• [^] # Re: HS libre veut dire libre

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au lien Valve va passer de Debian à Arch Linux pour le système d'exploitation Linux de Steam Deck. Évalué à 8.

    À un moment il faut surtout accepter que les gens comprennent "4 libertés du libre" quand on leur dit "4 libertés du libre" et utilisent les libertés fournies.

    À aucun moment je n’ai cité les 4 libertés, ni dit que l’éventuelle forme de parasitisme que j’évoque serait contraire aux 4 libertés. En fait je peux même écrire (contrairement à ce que tu as présupposé par erreur, donc) que les 4 libertés ne s’opposent pas à cette éventuelle forme de parasitisme. Et je n’ai aucun problème avec ça.

    Avec ton commentaire qui invoque les quatre libertés pour disqualifier un argumentaire qui ne porte pas sur la liberté du logiciel, tu viens de démontrer de manière flagrante que tu ne pousses pas le libre, que tu pousses ta propre idéologie sous couvert de libre. Tu te sers du libre pour avancer ton idéologie qui n’est pas le libre. Et ton idéologie, entre autre, cherche à interdire l’exercice rationnel du discernement du bien.

    De la même manière qu’il y a des gens pour supposer à tord que le logiciel libre est communiste (comme adversaire pour assimiler tous les libristes à des communistes ou inversement comme partisan pour écarter tout libriste qui ne serait pas communiste), il y a des gens pour supposer que le logiciel est libertaire ou libertarien ou je sais pas quoi encore qui pourrait voir des personnes adhérer à plusieurs idéologies en même temps, toi tu te sers du libre pour interdire le jugement moral et le discernement du bien, et interdire la confrontation rationnelle de ces discernements qui serait exercée en vue d’une contradiction et ou d’une synthèse.

    Le problème c’est que t’as oublié une chose essentielle. Le libre ne parle pas de morale, du tout. Ce que tu as manqué ou que tu tais, c’est le « pas du tout ». C’est à dire que si nul ne peut contraindre un jugement moral au prétexte des 4 libertés (ce que tu aimes rappeler avec justesse), nul ne peut non-plus interdire un jugement moral au prétexte des 4 libertés (et tu ne tais pas seulement ce fait, tu prétends le contraire, ce qui est faux).

    De la même manière que les 4 libertés n’ont pas de pouvoir sur le légal et que la liberté « pour tous les usages » n’empêcheront pas un tribunal de condamner un utilisateur de logiciel libre s’étant servi de ce logiciel libre pour des actes répréhensibles (partage d’image pédopornographiques par exemple), la liberté « pour tous les usages » n’empêcheront pas les hommes de réfléchir à construire un monde meilleur et à encourager ou décourager les pratiques qu’ils jugent bénéfiques ou au contraire toxiques.

    Les 4 libertés n’empêchent pas et n’interdisent pas les hommes de discerner ce qui leur semble bien ou mal, de remettre en cause leur propre jugement et d’essayer de trouver des solutions qui ne sont pas dans la juridiction de ces licences libres.

    Le libre est transversal à la morale.

    Un jour par exemple tu as écrit :

    le libre, [...] a comme principe de base de me protéger de votre morale

    Eh bien en fait non. Oui le libre ne peut pas te contraindre à te soumettre au jugement des autres, mais non le libre ne peut pas non-plus t’extraire du jugement des autres.

    Le libre ne peut pas te protéger du jugement des autres, et tu ne peux pas te servir du libre pour empêcher les autres de poser des jugements.

    Ce sont simplement deux domaines différents et transverses. Quand je parle de comportement parasitaire par exemple, à aucun moment je ne dis que c’est contraire aux quatre libertés. Les quatre libertés ne remplacent pas les états, la justice, les lois, ni même le jugement moral des personnes. Et parmi plusieurs pratiques qui seraient conformes aux quatre libertés, chacun est libre d’évaluer ce qu’il juge préférable ou plus constructif.

