Bonjour, je lis régulièrement les journaux ici parce que ça me permet de mieux connaitre l'univers du libre.
Et une phrase dans ton journal m'a marquée : "Bon Ysabeau< même si je squatte un post inadéquat (comme Sheila), j'aimerais te dire que j'apprécie le boulot de modération sur
LinuxFr.org (avec bubar vous êtes un peu les premiers à le faire, je vous remercie, je n'en ai pas été capable)."
Alors je saute dans ton journal désolée de l'intrusion car on ne se connait pas, pour parler de "modération" un sujet qui me passionne.
Depuis la lecture de ce livre de Claire J Evans, Broad band, the untold story of the women who made internet https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/24701475.2019.1598078 et notamment l'histoire dans le bouquin qui parle de ECHO et Stacy Horn, un BBS qui avait pour particularité d'avoir chaque fil modéré par un homme ET une femme. Or on a constaté que la présence des femmes y était plus marquée, aussi parce que Stacy Horn appelait les gens qui partaient (ou ne donnaient plus signe de vie) pour savoir la raison du départ. Et donc elle avait pas mal d'infos sur les "trolls" et pouvaient mieux les avoir à l'œil (ce qui consiste en général à les traiter comme des êtres humains faillibles et émotionnels qui peuvent s'énnerver de temps à autre et donc troller, on est toujours le troll de quelqu'un d'autre).
Or moi ce que je constate sur le terrain, c'est que la modération est efficace.
On peut avoir une approche par le haut par grand principes indigestes via code de conduites pour modérer, mais bon cela ne règle que les cas les plus graves, pas l'ambiance qui se détériore à cause des microaggressions et des gens qui répondent du tac-au-tac en faisant du foin. Et qui applique les codes de conduite? Souvent malheureusement une petite élite constituée de gens qui se connaissent bien et se cooptent (une fondation ou une entreprise corporate) et dont les décisions sont sévèrement critiquées par un truc qu'on appelle "ze komiounity" dans un sac à patate fourre tout, et qui a la réputation d'être truffée de vilains trolls (et quand on est le troll de tout le monde c'est pas très facile de survivre).
Par exemple, sur l'affaire RMS/FSF (je précise j'ai signé la lettre contre son retour) je ne peux m'empêcher de voir qu'en haut de la lettre contre ce sont des grosses structures qui apparaissent, donnant le signal à mon avis dommageable d'une régulation par le haut. Mais les codes de conduite n'ont pas depuis 2003 révolutionné grand chose, à part faire du foin sur quelques affaires qui ont fait des choux gras, et ne sont souvent pas appliqués, et à part provoquer des discussions avant leur mise en application permettant à d'éminents membres de "ze komounity" de prendre conscience du problème. Non ce qui marche c'est l'automodération communautaire, grâce à des personnes qui s'investissent. et là on est plus dans une démarche libriste non autoritaire parce que c'est quand même la critique principale adressée aux CoC, celle de "policer" par le haut. Et policer par le haut et couper la liberté d'expression c'est quand même AMHA à mon avis sous couvert parfois de "féminist washing" une tentative de mettre le libre radical sous tutelle.
Donc je pense qu'on devrait engager des femmes badass et enjouées pour modérer (je plaisante qu'à moitié). Parce que ça marche.
On va me dire : ah mais nan la modération humaine ça marche pas et c'est trop cher, FB et Twitter ont essayé les gens sont partis en dépression : le libre se passe sur des espaces beaucoup plus petits, plus humains aussi que les GAFAMI. Ce serait à priori possible. Et puis on n'est pas obligé·e·s de tout solutionner d'un coup (la révolution c'est souvent violent et ça tourne trop autour de la héraldisation ou la tokenisation).
Et on sait que ça marche depuis ECHO, mais comme les apports de femmes* ou personnalités non masculines ne sont pas valorisées (voir systématiquement dénigrées).
Donc voilà, ça semble marcher aussi ici non?
Moi je vois cela comme un moyen de préserver la partie libriste radicale, qui me semble quand même un peu sous pression, sinon on demanderait pas à RMS de revenir comme chevallier du libre un peu partout.
Je dirais que ce qu'il faut au libre, ce sont plus de Jeanne d'Arc (qui en plus s'est faite pincer au final comme relaps parce qu'elle refusait de ne plus s'habiller en homme).
Si d'autres personnes ont des exemples de commaunautés du libre qui arrivent à avoir des environnements serein sans verouillage par le haut je suis preneuse.
(désolée pour le paté)
# Modération
Posté par Nattes . En réponse au journal pfff réchléérer Internet, c'est pas donné à tout l'monde, faut remercier , ça va de soi. Évalué à -6.
