outil psychologique pour y arriver), soit d'accepter que les gouvernants ne sont pas gênés par ces dissonances cognitives. La deuxième option ne devrait en fait pas être si difficile à accepter, car c'est un phénomène naturel, en particulier dans une société bureaucratique et technocratique comme la notre. Ceux qui réussissent en politique sont, avec plus grande probabilité, ceux qui appliquent égoïstement des protocoles sans réfléchir et qui n'ont pas peur de la dissonance cognitive : il semble assez naturel que ce genre de profil flexible au comportement prévisible plaise aux sponsors et facilite les bons contacts.
La gestion du covid a mis, d'ailleurs, en évidence exactement les mêmes procédés :
Un phénomène ayant un fondement réel (réchauffement, virus)
Une communication anxiogène et de mauvaise qualité sur celui-ci qui fait que tout le monde devient « expert »
Des actions inefficaces voire nuisibles qui font des dissonances répétées avec le discours
Un bouc-émissaire flou pour dissimuler ces dissonances et polariser, toujours présenté comme minoritaire mais paradoxalement dangereux
Un (ou des) phénomène alternatif (changement climatique, crise énergétique) pour faire des pauses médiatiques et lutter contre l'usure
[^] # Re: Les bonnes questions
Posté par anaseto . En réponse au journal Changement climatique, que faire ?. Évalué à 7.
Personnellement, ce que je trouve intéressant, c'est le fort rejet que produit tout commentaire reflétant un scepticisme vis-à-vis de la position officielle sur n'importe quel sujet. C'est un rejet qui autorise direct des interprétations des plus négatives possibles, parce que ce serait des pensées dangereuses, par exemple des gens bernés par les compagnies énergétiques (paradoxalement être berné par big pharma est tabou aujourd'hui).
C'est une réaction disproportionnée quand on sait que les plus gros climato-sceptiques avec le plus d'influence, ce sont les gouvernements de pour ainsi dire presque (ou tous) les pays, dont on sait bien qu'ils sont essentiellement au service de grands intérêts économiques, dont ces compagnies énergétiques font intégralement partie. Mais, incroyablement, certains s'inquiètent plus facilement d'un lien improbable et à faible impact entre un linuxfrien « climato-sceptique » quelconque (qui fait office de bouc-émissaire) et l'industrie énergétique, qu'entre le gouvernement (déresponsabilisé) et cette même industrie énergétique.
Le mécanisme principal à l'œuvre, c'est la dissonance cognitive entre les budgets importants (gaspillés) et les discours grandiloquents (propagande) d'un côté, et le manque d'actions efficaces d'un autre. C'est une dissonance cognitive d'autant plus amplifiée par le mode de vie individuel non-écologique des gouvernants. Les dissonances cognitives, on aime les résoudre : ça implique soit de fermer les yeux et de se convaincre qu'elles n'existent pas (un bouc-émissaire flou du type "climato-sceptique" est un bon outil psychologique pour y arriver), soit d'accepter que les gouvernants ne sont pas gênés par ces dissonances cognitives. La deuxième option ne devrait en fait pas être si difficile à accepter, car c'est un phénomène naturel, en particulier dans une société bureaucratique et technocratique comme la notre. Ceux qui réussissent en politique sont, avec plus grande probabilité, ceux qui appliquent égoïstement des protocoles sans réfléchir et qui n'ont pas peur de la dissonance cognitive : il semble assez naturel que ce genre de profil flexible au comportement prévisible plaise aux sponsors et facilite les bons contacts.
La gestion du covid a mis, d'ailleurs, en évidence exactement les mêmes procédés :