Quel chiffre as-tu pris pour la mortalité AstraZeneca ? Le nombre de décès pleinement confirmés comme étant dûs au vaccin ? Ou ceux de la pharmacovigilance, sachant qu'ils peuvent être sous-estimés comme sur-estimés (il y a des études qui encadrent l'erreur, mais assez mal) ?
Le chiffre des cas suspects (décès après caillots sanguins ou thromboses atypiques) remontés par les pays qui avaient arrêté l’AstraZeneca, divisé par le nombre de personnes qu’ils avaient vaccinées avec. Il était environ d’une personne sur deux millions. Je me suis dit qu’il devait bien y en avoir autant de pas encore remontés, ce qui ferait environ un par million. Avec quelques semaines de recul, il a semblé finalement plus proche de deux par million, mais les femmes semblaient plus touchées que les hommes. Mais de toute façon, ce que je visais, c’est un ordre de grandeur, je n’espérais pas un résultat précis.
Et quel chiffre as-tu pris pour la mortalité covid, une estimation du taux de létalité par infection ou bien le taux de mortalité par cas confirmé ?
Il me semble qu’il s’agissait du risque par rapport au nombre de contaminations estimé par des spécialistes et pas par rapport au nombre de cas confirmés par test, mais je ne suis plus sûr et je n’arrive malheureusement pas à retrouver le tableau sur lequel je me suis basé.
As-tu pris en compte les comorbidités (autres que le fait d'être un homme : diabète, problèmes cardio-vasculaires, hypertension, obésité) ?
J’ai juste légèrement majoré le risque, sous-estimant ainsi sciemment mon risque et donc l’intérêt du vaccin. Mais je ne pouvais pas non plus multiplier, alors que les taux de risque par pathologie que j’avais trouvés ne tenaient apparemment pas compte de l’âge. Les jeunes ont normalement moins de problèmes de santé, donc les facteurs d’âge et de pathologie ne sont pas indépendants.
Je ne prétends pas avoir fait autre chose qu’une estimation à la louche. Quand j’estime un facteur 1000, je ne veux pas dire qu’il était certainement entre 500 et 2000, mais probablement entre 100 et 10 000.
Si j’étais arrivé à un résultat de 2 avec mes méthodes de calcul, je ne l’aurais pas considéré significatif.
Et est-ce qu'avec les données d'aujourd'hui ton calcul donne le même résultat ?
Ce n’est pas évident de trouver ces données, même à jour.
Les données qu’on trouve facilement sont du genre il y a tant de fois plus de risque avec telle pathologie ou pour telle tranche d’âge par rapport à la moyenne.
Il y en a peu (pas seulement parmi les scientifiques, mais même parmi les journalistes) qui se mouillent à publier le risque par contamination parce qu’il dépend du nombre de contaminations dont l’estimation est difficile et imprécise.
Pour répondre à ta question, mon calcul ne donnerait probablement pas le même résultat maintenant (ou juste par chance ou parce que je ne prétends pas avoir obtenu autre chose qu’un ordre de grandeur), beaucoup de choses ont changé : j’espère que la prise en charge des malades a progressé depuis, le taux d’incidence a évolué dans un sens et dans l’autre, une bonne partie de la population est vaccinée mais on a affaire à un variant nettement plus contagieux...
As-tu pris en compte la durabilité de l'efficacité du vaccin et les rappels (et donc limité le calcul de risque d'infection sur quelques mois) ?
Non, concernant les rappels. Il est apparu après coup que des personnes ayant déjà eu une injection d’AstraZeneca pouvaient développer des caillots ou une thrombose atypique à la deuxième injection, alors que le contraire aurait été plus logique. Mais comme je ne prétends pas avoir calculé autre chose qu’un ordre de grandeur, trois injections ne le changeraient pas de manière significative. Au final, je n’ai pas eu et n’aurai certainement pas d’injection supplémentaire en AstraZeneca.
