Et sinon la permaculture c'est bien, mais quand on arrive dans un milieu très déséquilibré, il faut parfois sortir le bazooka pour ramener un équilibre. Les milieux très artificiels et sans zones naturelles à côté (par exemple la pelouse de pavillon) sont une vraie galère à remettre d'aplomb. C'est effectivement une excellente idée de favoriser la biodiversité, et même un peu de "bordel" (toutes ces plantes et insectes mal aimés ont leur utilité aussi dans l'équilibre global), mais en étant très attentif aux surpopulations. Quand il y a surpopulation, comme ici avec les pucerons, il faut intervenir pour contenir, le temps que des prédateurs puissent prendre le relai. Quitte à utiliser des méthodes barbares. L'objectif étant qu'à long terme, la biodiversité puisse se réinstaller et que le milieu fonctionne et gère les imprévus avec plus de résilience (et moins de boulot pour l'humain, mais il y a toujours du taf quand même). Personnellement, j'adore l'approche de Sepp Holzer, qui arrive à faire de la permaculture avec des engins de terrassement :D
Tout l'enjeu est d'adapter les actions au milieu et à ce qu'on veut. Sortir le bulldozer ou les coccinelles industrielles n'est pas une obligation, mais parfois, ça va permettre de passer au stade suivant.
Par contre, plus il y a de diversité dans ton jardin, et moins les invasions vont être violentes. Sur les arbres fruitiers, une tactique consiste à faire des "guildes" : planter des trucs au pied, qui vont perturber certains enquiquineurs, offrir des abris à leurs prédateurs, échanger avec les arbres, etc.
Pour les pucerons, une tactique consiste à planter des trucs qu'ils mangent en priorité, tel que rosiers et capucines. Tu les repères sur ces plantes, tu les arrosent (le savon noir marche bien, il y a aussi l'astuce de l'huile de colza, et plein de remèdes de grand-mère dont la plupart sont pertinents), et en principe il y en aura moins sur les pommiers. On parle de plantes gardiennes.
Concernant les vers, il faut comprendre à quel espèce ils appartiennent, puis voir le cycle de la bestiole. Selon toute probabilité, tes vers hibernent sous terre durant l'hiver, font des jolis insectes au printemps, qui vont pondre sur tes fruits à peine éclos. Une fois la pomme tombée à terre, le ver quitte le fruit et c'est reparti. La lutte consiste à éviter de laisser les fruits à terre, et durant l'hiver, si possible quand il fait froid, à gratter la couche superficielle de la terre afin d'exposer les vers et de laisser les piafs les manger (ou le froid les tuer, si ça pèle assez).
La façon la plus efficace de gérer fourmis et vers reste d'avoir des poules. Les poules au verger, c'est les alliées idéales. Elles grattent et mangent tout ce petit monde. Le corollaire, c'est que c'est pas mal de taf d'avoir des poules (au delà de la petite image d'épinal vendue par les marchands de poule), et que si le terrain n'est pas assez grand, tu vas vite avoir un désert... Ce n'est pas un choix à faire à la légère, il y a pas mal de paramètres à prendre en compte.
Ce que j'aime avec le jardin, c'est qu'il y a toujours des problèmes complexes, avec des interactions nombreuses. Il faut comprendre les différentes chaines et comment elles interagissent, pour pouvoir tenter d'influencer ici et là et arriver à ses objectifs. Sans jamais aucune garantie, car la seule certitude est qu'on ne peut pas maîtriser tous les paramètres. On tâtonne, on avance, sachant que ce qui est vrai dans un contexte peut se révéler faux dans un autre. Un peu plus d'altitude, un peu plus de vent, un mur au bon ou au mauvais endroit, une forêt ou une mare dans la zone, au nord ou au sud de la Loire, été 2020 ou 2021, et tout change.
[^] # Re: J'étale ma permacuculture
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal J'ai mangé une pomme. Évalué à 10.
Le gaillet gratteron ?
Et sinon la permaculture c'est bien, mais quand on arrive dans un milieu très déséquilibré, il faut parfois sortir le bazooka pour ramener un équilibre. Les milieux très artificiels et sans zones naturelles à côté (par exemple la pelouse de pavillon) sont une vraie galère à remettre d'aplomb. C'est effectivement une excellente idée de favoriser la biodiversité, et même un peu de "bordel" (toutes ces plantes et insectes mal aimés ont leur utilité aussi dans l'équilibre global), mais en étant très attentif aux surpopulations. Quand il y a surpopulation, comme ici avec les pucerons, il faut intervenir pour contenir, le temps que des prédateurs puissent prendre le relai. Quitte à utiliser des méthodes barbares. L'objectif étant qu'à long terme, la biodiversité puisse se réinstaller et que le milieu fonctionne et gère les imprévus avec plus de résilience (et moins de boulot pour l'humain, mais il y a toujours du taf quand même). Personnellement, j'adore l'approche de Sepp Holzer, qui arrive à faire de la permaculture avec des engins de terrassement :D
Tout l'enjeu est d'adapter les actions au milieu et à ce qu'on veut. Sortir le bulldozer ou les coccinelles industrielles n'est pas une obligation, mais parfois, ça va permettre de passer au stade suivant.
Par contre, plus il y a de diversité dans ton jardin, et moins les invasions vont être violentes. Sur les arbres fruitiers, une tactique consiste à faire des "guildes" : planter des trucs au pied, qui vont perturber certains enquiquineurs, offrir des abris à leurs prédateurs, échanger avec les arbres, etc.
Pour les pucerons, une tactique consiste à planter des trucs qu'ils mangent en priorité, tel que rosiers et capucines. Tu les repères sur ces plantes, tu les arrosent (le savon noir marche bien, il y a aussi l'astuce de l'huile de colza, et plein de remèdes de grand-mère dont la plupart sont pertinents), et en principe il y en aura moins sur les pommiers. On parle de plantes gardiennes.
Concernant les vers, il faut comprendre à quel espèce ils appartiennent, puis voir le cycle de la bestiole. Selon toute probabilité, tes vers hibernent sous terre durant l'hiver, font des jolis insectes au printemps, qui vont pondre sur tes fruits à peine éclos. Une fois la pomme tombée à terre, le ver quitte le fruit et c'est reparti. La lutte consiste à éviter de laisser les fruits à terre, et durant l'hiver, si possible quand il fait froid, à gratter la couche superficielle de la terre afin d'exposer les vers et de laisser les piafs les manger (ou le froid les tuer, si ça pèle assez).
La façon la plus efficace de gérer fourmis et vers reste d'avoir des poules. Les poules au verger, c'est les alliées idéales. Elles grattent et mangent tout ce petit monde. Le corollaire, c'est que c'est pas mal de taf d'avoir des poules (au delà de la petite image d'épinal vendue par les marchands de poule), et que si le terrain n'est pas assez grand, tu vas vite avoir un désert... Ce n'est pas un choix à faire à la légère, il y a pas mal de paramètres à prendre en compte.
Ce que j'aime avec le jardin, c'est qu'il y a toujours des problèmes complexes, avec des interactions nombreuses. Il faut comprendre les différentes chaines et comment elles interagissent, pour pouvoir tenter d'influencer ici et là et arriver à ses objectifs. Sans jamais aucune garantie, car la seule certitude est qu'on ne peut pas maîtriser tous les paramètres. On tâtonne, on avance, sachant que ce qui est vrai dans un contexte peut se révéler faux dans un autre. Un peu plus d'altitude, un peu plus de vent, un mur au bon ou au mauvais endroit, une forêt ou une mare dans la zone, au nord ou au sud de la Loire, été 2020 ou 2021, et tout change.