• [^] # Re: travail salarié = esclavage

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Une ch’tite note de lecture pour la fin de semaine. Évalué à 6.

    S’il vous semble plutôt proche du terme latin, et décrire simplement l’asservissement d’une majeure partie de la population aux fins de confort de l’autre

    Faudrait pas confondre l'étymologie d'esclave et de serf (service, asservissement).

    À ma connaissance (et les quelques sources que j'ai sous la main 1, 2 3), esclave a pris sa signification actuelle par métonymie, du fait du commerce des populations slaves durant le haut moyen-âge.

    En d’autres termes l’esclavage n’est pas nécessairement déshumanisant : tant que le salarié/serf/esclave reste assez proche de ses maîtres, que les catégories sociales ne sont pas hermétiques, les comportements des maîtres restent globalement supportables. Au contraire, dans un contexte où la dignité humaine de l’esclave lui est déniée, ça se dégrade immédiatement.

    Euh, c'est bien joli ça, mais va falloir argumenter plus que ça.
    - "esclavage n’est pas nécessairement déshumanisant" => Pas nécessairement, mais est-ce que ça représente réellement une part importante des pratiques esclavagistes ?
    - "que les catégories sociales ne sont pas hermétiques" => Euh, on parle d'époque où les statuts, de base, sont très figés là. Et celui d'esclave ou de serf davantage encore. Alors, il y avait des possibilités de libération, mais n'était-ce pas les mêmes ordres de probabilité que le loto ? D'autant plus qu'on parle d'une catégorie de personnes dont l'un des principes de conditions était d'être en dessous des autres. Après, ces conditions variaient d'une époque à l'autre et d'une région à l'autre, et il y en avait certainement qui étaient moins pire. Donc, en restant vague, on peut dire tout et n'importe quoi, comme ça nous arrange.
    - "les comportements des maîtres restent globalement supportables" => je ne vois pas trop ce que ça veut dire, et je ne vois pas du tout non plus comment en arriver à cette affirmation, sans un travail énorme, sourcé d'archives et d'analyses historiques, et le tout très bien situé dans le temps et dans l'espace...

    Avec ce discours approximatif là, on arrive à un "gloubi-boulga" qui permet une pseudo-argumentation pour nier certains crimes contre l'humanité...

    Sinon, ça ne veut rien dire et me semble un propos très dangereux politiquement.