Concernant la durabilité de l’efficacité, j’en ai tenu compte... euh... en quelque sorte. Je suis parti d’un risque, estimé là complètement à la louche, d’une chance sur dix d’être contaminé sur un moyen terme sur lequel le vaccin serait efficace et l’épidémie pas encore vaincue. C’est ce qui rend le plus mon calcul très grossier.
En fait, si j’avais considéré pouvoir à relativement court terme me faire vacciner avec un vaccin moins risqué (sans tricher pour prendre la place d’une personne âgée), je serais peut-être arrivé à la conclusion que j’aurais eu bénéfice à attendre que ce soit possible.
J’y ai pensé, mais compte tenu de la confiance que j’avais en nos dirigeants d’après la façon dont ils avaient géré l’épidémie jusque là, je me suis fait vacciner tout de suite. Rétrospectivement, c’est sur cet aspect que j’ai été trop pessimiste.
Ça inclut, mais n'est pas limité, à celles qui conduisent à l'existence de profils courants pour lesquels le calcul de risque, du moins en ce qui me concerne (agrégé de mathématiques, pas épidémiologiste), avec les marges d'incertitude (mal documentées donc grossières) dont je dispose, ne permet pas de conclure favorablement.
N’étant pas mathématicien, je me suis permis des calculs très grossiers avec des données imprécises et incomplètes (en tant que mathématicien, peut-être as‐tu les cheveux dressés sur la tête). Parce que face à un risque mortel hors de mon contrôle (le covid-19), c’était faire une estimation à la louche avec les données disponibles ou prendre une décision complètement au doigt mouillé.
Mais il y a d’autres choses à prendre en compte pour se faire vacciner :
– les vaccins utilisés actuellement n’ont aucun risque mortel identifié contrairement à l’AstraZeneca ;
– si tout le monde attend pour se faire vacciner d’avoir une balance bénéfice risque extrêmement favorable en comptant avec le taux de guérison quand l’hôpital fonctionne bien, il arrive un moment où il sature et là, ce n’est plus du tout pareil ;
– les vaccins ont peut-être des effets secondaires, mais le covid-19 aussi, plus fréquents et souvent durables ;
– est‐ce qu’on veut vraiment continuer de passer d’un confinement à un autre avec tous les lieux sympas fermés et le risque de contaminer ses proches (c’est ça ou la saturation de l’hôpital et des morts à la pelle comme aux Antilles et pas que des très vieux) ?
« Le fascisme c’est la gangrène, à Washington comme en Russie. » — adapté de Renaud, Hexagone
[^] # À la louche !
Posté par Arthur Accroc . En réponse au lien Évaluez l’impact de la vaccination sur l’épidémie (résumé : en pratique risque individuel /4). Évalué à 2. Dernière modification le 27 août 2021 à 16:19.
Le chiffre des cas suspects (décès après caillots sanguins ou thromboses atypiques) remontés par les pays qui avaient arrêté l’AstraZeneca, divisé par le nombre de personnes qu’ils avaient vaccinées avec. Il était environ d’une personne sur deux millions. Je me suis dit qu’il devait bien y en avoir autant de pas encore remontés, ce qui ferait environ un par million. Avec quelques semaines de recul, il a semblé finalement plus proche de deux par million, mais les femmes semblaient plus touchées que les hommes. Mais de toute façon, ce que je visais, c’est un ordre de grandeur, je n’espérais pas un résultat précis.
Il me semble qu’il s’agissait du risque par rapport au nombre de contaminations estimé par des spécialistes et pas par rapport au nombre de cas confirmés par test, mais je ne suis plus sûr et je n’arrive malheureusement pas à retrouver le tableau sur lequel je me suis basé.
J’ai juste légèrement majoré le risque, sous-estimant ainsi sciemment mon risque et donc l’intérêt du vaccin. Mais je ne pouvais pas non plus multiplier, alors que les taux de risque par pathologie que j’avais trouvés ne tenaient apparemment pas compte de l’âge. Les jeunes ont normalement moins de problèmes de santé, donc les facteurs d’âge et de pathologie ne sont pas indépendants.
