Quelques modestes commentaires à l'inénarrable entretien de B.Lussato
sur Inter. Les citations sont souvent approximatives dans la lettre,
quoique conformes à l'esprit (mes compétences en sténo sont faibles) :
Sur la société :
"j'ai toujours été pour la libre entreprise... et anti-gauchiste,
anti-écolo"
"la compétence s'acquiert par frottement au contact d'un maître"
"le développement on sait ce que c'est : la complexification, la
hierarchisation, les valeurs"
"un hypermarché qui marche, c'est un hypermarché dans lequel le
directeur est respecté de ses hommes, proche d'eux et de ses clients"
"le monde est sous-tendu par une super-structure dont la coupole se
trouve aux Etats-Unis"
"la science ne crée pas de sens, elle le détruit"
Exaltation de la (petite) libre entreprise, méfiance envers les intellectuels et les
scientifiques, respect des valeurs et de la hiérarchie, rejet de l'Amérique...
Ca au moins, c'est une prise de position politique claire et sans
ambigüité ! On sent bien que B.Lussato est plus proche de - au hasard
- Alain Madelin que d'Arlette Laguillier. J'aurais pu parler aussi de
Robert Poujade si je ne craignais pas de passer pour un vieux con...
Sur l'informatique :
"le langage informatique varie avec l'ordinateur. C'est un mode
d'emploi lié à l'appareil"
"d'abord on a eu les gros systèmes, dont les spécialistes se sont
retrouvés dépassés à l'arrivée du Basic et du Cobol, comme ces
derniers se sont retrouvés dépassés à l'arrivée de Windows"
"quelqu'un qui maîtrise Word ou Excel aura plus de mal à s'adapter à
un nouvel ordinateur"
Bon, de toute évidence, B.Lussato maîtrise mieux l'organisation que
l'informatique. Après tout, chacun son métier. Moi qui vous parle, par
exemple, je maîtrise très mal la fabrication de l'andouille (qui n'est
plus ce qu'elle était depuis la vache folle).
Sur l'Internet
"l'internet c'est la barbarie" (cf "le développement ...")
"l'I survalorise l'hémisphère gauche, la formalisation"
"Internet, c'est comme un tout à l'égout"
"il ne faut pas confondre l'internet, le Web avec le mail qui lui est
un simple outil, comme le fax ou le téléphone"
Remarquez, il n'y a pas que des absurdités, même si elles sont parfois
contradictoires :
"comparer Internet et la culture, c'est comme comparer un
tout-à-l'égout et une bonne encyclopédie"
"l'accès à l'information est très difficile sur I, sauf pour des
experts recherchant des connaissances pointues"
"les moteurs de recherche proposent des interfaces non intuitives qui
imposent un mode de questionnement algorithmique [???] à l'utilisateur"
Sur l'entreprise :
La aussi, à boire et à manger.
"les entreprises ne sont pas efficaces grâce à l'informatique, elles
le sont malgré l'informatique"
"l'informatique est une escroquerie, elle coûte très cher [...]"
"les centrales d'achat imposent aux hommes des montagnes de listings
au lieu de les laisser travailler sur le terrain"
Bref, j'arrête là (faute de notes !). J'avoue que je ne sait que
penser de tout ce fatras. Certes, il y a des remarques pertinentes,
notamment sur l'escroquerie que constitue la "course aux armements" dans
l'informatique (remember Y2K), l'emprise des ERP sur la créativité
des managers, ou le bruit assourdissant envahissant le Web. Mais tout
cela est mélé à des inepties, des contre-vérités, des prises de
position politique et une idéologie sous-jacente (d'ailleurs présente
dans toute "l'oeuvre" de François de Closet) un peu nauséabonde.
Le vrai problème sur lequel devrait se pencher B.Lussato, c'est celui
d'une monde où la parole des "ingénieurs en organisation" et des
journalistes à plus (ou le même) poids que celle d'un scientifique,
d'un philosophe ou d'un artiste.
