• [^] # Re: Pipeau

    Posté par . En réponse au lien Évaluez l’impact de la vaccination sur l’épidémie (résumé : en pratique risque individuel /4). Évalué à 0. Dernière modification le 18 août 2021 à 09:46.

    Il y a une chose que tu n'as pas comprise dans le parallèle, je vais essayer d'expliquer. Les vaccins actuels ne sont pas stérilisants et n'ont jamais été annoncés en tant que tels : ils protègent des formes graves mais n'empêchent pas la contagion au point de stopper la circulation. L'article de recherche sur les muqueuses nasales en donne une explication théorique. D'un point de vue observationnel, on sait maintenant que même si l'on approche 100% de couverture vaccinale, le virus continue à circuler (cf. le cas de l'Islande ou de Gibraltar ou encore certains cas dans des navires 100% vaccinés double dose). Autrement dit, quelle que soit la couverture vaccinale, avec un vaccin non-stérilisant, c'est toujours globalement comme si le vacciné ne prend pas ses antibiotiques jusqu'au bout.

    À court terme, un tel vaccin protège des formes graves et réduit la vitesse de circulation (sans stopper la circulation), donc allège un peu la charge des hôpitaux, et on est contents.

    Mais, à moyen-long terme, plus il y a de monde vacciné, plus les mutations échappant le mieux au vaccin sont favorisées par rapport aux autres mutations.

    On obtient donc de nouveaux variants qui peuvent tomber dans deux types de scénarios :

    • Scénario I "catastrophe" : un variant contagieux circulant parmi les vaccinés devient dangereux pour les non-vaccinés, mais reste non-dangereux pour les vaccinés. Conséquence : dépendance à vie du vaccin, comme pour la maladie de Marek.
    • Scénario II : un variant contagieux circulant parmi les vaccinés commence à tuer les vaccinés fragiles. Tout comme avec les antibiotiques, vu qu'on ne stérilise pas, les variants favorisés sont ceux qui échappent de mieux en mieux au vaccin qui devient moins efficace et les premiers à en en pâtir sont les personnes fragiles qu'on voulait protéger à la base. Perso, je pense que c'est le scénario le plus probable (si je devais parier), car on voit déjà qu'au bout de quelques mois les personnes fragiles perdent une bonne part de leur protection.

    On entend souvent qu'il faut réduire la circulation, même un peu c'est bien, car on a moins de mutations. Mais la question importante, ce n'est pas le nombre de mutations, mais lesquelles on favorise. Des mutations chez des non-vaccinés non fragiles qui rencontrent de l'immunité naturelle ici ou là chez d'autres personnes non fragiles, il y en a, mais celles qui échappent à la vaccination n'ont pas de raison particulière d'être favorisées, contrairement aux mutations qui sont propagées par les vaccinés qui, par construction, sont celles qui échappent le mieux à la vaccination. On veut que ce genre de mutation rencontre au plus vite un immunisé naturellement afin qu'elles soient bloquées et non favorisées, et surtout pas qu'elles rencontrent une autre personne vaccinée.

    En gros, pour résumer et dire les choses autrement, si tu es vacciné Moderna, tu ne veux surtout pas que ce soit un autre vacciné Moderna qui te passe ses virus, cas ces virus là risque d'être plus résistants à l'immunité induite par Moderna que ceux d'un non vacciné (ou peut-être d'un vacciné avec un autre vaccin).