La médecine a évidemment besoin de prendre quelques précautions, mais la démarche scientifique prévaut, avec des études, des analyses, des expériences... Le médecin n'est pas tout puissant dans son cabinet et heureusement.
Entre le médecin tout puissant et le médecin simple agent qui applique bêtement un protocole fabriqué dans l'urgence sans données complètes et donc avec zéro chances d'être exhaustif, il y a peut-être un juste milieu.
À mon avis, tu appliques tes idéaux technocratiques à la médecine, sans te rendre compte que c'est une porte ouverte à bien des dérives. Un processus de décision décentralisé ne conduit pas forcément toujours à des décisions optimales (un médecin ici ou là peut se tromper), mais un processus de décision centralisé conduit, par construction, à traiter les patients comme des objets que l'on met dans un petit nombre de cases qui ressemblent en moyenne à un certain type de profil.
Cette nouvelle médecine centralisée s'intéresse uniquement à ce qui « en moyenne » semble être le mieux et applique une même recette indiscriminée à tout le monde : simple, mais très approximatif. D-dimères élevés signalant des problèmes de coagulation sanguine ? C'est pas dans les cases. Maladie immunologique provoquée ou révélée par une vaccination passée ? Non plus, circulez. La liste actuelle est tellement courte qu'elle illustre clairement, soit un manque de recul, soit un manque de sérieux.
Cette nouvelle médecine centralisée peut conduire à vacciner un patient en pleurs et en détresse psychologique. Certains patients avec des maladies rares ou des problèmes de coagulation sanguine ont peur de l'injection qu'ils vont vivre comme un viol... mais zéro considérations psychologiques dans les contre-indications, car la nouvelle médecine centralisée ne sait pas faire ça, donc ils devront vivre avec cette expérience traumatique.
En dehors du fait que ça conduit à des jugements incorrects et inhumains, d'autant plus fréquents que les données sont incomplètes, ça a des implications psychologiques graves pour le patient tout comme pour le médecin. Le patient n'a plus voix au chapitre (plus d'écoute du patient) et pas d'alternatives (liberté de choix du médecin devenue inutile). Le médecin devient un simple agent qui applique un protocole (potentiellement contre sa volonté et son jugement). Cette centralisation du pouvoir décisionnel, accompagnée d'une objectification des humains, a toujours été l'ingrédient clé dans l'Histoire pour rendre possibles les pires atrocités ; d'où l'intérêt, par précaution, de ne pas se rapprocher de ce type de processus décisionnel dangereux pour tout ce qui a trait à des libertés fondamentales (donc la médecine en général, mais pas l'aéronautique).
Mais elle a accepté, et finalement bingo, j'avais juste.
D'où l'intérêt d'être à l'écoute du patient et de pouvoir consulter plusieurs professionnels. Cela dit, ton exemple n'a pas de lien avec le sujet, car ton problème n'aurait pas pu être géré par un groupe d'experts à Paris dans un bureau (le cas qui nous occupe).
Les maladies rares, ils en croisent peu (et c'est normal), et comme le reste du corps scientifique des données à leur sujets ils n'en ont pas énormément. Croire qu'ils pourraient majoritairement anticiper l'effet d'un vaccin nouveau pour une maladie nouvelle sur patient ayant une maladie rare est assez risible.
Il peut se pencher sur la question et étudier ton cas particulier, te dire d'attendre un peu et qu'il te rappellera s'il ne peut pas estimer le bénéfice/risque sur le moment. Un protocole ne peut rien faire pour toi, il ne peut pas apprendre ni s'adapter facilement sur mesure.
Ce n'est pas un saut total dans l'inconnu et il n'y avait pas de raisons de penser que ces vaccins seraient particulièrement dangereux.
À ce stade de l'année, tu tiens encore ce discours simplificateur... Avec toutes les données collectées depuis, on sait que la pharmacovigilance signale que ces vaccins font beaucoup plus d'effets indésirables graves que les autres. Et puis, pour ceux qui s'étonnent des délais : la pharmacovigilance, c'est bien plus complexe que la plupart des gens n'imaginent. On a d'une part la pharmacovigilance passive (celle dont on entend le plus parler, car celle dont les données sont le plus facilement publiquement disponibles, mais qui ne sert qu'à émettre des signaux), mais aussi la pharmacovigilance active (beaucoup plus précise et fiable, mais qui prend du temps, avec un certain nombre de démarches en cours). Cette vidéo, quoi qu'on pense de la question et de la fiabilité des quelques données présentées (il est toujours souhaitable de s'exposer à des sources diverses de toutes façons), est une bonne introduction sur la pharmacovigilance active en tant que discipline, pourquoi c'est compliqué et ça prend du temps, et pourquoi elle est indispensable. Ça permet d'étoffer un peu sa vision de la pharmacovigilance, de la rendre plus concrète et dépasser ainsi les memes simplistes.