# Imposture informatique [LONG]
Posté par Anonyme . En réponse à la dépêche L'anarque/imposture informatique (suite). Évalué à 0.
sur Inter. Les citations sont souvent approximatives dans la lettre,
quoique conformes à l'esprit (mes compétences en sténo sont faibles) :
Sur la société :
"j'ai toujours été pour la libre entreprise... et anti-gauchiste,
anti-écolo"
"la compétence s'acquiert par frottement au contact d'un maître"
"le développement on sait ce que c'est : la complexification, la
hierarchisation, les valeurs"
"un hypermarché qui marche, c'est un hypermarché dans lequel le
directeur est respecté de ses hommes, proche d'eux et de ses clients"
"le monde est sous-tendu par une super-structure dont la coupole se
trouve aux Etats-Unis"
"la science ne crée pas de sens, elle le détruit"
Exaltation de la (petite) libre entreprise, méfiance envers les intellectuels et les
scientifiques, respect des valeurs et de la hiérarchie, rejet de l'Amérique...
Ca au moins, c'est une prise de position politique claire et sans
ambigüité ! On sent bien que B.Lussato est plus proche de - au hasard
- Alain Madelin que d'Arlette Laguillier. J'aurais pu parler aussi de
Robert Poujade si je ne craignais pas de passer pour un vieux con...
Sur l'informatique :
"le langage informatique varie avec l'ordinateur. C'est un mode
d'emploi lié à l'appareil"
"d'abord on a eu les gros systèmes, dont les spécialistes se sont
retrouvés dépassés à l'arrivée du Basic et du Cobol, comme ces
derniers se sont retrouvés dépassés à l'arrivée de Windows"
"quelqu'un qui maîtrise Word ou Excel aura plus de mal à s'adapter à
un nouvel ordinateur"
Bon, de toute évidence, B.Lussato maîtrise mieux l'organisation que
l'informatique. Après tout, chacun son métier. Moi qui vous parle, par
exemple, je maîtrise très mal la fabrication de l'andouille (qui n'est
plus ce qu'elle était depuis la vache folle).
Sur l'Internet
"l'internet c'est la barbarie" (cf "le développement ...")
"l'I survalorise l'hémisphère gauche, la formalisation"
"Internet, c'est comme un tout à l'égout"
"il ne faut pas confondre l'internet, le Web avec le mail qui lui est
un simple outil, comme le fax ou le téléphone"
Remarquez, il n'y a pas que des absurdités, même si elles sont parfois
contradictoires :
"comparer Internet et la culture, c'est comme comparer un
tout-à-l'égout et une bonne encyclopédie"
"l'accès à l'information est très difficile sur I, sauf pour des
experts recherchant des connaissances pointues"
"les moteurs de recherche proposent des interfaces non intuitives qui
imposent un mode de questionnement algorithmique [???] à l'utilisateur"
Sur l'entreprise :
La aussi, à boire et à manger.
"les entreprises ne sont pas efficaces grâce à l'informatique, elles
le sont malgré l'informatique"
"l'informatique est une escroquerie, elle coûte très cher [...]"
"les centrales d'achat imposent aux hommes des montagnes de listings
au lieu de les laisser travailler sur le terrain"
Bref, j'arrête là (faute de notes !). J'avoue que je ne sait que
penser de tout ce fatras. Certes, il y a des remarques pertinentes,
notamment sur l'escroquerie que constitue la "course aux armements" dans
l'informatique (remember Y2K), l'emprise des ERP sur la créativité
des managers, ou le bruit assourdissant envahissant le Web. Mais tout
cela est mélé à des inepties, des contre-vérités, des prises de
position politique et une idéologie sous-jacente (d'ailleurs présente
dans toute "l'oeuvre" de François de Closet) un peu nauséabonde.
Le vrai problème sur lequel devrait se pencher B.Lussato, c'est celui
d'une monde où la parole des "ingénieurs en organisation" et des
journalistes à plus (ou le même) poids que celle d'un scientifique,
d'un philosophe ou d'un artiste.