• [^] # Re: Quand tu ne peux pas critiquer en direct, invente...

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien Le ministère de l’éducation nationale lance une étrange campagne d’affichage sur la "laïcité". Évalué à 9.

    La fille est probablement de religion musulmane.

    Ça, c'est ton interprétation. Elle correspond certainement à une réalité sociologique, mais nous ne somme pas face à un article de recherche ici, mais à une production discursive d'un ministère (par définition productrice de normes et de conduites) qui lui-même dit explicitement refuser (tant par application de la loi que par volonté politique) de "voir" des couleurs de peau différentes (Blanquer dit "je ne les vois même pas"). N'y a-t-il pas (du moins en apparence) un paradoxe ?

    Ce n'est pas le rôle d'un État laïque que d'opérer de telles associations. Si le problème, c'est le sexisme, parlons de sexisme. Si c'est le racisme, parlons de racisme. Pas de la laïcité, qui n'a aucun rapport.

    Cette religion ne tolère pas trop les bains mixtes...

    Où, quand, comment, dans quel contexte ? Je suis prêt à parier (et c'est aisément vérifiable dans la littérature sociologique) que la majorité des musulmans français s'accommodent tout à fait des bains mixtes. Les religions et leurs pratiques ne sont pas des blocs monolithiques. Qu'est-ce que c'est que l'islam ? L'islam saoudien ? Pakistanais ? Britannique ? Belge ? Français ? Est-ce un corpus de règles ? De pratiques ? Qui les définit ?

    Le fait que tu émettes cet avis confirme précisément la visée du discours en question : essentialisation-assimilation d'une "race"/religion/opinion politique ("arabe"/musulman/réactionnaire). Ce qui est tout à fait contradictoire avec les objectifs affichés...

    Est-ce que des religions chrétiennes ou juives extrêmes interdisent aussi la mixités ?

    C'est le cas chez certains juifs orthodoxes. J'imagine que c'est également le cas au Vatican.

    Il y a intolérance pour une affiche qui prône la tolérance

    Tu confonds le discours sur soi de l'institution et ses effets. En l'occurrence, peu importe qu'elle prône ou non la tolérance (laquelle d'ailleurs ? à quoi précisément renvoie-t-elle ? dans quel cadre ? reposant sur quels ressorts ? la "tolérance", in abstracto, ça ne veut pas dire grand'chose) : ce n'est pas cela qui est en discussion ici, me semble-t-il (que l'on approuve ou réprouve le discours en question d'ailleurs). Ce qui compte sont ses effets et les ressorts sur lesquels elle repose. Ce n'est pas parce que je dis A que je fais A.