[^] # Re: « hésitation vaccinale »
Posté par anaseto . En réponse au lien Il est stérile de rattacher l’hésitation vaccinale au complotisme.. Évalué à 2. Dernière modification le 15 octobre 2021 à 11:05.
Entre le médecin tout puissant et le médecin simple agent qui applique bêtement un protocole fabriqué dans l'urgence sans données complètes et donc avec zéro chances d'être exhaustif, il y a peut-être un juste milieu.
À mon avis, tu appliques tes idéaux technocratiques à la médecine, sans te rendre compte que c'est une porte ouverte à bien des dérives. Un processus de décision décentralisé ne conduit pas forcément toujours à des décisions optimales (un médecin ici ou là peut se tromper), mais un processus de décision centralisé conduit, par construction, à traiter les patients comme des objets que l'on met dans un petit nombre de cases qui ressemblent en moyenne à un certain type de profil.
Cette nouvelle médecine centralisée s'intéresse uniquement à ce qui « en moyenne » semble être le mieux et applique une même recette indiscriminée à tout le monde : simple, mais très approximatif. D-dimères élevés signalant des problèmes de coagulation sanguine ? C'est pas dans les cases. Maladie immunologique provoquée ou révélée par une vaccination passée ? Non plus, circulez. La liste actuelle est tellement courte qu'elle illustre clairement, soit un manque de recul, soit un manque de sérieux.
Cette nouvelle médecine centralisée peut conduire à vacciner un patient en pleurs et en détresse psychologique. Certains patients avec des maladies rares ou des problèmes de coagulation sanguine ont peur de l'injection qu'ils vont vivre comme un viol... mais zéro considérations psychologiques dans les contre-indications, car la nouvelle médecine centralisée ne sait pas faire ça, donc ils devront vivre avec cette expérience traumatique.
En dehors du fait que ça conduit à des jugements incorrects et inhumains, d'autant plus fréquents que les données sont incomplètes, ça a des implications psychologiques graves pour le patient tout comme pour le médecin. Le patient n'a plus voix au chapitre (plus d'écoute du patient) et pas d'alternatives (liberté de choix du médecin devenue inutile). Le médecin devient un simple agent qui applique un protocole (potentiellement contre sa volonté et son jugement). Cette centralisation du pouvoir décisionnel, accompagnée d'une objectification des humains, a toujours été l'ingrédient clé dans l'Histoire pour rendre possibles les pires atrocités ; d'où l'intérêt, par précaution, de ne pas se rapprocher de ce type de processus décisionnel dangereux pour tout ce qui a trait à des libertés fondamentales (donc la médecine en général, mais pas l'aéronautique).
D'où l'intérêt d'être à l'écoute du patient et de pouvoir consulter plusieurs professionnels. Cela dit, ton exemple n'a pas de lien avec le sujet, car ton problème n'aurait pas pu être géré par un groupe d'experts à Paris dans un bureau (le cas qui nous occupe).
Il peut se pencher sur la question et étudier ton cas particulier, te dire d'attendre un peu et qu'il te rappellera s'il ne peut pas estimer le bénéfice/risque sur le moment. Un protocole ne peut rien faire pour toi, il ne peut pas apprendre ni s'adapter facilement sur mesure.
À ce stade de l'année, tu tiens encore ce discours simplificateur... Avec toutes les données collectées depuis, on sait que la pharmacovigilance signale que ces vaccins font beaucoup plus d'effets indésirables graves que les autres. Et puis, pour ceux qui s'étonnent des délais : la pharmacovigilance, c'est bien plus complexe que la plupart des gens n'imaginent. On a d'une part la pharmacovigilance passive (celle dont on entend le plus parler, car celle dont les données sont le plus facilement publiquement disponibles, mais qui ne sert qu'à émettre des signaux), mais aussi la pharmacovigilance active (beaucoup plus précise et fiable, mais qui prend du temps, avec un certain nombre de démarches en cours). Cette vidéo, quoi qu'on pense de la question et de la fiabilité des quelques données présentées (il est toujours souhaitable de s'exposer à des sources diverses de toutes façons), est une bonne introduction sur la pharmacovigilance active en tant que discipline, pourquoi c'est compliqué et ça prend du temps, et pourquoi elle est indispensable. Ça permet d'étoffer un peu sa vision de la pharmacovigilance, de la rendre plus concrète et dépasser ainsi les memes simplistes.