    Les hommes sont libres de considérer que telle ou telle pratique participe plus ou moins au monde qu’ils souhaitent voir devenir (tout en ayant des intentions ou des illusions diverses), les hommes sont libre ou non d’évaluer les méthodes de travail, les quatre liberté ne s’opposent pas à l’exercice de la raison, et tu ne peux pas te servir des quatre libertés pour interdire à ton prochain l’usage de la raison dans le discernement d’un bien commun ou simplement d’une méthode de travail plus efficace.

    Si tu es fragile et que tu as besoin de te rattacher à une religion qui, par dogme, te protège du jugement moral des autres, je dois te dire que le logiciel libre n’est pas cette secte que tu recherches.

    Tu ne peux pas interdire ton prochain d’exercer sa raison au discernement du bien. Par contre tu as le droit de confronter cet exercice de discernement du bien à ton propre exercice de discernement du bien, mais pour cesser de se cacher derrière les dogmes confortables de ta religion et prendre le risque de l’altérité.

    Si des gens ne veulent pas fournir les 4 libertés du libre car veulent un "retour à la communauté" des entreprises, ils peuvent... Mais ça ne sera pas libre, rien de nouveau.

    Personne n’a parlé de revenir sur une des quatre libertés ni qu’une pratique était libre ou non, t’es simplement tellement en roue libre dans la profession de foi de ta religion que tu ne te rends même plus compte que tu parles tout seul sur un sujet qui ne fait même pas partie de la conversation, tu réagis simplement par peur car tu sens ton dogme être ébranlé, alors tu récites ton catéchisme pour te rassurer toi.

    Tu as l’air super contrarié par le fait que les autres puissent porter un jugement moral sur les actes des autres (et donc éventuellement sur les tiens) et les évaluer dans un contexte de recherche d’un bien commun (et donc éventuellement évaluer tes actes dans ce contexte), mais tu ne peux pas te servir des quatre libertés pour t’en prémunir, le libre ne peut rien faire pour toi, c’est à toi de grandir, de dépasser tes peurs, et d’accepter que tu ne seras pas toujours d’accord (et donc que cet accord ne peut pas s’imposer), c’est tout.

    Mes commentaires portaient justement sur cette problématique du discernement de ce qui serait préférable quand on fait du logiciel libre (donc en respectant les quatre libertés que je n’avais pas besoin de citer), quelles sont les pratiques qui sont les plus bénéfiques pour la communautés ? Quand Eric Raymond écrit « La cathédrale et le bazar », il explore ce genre de problématique, en prenant comme objet d’études diverses méthodes de travail qui peuvent avoir divers avantages ou inconvénients selon les besoins ou la nature des communautés par exemples, mais la cathédrale comme le bazar peuvent être des méthodes de développement de logiciel libre avec 4 libertés.

    Si quelqu’un par exemple distribue son logiciel sous forme de tarball et en refusant toute contribution, ça ne va pas contre les 4 libertés, donc nul ne peut contraindre le développeur de changer de méthode en invoquant les quatre libertés, mais nul ne peut invoquer les 4 libertés pour interdire à d’autres de réclamer d’autres méthodes de travail qui seraient jugées meilleures pour une raison ou une autre.

    Pour reprendre l’exemple de LibreOffice, il est légitime de s’interroger sur des pratiques qui pourraient épuiser les bénévoles en leur faisant porter le poids des exigences et des attentes de certaines entreprises, aucune des quatre libertés ne fournit d’outil pour évaluer ces problématiques.

    Pour reprendre l’exemple de Valve et la distribution de la Steam Deck, il est légitime de s’interroger si l’usage de telle ou telle distribution verra se développer une certaine forme de contribution et sous quelle forme, quand bien même aucune des quatre libertés n’y contraindrait. Aucune des quatre libertés ne contraint Valve de contribuer à Mesa et ils le font, tant mieux. Si à un moment Valve pourrait contribuer à un projet mais ne le faisait pas, tant pis, mais on a le droit de se poser ces questions. Tu ne peux interdire ce questionnement en invoquant les quatre libertés.

    Parce que l’exercice de la raison ne se résume pas au discernement des quatre libertés, et que les quatre libertés ne prétendent pas apporter des réponses à toutes les problématiques des hommes (ou bien le sectomètre va s’affoler).

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