Je ne prétends pas avoir fait autre chose qu’une estimation à la louche. Quand j’estime un facteur 1000, je ne veux pas dire qu’il était certainement entre 500 et 2000, mais probablement entre 100 et 10 000.
Si j’étais arrivé à un résultat de 2 avec mes méthodes de calcul, je ne l’aurais pas considéré significatif.
Ce n’est pas évident de trouver ces données, même à jour.
Les données qu’on trouve facilement sont du genre il y a tant de fois plus de risque avec telle pathologie ou pour telle tranche d’âge par rapport à la moyenne.
Il y en a peu (pas seulement parmi les scientifiques, mais même parmi les journalistes) qui se mouillent à publier le risque par contamination parce qu’il dépend du nombre de contaminations dont l’estimation est difficile et imprécise.
Pour répondre à ta question, mon calcul ne donnerait probablement pas le même résultat maintenant (ou juste par chance ou parce que je ne prétends pas avoir obtenu autre chose qu’un ordre de grandeur), beaucoup de choses ont changé : j’espère que la prise en charge des malades a progressé depuis, le taux d’incidence a évolué dans un sens et dans l’autre, une bonne partie de la population est vaccinée mais on a affaire à un variant nettement plus contagieux...
Non, concernant les rappels. Il est apparu après coup que des personnes ayant déjà eu une injection d’AstraZeneca pouvaient développer des caillots ou une thrombose atypique à la deuxième injection, alors que le contraire aurait été plus logique. Mais comme je ne prétends pas avoir calculé autre chose qu’un ordre de grandeur, trois injections ne le changeraient pas de manière significative. Au final, je n’ai pas eu et n’aurai certainement pas d’injection supplémentaire en AstraZeneca.
Concernant la durabilité de l’efficacité, j’en ai tenu compte... euh... en quelque sorte. Je suis parti d’un risque, estimé là complètement à la louche, d’une chance sur dix d’être contaminé sur un moyen terme sur lequel le vaccin serait efficace et l’épidémie pas encore vaincue. C’est ce qui rend le plus mon calcul très grossier.
En fait, si j’avais considéré pouvoir à relativement court terme me faire vacciner avec un vaccin moins risqué (sans tricher pour prendre la place d’une personne âgée), je serais peut-être arrivé à la conclusion que j’aurais eu bénéfice à attendre que ce soit possible.
J’y ai pensé, mais compte tenu de la confiance que j’avais en nos dirigeants d’après la façon dont ils avaient géré l’épidémie jusque là, je me suis fait vacciner tout de suite. Rétrospectivement, c’est sur cet aspect que j’ai été trop pessimiste.
N’étant pas mathématicien, je me suis permis des calculs très grossiers avec des données imprécises et incomplètes (en tant que mathématicien, peut-être as‐tu les cheveux dressés sur la tête). Parce que face à un risque mortel hors de mon contrôle (le covid-19), c’était faire une estimation à la louche avec les données disponibles ou prendre une décision complètement au doigt mouillé.
Mais il y a d’autres choses à prendre en compte pour se faire vacciner :
– les vaccins utilisés actuellement n’ont aucun risque mortel identifié contrairement à l’AstraZeneca ;
– si tout le monde attend pour se faire vacciner d’avoir une balance bénéfice risque extrêmement favorable en comptant avec le taux de guérison quand l’hôpital fonctionne bien, il arrive un moment où il sature et là, ce n’est plus du tout pareil ;
– les vaccins ont peut-être des effets secondaires, mais le covid-19 aussi, plus fréquents et souvent durables ;
– est‐ce qu’on veut vraiment continuer de passer d’un confinement à un autre avec tous les lieux sympas fermés et le risque de contaminer ses proches (c’est ça ou la saturation de l’hôpital et des morts à la pelle comme aux Antilles et pas que des très vieux) ?
« Le fascisme c’est la gangrène, à Washington comme en Russie. » — adapté de Renaud, Hexagone