• [^] # Re: Tu m'épargnes un journal

    Posté par . En réponse au journal Dégoogliser son smartphone pour les nuls (ou les gens pressés). Évalué à 3. Dernière modification le 02 octobre 2021 à 20:12.

    Je voudrais signaler aux auteurs de ces qualificatifs qu'il n'est nul besoin de verser dans une surenchère ridicule pour que les usagers de ce forum vous prêtent une oreille attentive, il suffit d'avoir des arguments.

    Tu me fais un procès d'intention sans aucune justification. Qui te dis que je fais de la surenchère ? Qui te dis que je cherche à ce que les usagers de ce forum (ou de n'importe quel autre forum, rézosauce ou autre palliatif d'une communication évanescente) me prête une oreille, attentive ou non ? Qu'est-ce qui te donne le droit ou la capacité de me juger ainsi, sur l'emploi d'un seul mot ?

    Quand je discute, je cherche des partenaires. Je n'ai jamais cherché ni à convaincre, ni à me rendre intéressant, tu m'insultes sans nécessité ni fondement. Il aurait suffit de dire « Pourquoi appelles-tu ce dispositif un stupidphone, tu as des raisons pour ça ? » pour dire la même chose sans m'insulter.

    J'appelle ainsi ce truc dans la vie de tous les jours, et si ce mot te choque, sache que je l'appelle également spyphone, et même, quand je suis en famille, merdophone. Ça exprime juste ce que je pense de cet appareil, c'est mon langage courant, et pourquoi devrais-je me plier au mot officiel dont le sens se trouve à mon humble avis à l'exact opposé de sa fonction réelle, et porteur d'un mensonge implicite ? On ne parle pas ici de l'habitude idiote d'écrire MS "M$", ou windows "windaube", mais de la description de l'usage d'un appareil, le détournement du nom a une toute autre portée.

    Alors tu veux des raisons ? Est-ce que ça t'intéresse vraiment, ou tu ne disais ça que parce que le mot te choquais ? Ou pour te rendre intéressant ? (je te renvoie simplement la balle). Au cas où ta question soit réelle, voici quelques unes de mes raisons : Il n'y a aucun motif pour que j'appelle ce truc un smartphone, je ne vois rien d'intelligent à cet engin, au contraire, je le trouve particulièrement générateur d'imbécillité, la plupart des gens qui en sont porteurs ne font plus appel à leur mémoire ni à leur capacité d'associer des connaissances entre elles, ils se précipitent sur leur appendice électronique dès qu'ils ont un doute pour faire une recherche sur google, ddg ou wikipe (ordre croissant de qualité). Quant au fait qu'il stimule à la fois à prendre une montagne de photos sans intérêt, la plupart en posant avec une grimace se voulant un sourire crétin, et aussi à étaler en public une vie pauvre et totalement sans intérêt pour autrui (franchement, une photo de soi devant un fond interchangeable — tour Eiffel, tour de Londres, pain de sucre, etc. —, quel intérêt cela peut-il bien représenter pour autrui ? Et je ne parle même pas du contenu de son assiette...), je trouve que c'est un appauvrissement sans précédent de la communication, qui n'était pourtant déjà pas si brillante que ça au XXe siècle.

    Ordiphone ne me convient pas non plus, quoique plus neutre. En quoi cet engin peut-il concourir avec un ordinateur ? Comment pourrais-je faire avec ça le quart de la moitié de ce que je fais avec un ordi ??? Au contraire, on a eu un recul de 20 ans en arrière, avec la fermeture de l'inter-opérabilité, de la possibilité de monter son ordi en kit et sur mesure, dans la possibilité de bidouiller son matos, son OS et ses logiciels, de la dépendance à une marque ou une firme (le "store", ignoble détournement commercial du magnifique concept de dépôt logiciel). C'est un anti-ordi, qui asservit son utilisateur à son matos, et non le contraire. Si encore ça s'appelait un tchatchophone, je pourrais encore comprendre, mais « ordiphone », non !

    Quant à mon utilisation du mot "spyphone", ai-je besoin de faire un dessin ? Un appareil où tout est conçu pour espionner son utilisateur, même éteint, où la la batterie n'est pas amovible car cela donnerait une possibilité de shunter cette surveillance pendant un temps, qui incorpore un thermomètre corporel ne servant à rien pour les logiciels, seulement à dire si le truc est en contact avec le corps ou non (et, avec l'aide du gyroscope et du dynamomètre, à inférer très exactement ce que je suis en train de faire), où le concepteur de ce truc (en ce qui concerne les Androidphones) est le plus grand espion de la planète (si on veut bien exclure les services étatiques états-uniens et associés), cet appareil mérite-t-il un autre nom ?

    Gloire à Gaël Duval (je ne cite que lui car il est question dans ce journal de sa boîte) qui tente de renverser ce concept !

    J'ai encore d'autres raisons, que je pourrais énoncer si tu désires plus de détails, mais précisément sur ce site, je pensais qu'il n'était pas nécessaire de détailler des motifs qui pourraient sembler évidents pour des gens qui ont fait le choix d'installer — et pour certaines de ces raisons — un système d'exploitation (et son environnement logiciel) non commercial, libre, et sur lequel on peut exercer un contrôle.