• [^] # Re: Scénario d'exploitation malveillante

    Posté par . En réponse au journal Détection d'inactivité dans Google Chrome. Évalué à 4.

    Mouais. Pas convaincu : non seulement, tu ne sais jamais quand le chef va débarquer (qu'est-ce qui te fait dire qu'il passe exactement toutes les 5 minutes?), mais on ne parle que d'un vague tracker d'activité, qui a le même genre de granularité (s'il se déclenche après 5 minutes d'inactivité, alors c'est exactement la même chose).

    C'est une discussion qu'on a souvent ici, et je n'ai plus l'intention de convaincre personne, mais je trouve qu'il y a une différence fondamentale entre être surveillé (par quelqu'un) et être enregistré (par un système automatique ou une caméra). L'ordinateur ou le système automatique n'en a rien à faire de ta vie privée, c'est comme si ton chat te regardait changer de slip. Je ne vois sincèrement pas ce que ça pourrait être comparable avec un mec planqué dans un van avec des jumelles qui te regarde changer de slip. Honnêtement, je ne comprends pas pourquoi tant de gens préfèrent être surveillés par un être humain que par un système automatique, alors que j'ai exactement l'intuition inverse.

    Ce qui est éventuellement intrusif, c'est la manière dont les données du système automatique peuvent être accessibles à un être humain. Si l'ordinateur mouline et rapporte au patron à la fin du mois la durée moyenne de tes pauses, il n'y a aucune intrusion dans ta vie privée. Si par contre il croise le fait que tu as pris 1h de pause vendredi dernier et que ça correspond à l'anniversaire de ta femme, alors il rentre dans ta vie privée. Bien sûr, tu ne peux jamais être sûr de rien, mais il reste bien plus probable que ton patron se fout complètement de ta vie privée, et que s'il y accède, c'est seulement par accident , négligence, ou malveillance, et ça tombe bien, parce que c'est ça qui est puni par la loi.

    Le truc un peu paradoxal peut-être, c'est que c'est probablement pour des raisons légales que les informations les plus détaillées sont enregistrées. Si un patron veut licencier un salarié pour retards répétés par exemple, et si l'affaire va aux prud'hommes, l'employeur va devoir justifier sa position par des faits : X a été en retard de 37 minutes à telle date, de 43 minutes à telle autre date, etc. S'il ne fournit que des informations résumées (du style, 12 jours de retard par mois en moyenne sur les 3 derniers mois), le dossier semble mal parti : "Comment? Vous n'êtes même pas capable de dire quand Mr X a été en retard?". Les statistiques, ça peut servir en interne, quand on fixe des objectifs au salarié par exemple, mais quand ça passe sur le plan légal, il y a intérêt à ce que tous les détails soient documentés.