Bonjour, je lis régulièrement les journaux ici parce que ça me permet de mieux connaitre l'univers du libre.
Et une phrase dans ton journal m'a marquée : "Bon Ysabeau< même si je squatte un post inadéquat (comme Sheila), j'aimerais te dire que j'apprécie le boulot de modération sur
LinuxFr.org (avec bubar vous êtes un peu les premiers à le faire, je vous remercie, je n'en ai pas été capable)."
Alors je saute dans ton journal désolée de l'intrusion car on ne se connait pas, pour parler de "modération" un sujet qui me passionne.
Depuis la lecture de ce livre de Claire J Evans, Broad band, the untold story of the women who made internet https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/24701475.2019.1598078 et notamment l'histoire dans le bouquin qui parle de ECHO et Stacy Horn, un BBS qui avait pour particularité d'avoir chaque fil modéré par un homme ET une femme. Or on a constaté que la présence des femmes y était plus marquée, aussi parce que Stacy Horn appelait les gens qui partaient (ou ne donnaient plus signe de vie) pour savoir la raison du départ. Et donc elle avait pas mal d'infos sur les "trolls" et pouvaient mieux les avoir à l'œil (ce qui consiste en général à les traiter comme des êtres humains faillibles et émotionnels qui peuvent s'énnerver de temps à autre et donc troller, on est toujours le troll de quelqu'un d'autre).
Or moi ce que je constate sur le terrain, c'est que la modération est efficace.
On peut avoir une approche par le haut par grand principes indigestes via code de conduites pour modérer, mais bon cela ne règle que les cas les plus graves, pas l'ambiance qui se détériore à cause des microaggressions et des gens qui répondent du tac-au-tac en faisant du foin. Et qui applique les codes de conduite? Souvent malheureusement une petite élite constituée de gens qui se connaissent bien et se cooptent (une fondation ou une entreprise corporate) et dont les décisions sont sévèrement critiquées par un truc qu'on appelle "ze komiounity" dans un sac à patate fourre tout, et qui a la réputation d'être truffée de vilains trolls (et quand on est le troll de tout le monde c'est pas très facile de survivre).
Par exemple, sur l'affaire RMS/FSF (je précise j'ai signé la lettre contre son retour) je ne peux m'empêcher de voir qu'en haut de la lettre contre ce sont des grosses structures qui apparaissent, donnant le signal à mon avis dommageable d'une régulation par le haut. Mais les codes de conduite n'ont pas depuis 2003 révolutionné grand chose, à part faire du foin sur quelques affaires qui ont fait des choux gras, et ne sont souvent pas appliqués, et à part provoquer des discussions avant leur mise en application permettant à d'éminents membres de "ze komounity" de prendre conscience du problème. Non ce qui marche c'est l'automodération communautaire, grâce à des personnes qui s'investissent. et là on est plus dans une démarche libriste non autoritaire parce que c'est quand même la critique principale adressée aux CoC, celle de "policer" par le haut. Et policer par le haut et couper la liberté d'expression c'est quand même AMHA à mon avis sous couvert parfois de "féminist washing" une tentative de mettre le libre radical sous tutelle.
Donc je pense qu'on devrait engager des femmes badass et enjouées pour modérer (je plaisante qu'à moitié). Parce que ça marche.
On va me dire : ah mais nan la modération humaine ça marche pas et c'est trop cher, FB et Twitter ont essayé les gens sont partis en dépression : le libre se passe sur des espaces beaucoup plus petits, plus humains aussi que les GAFAMI. Ce serait à priori possible. Et puis on n'est pas obligé·e·s de tout solutionner d'un coup (la révolution c'est souvent violent et ça tourne trop autour de la héraldisation ou la tokenisation).
Et on sait que ça marche depuis ECHO, mais comme les apports de femmes* ou personnalités non masculines ne sont pas valorisées (voir systématiquement dénigrées).
Donc voilà, ça semble marcher aussi ici non?
Moi je vois cela comme un moyen de préserver la partie libriste radicale, qui me semble quand même un peu sous pression, sinon on demanderait pas à RMS de revenir comme chevallier du libre un peu partout.
Je dirais que ce qu'il faut au libre, ce sont plus de Jeanne d'Arc (qui en plus s'est faite pincer au final comme relaps parce qu'elle refusait de ne plus s'habiller en homme).
Si d'autres personnes ont des exemples de commaunautés du libre qui arrivent à avoir des environnements serein sans verouillage par le haut je suis preneuse.
(désolée pour le paté)