• [^] # Re: Une trilogie de chat sur les Brevets Logiciels sur lemonde.fr

    Posté par . En réponse à la dépêche Une trilogie de chats sur les brevets logiciels sur lemonde.fr. Évalué à 5.

    Ce qui il y a de vraiment énervant, c'est à la question "quel impact pour les logiciels libres ?" lui, il fait semblant de prendre ça du point de vue d'un auteur de logiciel libre, ayant une idée innovante, brevetable. Il dit donc que de la même façon qu'aujourd'hui cet auteur donne son code, il accepterait de donner/laisser son idée/brevet, et que donc, rendez vous compte, le brevet logiciel ne sera pas un frein aux logiciels libres.

    Alors soit c'est moi, soit ce type là est un hableur de première, qui nous prends royalement pour des cons ! franchement, l'inquiétude des gens, ce n'est pas que des auteurs de LL soient tentés par le dépôt d'un brevet (c'est leur droit), mais que des brevets déposés par des boites soient utilisés pour stopper des projets libres "poil à gratter" pour elles...

    Je trouve ça dingue de retourner la position à ce point là.

    Alain Benssoussan : "En mettant leur logiciel dans le domaine "libre", ils renoncent à leur droit d'auteur, comme ils pourront, s'ils le souhaitent, renoncer à leurs droits d'inventeur." (avec en plus une joyeuse confusion sur le renoncement du droit d'auteur)

    Et puis alors, le coup de baisser la durée du brevet dans le temps, évidemment que ce serait bien. A l'extrème je serais même d'accord/j'accepterais dans une certaine mesure les brevets logiciels si la période était raisonnable. Mais pour moi, une période raisonnable en informatique, ce n'est pas les 6 à dix ans qu'il propose, mais à tout casser, entre deux et quatre ans ! bien sûr, une période de 2 à 4 ans colle beaucoup plus avec la vivacité du marché, mais a le gros défaut d'être difficilement applicable : le temps de déposer le brevet il n'est plus valide ;-) (au pire à peine le temps d'un pti procès... ça doit être inacceptable du point de vue des avocats en propriété intellectuelle).

    Non en tout cas, le système des brevets est là pour favoriser la publication d'inventions, sous entendu dans une industrie ou les innovations sont rares et pourraient être perdus par la communauté. Vue la vivacité et l'innovation de l'industrie informatique, il n'y a pas *besoin* de l'artifice des brevets pour encourager les gens à innover, ils le font d'eux-mêmes ! Et accessoirement, si ce monsieur n'arrive pas à voir la différence entre les industries lourdes avec d'énormes frais de R&D et de coûts de fabrication, ou, peut être (1) , le système des brevets peut se défendre, et une industrie de l'immatériel comme l'informatique, sans coûts de fabrication, et des frais de R&D et d'investissement minimes...

    Enfin, si les États-Unis le font, ils faut bien qu'on le fasse hein... espèce de mouton de panurge... (AB : "il sera difficile pour l'Europe de maintenir une position différente de celle des Etats-Unis, qui organisent une protection importante tant pour les brevets des logiciels que pour les "business-méthode"." Et les business méthodes, ce sont pas des idées, justement ? nondidju)

    Et pour terminer, la cerise du gateau sur ce foutage de gueule organisé :
    AB : "la jurisprudence tant américaine que communautaire refuse la brevetabilité des algorithmes en tant que tels. ". Ben voyons...

    (1) bien que d'un point de vue personnel, j'en doute -- leur efficacité est plus dans leur capacité à maintenir des trusts qu'à encourager l'innovation