En fait, il y a malheureusement des fantasmes qui circulent parmi les jardiniers amateurs (et les parisiens écolos qui n'ont jamais eu de jardin mais qui croient tout savoir). Par exemple, que les rendements sont meilleurs dans un écosystème équilibré, que les techniques soi-disant ancestrales (jardiner avec la lune, planter sans labours, etc) sont plus efficaces que l'agriculture industrielle, que les plantes dans un jardin sont moins stressées qu'en serre industrielle, etc.
C'est pourtant complètement faux. Le rendement maximal d'une plante (en biomasse ou en production de la partie qui nous intéresse) est très généralement obtenu dans des conditions très artificielles (éclairage, cycle jour/nuit, concentration en CO2, température, arrosage et minéraux). Au contraire, les intempéries, les parasites, la compétition avec d'autres plantes, c'est stressant, et ça diminue les rendements. Produire dans un jardin, c'est passer son temps à essayer de limiter les effets néfastes de la nature (en partie parce que les variétés cultivées ne sont pas très bien adaptées à la survie dans les jardins, mais pas seulement). Et que même en agriculture bio, les traitements sont très fréquents (plusieurs fois par semaine parfois), sans être nécessairement sans danger: le critère pour le bio/pas bio, c'est la chimie de synthèse, mais des produits non synthétiques peuvent être assez dangereux—les épandages de souffre ou de cuivre sont assez problématiques, et les sols de certaines cultures bio sont plus pollués que les sols des cultures traditionnelles).
Je ne sais pas s'il existe réellement une solution, mais en tout cas, c'est certain que si on couvrait la terre de potagers, on crèverait tous de faim après avoir mangé beaucoup de fruits avec des vers dedans.
# Vérité cruelle
Posté par arnaudus . En réponse au journal J'ai mangé une pomme. Évalué à 6.
En fait, il y a malheureusement des fantasmes qui circulent parmi les jardiniers amateurs (et les parisiens écolos qui n'ont jamais eu de jardin mais qui croient tout savoir). Par exemple, que les rendements sont meilleurs dans un écosystème équilibré, que les techniques soi-disant ancestrales (jardiner avec la lune, planter sans labours, etc) sont plus efficaces que l'agriculture industrielle, que les plantes dans un jardin sont moins stressées qu'en serre industrielle, etc.
C'est pourtant complètement faux. Le rendement maximal d'une plante (en biomasse ou en production de la partie qui nous intéresse) est très généralement obtenu dans des conditions très artificielles (éclairage, cycle jour/nuit, concentration en CO2, température, arrosage et minéraux). Au contraire, les intempéries, les parasites, la compétition avec d'autres plantes, c'est stressant, et ça diminue les rendements. Produire dans un jardin, c'est passer son temps à essayer de limiter les effets néfastes de la nature (en partie parce que les variétés cultivées ne sont pas très bien adaptées à la survie dans les jardins, mais pas seulement). Et que même en agriculture bio, les traitements sont très fréquents (plusieurs fois par semaine parfois), sans être nécessairement sans danger: le critère pour le bio/pas bio, c'est la chimie de synthèse, mais des produits non synthétiques peuvent être assez dangereux—les épandages de souffre ou de cuivre sont assez problématiques, et les sols de certaines cultures bio sont plus pollués que les sols des cultures traditionnelles).
Je ne sais pas s'il existe réellement une solution, mais en tout cas, c'est certain que si on couvrait la terre de potagers, on crèverait tous de faim après avoir mangé beaucoup de fruits avec des vers dedans.