Il existe quand même des systèmes de vote moins problématiques que l'élection majoritaire à deux tours. Mais il faut être réaliste, comment remplacer les présidentielles par un vote au jugement majoritaire par exemple?
On peut avoir des préférences, on peut avoir une opinion basée sur des élections précédentes mais ça ne veut pas dire que l'une ou l'autre tournerait toujours en notre faveur ou défaveur. Et il faut l'accepter.
Je suis d'accord, mais il y a "pire". Les systèmes de vote intéressants (jugement majoritaire ou approbation) favorisent les candidats consensuels, c'est même l'argument avancé par ceux qui prétendent que les présidents sont actuellement "mal élus" (ils ne sont pas soutenus par une large majorité). Quand les élections précédentes ont été simulées avec un jugement majoritaire, le vainqueur est toujours le candidat centriste (Bayrou, puis Macron en 2017). Avec le jugement majoritaire, il n'y a que très peu de chances de voir un candidat qui n'est pas au centre de l'échiquier politique arriver au pouvoir, parce que c'est juste le principe même de ce type d'élections : on choisit celui qui est le moins problématique pour la majorité. Du coup, ça me parait complètement paradoxal de prétendre que le président actuel est mal élu et de mettre en avant le jugement majoritaire, qui aurait donné exactement le même scénario. C'est encore plus paradoxal de soutenir un candidat clivant (au sens où une majorité de l'électorat a un avis très négatif sur lui) et en même temps un système d'élection au jugement majoritaire, qui assure qu'un tel candidat ne serait jamais élu.
Après, moi je veux bien d'un système au jugement majoritaire. C'est un système juste, proche de ce qu'on pourrait obtenir par consensus. Mais il semble très probable qu'un tel système supprime l'alternance politique, en mettant systématiquement au pouvoir le candidat le plus centriste, et le moins clivant: de facto, avec un jugement majoritaire, les votes des électeurs favorables à un candidat sont ignorés, ce sont ceux qui sont plutôt modérés ou légèrement défavorables qui choisissent. Est-ce que les campagnes ne deviendront pas super molles, le but de tout candidat étant de ne surtout pas froisser personne? Peut-on prendre le risque de remplacer un système "buggué" par un système dont on a aucune idée des conséquences, à part de tirer tous les partis vers le centre?
[^] # Re: Sujet Clivant
Posté par arnaudus . En réponse au journal La Quadrature du Net fait-elle fausse route ?. Évalué à 6.
Il existe quand même des systèmes de vote moins problématiques que l'élection majoritaire à deux tours. Mais il faut être réaliste, comment remplacer les présidentielles par un vote au jugement majoritaire par exemple?
Je suis d'accord, mais il y a "pire". Les systèmes de vote intéressants (jugement majoritaire ou approbation) favorisent les candidats consensuels, c'est même l'argument avancé par ceux qui prétendent que les présidents sont actuellement "mal élus" (ils ne sont pas soutenus par une large majorité). Quand les élections précédentes ont été simulées avec un jugement majoritaire, le vainqueur est toujours le candidat centriste (Bayrou, puis Macron en 2017). Avec le jugement majoritaire, il n'y a que très peu de chances de voir un candidat qui n'est pas au centre de l'échiquier politique arriver au pouvoir, parce que c'est juste le principe même de ce type d'élections : on choisit celui qui est le moins problématique pour la majorité. Du coup, ça me parait complètement paradoxal de prétendre que le président actuel est mal élu et de mettre en avant le jugement majoritaire, qui aurait donné exactement le même scénario. C'est encore plus paradoxal de soutenir un candidat clivant (au sens où une majorité de l'électorat a un avis très négatif sur lui) et en même temps un système d'élection au jugement majoritaire, qui assure qu'un tel candidat ne serait jamais élu.
Après, moi je veux bien d'un système au jugement majoritaire. C'est un système juste, proche de ce qu'on pourrait obtenir par consensus. Mais il semble très probable qu'un tel système supprime l'alternance politique, en mettant systématiquement au pouvoir le candidat le plus centriste, et le moins clivant: de facto, avec un jugement majoritaire, les votes des électeurs favorables à un candidat sont ignorés, ce sont ceux qui sont plutôt modérés ou légèrement défavorables qui choisissent. Est-ce que les campagnes ne deviendront pas super molles, le but de tout candidat étant de ne surtout pas froisser personne? Peut-on prendre le risque de remplacer un système "buggué" par un système dont on a aucune idée des conséquences, à part de tirer tous les partis vers le centre?