• [^] # Re: passe sanitaire == pied dans la porte à un système de crédit social à la Chinoise

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal [HS] Quand quelqu'un vous parle de liberté.... Évalué à 5.

    Je ne sais pas pour les autres villes, mais factuellement Lille et Strasbourg sont uniquement françaises. Leur influence économique, en période de pandémie, c'est secondaire.

    Ce n'est pas secondaires pour les millions de travailleurs transfrontaliers en Europe. Sans compter les millions qui sans y travailler franchissent la frontière régulièrement pour leur loisir ou activité sociale.

    Tu trouves que c'est secondaire, pas moi.

    Pour commencer, contrôle à la frontière != blocage complet de la frontière. Contrôle au frontière ne veut pas dire faire une frontière similaire à celle entre la Corée du Nord et du Sud.

    Non mais bon si tu as des contrôles qui prennent du temps, ne serait-ce une heure, c'est le bordel. Et tout ce beau monde qui franchit régulièrement la frontière ne peut pas le faire à la fréquence habituelle ce qui est problématique aussi.

    Puis ton argument sur la libre circulation des produits ne tient pas : nous voulons garder nos frontières et nos barrières douanières avec la Chine, l'Inde, le Bengladesh, les Etats-Unis alors que nous en sommes très dépendants pour les produits finis ou les matières premières.

    Je pense que tu ne mesures pas comment l'Europe fonctionne de ce point de vue. Aujourd'hui un camion de produits espagnols va en Pologne, il doit franchir 3 frontières minimum sur son trajet. Des camions ou trains de marchandises qui parcourent l'Europe tu en as vraiment plein, si tu vas dans les axes fréquentées en France comme l'autoroute de Marseille à Dijon, tu pourras constater la diversité des produits, des destinations et des provenance, et le volume qui transit.

    De plus il y a énormément d'allers-retours. Pour produire une voiture cela signifie que des pièces en Allemagne aillent en Angleterre pour faire une pièce intermédiaire qui doit revenir en Belgique pour ajouter un autre composant avant de retourner en Angleterre (ou l'Allemagne) pour l'assemblage final. De tels allers-retours ont été rendus possibles par la législation européenne qui a aboli les frontières douaniers pour les produits depuis longtemps. Et la densité du continent et sa taille modeste rend cela assez efficace financièrement et temporellement parlant. Des échanges de ce type sont bien plus rares entre l'UE et le reste du monde à cause de la douane, du coût du transport et du temps de transport aussi. Les industries ne sont pas optimisées pour ça entre les continents.

    Lors de la mise en place concrète du Brexit tu avais justement des files énormes au Nord de la France et de la Belgique pour gérer ces flux qui sont colossaux et qui ne peuvent subir trop de délai pour embarquer. Il faudra des décennies pour que le tissus économique des deux régions s'adaptent à ce changement pour en tenir compte. Et là on ne parle que des flux UE / Royaume-Uni, si tu généralises cela à l'ensemble des états membres de l'UE entre eux, ce serait vite le chaos je peux te le garantir. Sans compter l'indisponibilité des produits qui en résulteraient.

    C'est bien ce que je critique : en période de pandémie (car c'est bien dans ce contexte que je me situe depuis le début), on oublie cette idéologie qui consiste à imposer que rien de doit entraver les échanges entre les pays, que l'on doit permettre aux gens de "consommer ou se balader dans l'autre pays". Quand tu limites les déplacements de ta population, tu n'autorises pas des parisiens à prendre l'avion pour faire du tourisme en Espagne et revenir sans test PCR sous prétexte qu'ils étaient à moins de 10 km de l'aéroport.

    La question à se poser est déjà de se dire qu'avec l'UE actuel : est-ce que cela a du sens de considérer un trajet France - Espagne comme un trajet international. Juridiquement, c'est le cas, en pratique c'est non depuis longtemps et une réalité s'est crée à partir de cela. Le tourisme est limite secondaire ici (on pourrait facilement imposer un test PCR aux aéroports), mais la frontière terrestre c'est bien plus compliqué.