En tout cas, ça montre encore une fois comment le capitalisme
se fout du FLOSS qu’il ne voit que comme du travail gratuit et
de la maintenance externalisé (je t’envoie ce patch, à toi de
le maintenir à vie).
Je pense que ça montre aussi un constat d'échec vis à vis de la GPL (et de facto de la FSF). Car derrière le projet de Github, il y a clairement quelqu'un qui a codé, et quelqu'un qui a dit "ok on va faire ça".
Ces personnes n'ont pas du se dire "oula, on va exploiter encore plus les prolétaires" tout en se faisant des bouclettes avec leur éventuelles moustaches.
Il me parait beaucoup plus probable que l'équipe se soit dit "le code est libre, donc c'est bon". Stricto sensu, avoir le code pour pouvoir l'étudier est une des 4 libertés fondamentales énoncés par la FSF, donc c'est pas comme si c'était une conception totalement aberrante du projet.
Normalement, ce genre de souci d’interprétation se règle via des avis juridiques d'experts pour dire "voila, on pense que les auteurs du code voulaient dire en prenant tel license", et pour la GPL, historiquement, c'était en partie le travail de la FSF (ce que mes collègues appellent "license stewardship").
Mais depuis plusieurs années, la FSF a perdu une forme d'autorité sur l’interprétation de la GPL. D'une part parce que la FSF ne semble plus publier d'avis juridiques. D'autre part, parce que d'autres groupes le font, d'autres groupes dont certains se sont monter pour éviter la FSF (OSI, Software Conservency).
Et comme ce genre de souci d’interprétation se règle à grand coup d'avis d'expert publié dans des jugements, des journaux, etc, il est possible qu'en l'absence de source qui fait l'unanimité, alors les juristes de Github se sont dit en tout bonne foi, comme le reste du monde que c'est ok.
Je vois autour de moi un usage grandissant des licences permissives, que ça soit du coté des boites qui publient des trucs sans considérations juridiques (donc du MIT, car on s'en fout), ou des gens qui codent pour avoir un CV, ou qui veulent que ça soit repris sans conditions (les *bsd, mais aussi les devs ruby, python, go, etc). Je dit pas que tout le monde le fait, il reste des gens à faire du code GPL, mais j'ai le sentiment que c'est un sous group.
Et je suppose que c'est lié à une forme de dépolitisation du logiciel libre, ou plutôt, à une forme de non politisation. On montre et on parle du coté cool, sans parler du projet politique.
Il y a plusieurs causes probables. Par exemple, on pourrait supposer que ça soit lié à une professionnalisation du monde du libre. Une autre cause pourrait être la vision "opensource" mise en avant en partie par ESR et son libertarianisme (qui en général va assez bien avec le capitalisme).
Mais juste dire "le capitalisme", c'est assez vague, et ça va quand même masquer la responsabilité collective du monde du libre. Et sans se poser la question de ce qui a foiré, on ne peux pas trop évoluer.
# Et le rôle de la FSF ?
Posté par Misc (site web personnel) . En réponse au journal GitHub lance copilot, un générateur de code entraîné sur du code GPL. Évalué à 4.
Je pense que ça montre aussi un constat d'échec vis à vis de la GPL (et de facto de la FSF). Car derrière le projet de Github, il y a clairement quelqu'un qui a codé, et quelqu'un qui a dit "ok on va faire ça".
Ces personnes n'ont pas du se dire "oula, on va exploiter encore plus les prolétaires" tout en se faisant des bouclettes avec leur éventuelles moustaches.
Il me parait beaucoup plus probable que l'équipe se soit dit "le code est libre, donc c'est bon". Stricto sensu, avoir le code pour pouvoir l'étudier est une des 4 libertés fondamentales énoncés par la FSF, donc c'est pas comme si c'était une conception totalement aberrante du projet.
Normalement, ce genre de souci d’interprétation se règle via des avis juridiques d'experts pour dire "voila, on pense que les auteurs du code voulaient dire en prenant tel license", et pour la GPL, historiquement, c'était en partie le travail de la FSF (ce que mes collègues appellent "license stewardship").
Mais depuis plusieurs années, la FSF a perdu une forme d'autorité sur l’interprétation de la GPL. D'une part parce que la FSF ne semble plus publier d'avis juridiques. D'autre part, parce que d'autres groupes le font, d'autres groupes dont certains se sont monter pour éviter la FSF (OSI, Software Conservency).
Et comme ce genre de souci d’interprétation se règle à grand coup d'avis d'expert publié dans des jugements, des journaux, etc, il est possible qu'en l'absence de source qui fait l'unanimité, alors les juristes de Github se sont dit en tout bonne foi, comme le reste du monde que c'est ok.
Je vois autour de moi un usage grandissant des licences permissives, que ça soit du coté des boites qui publient des trucs sans considérations juridiques (donc du MIT, car on s'en fout), ou des gens qui codent pour avoir un CV, ou qui veulent que ça soit repris sans conditions (les *bsd, mais aussi les devs ruby, python, go, etc). Je dit pas que tout le monde le fait, il reste des gens à faire du code GPL, mais j'ai le sentiment que c'est un sous group.
Et je suppose que c'est lié à une forme de dépolitisation du logiciel libre, ou plutôt, à une forme de non politisation. On montre et on parle du coté cool, sans parler du projet politique.
Il y a plusieurs causes probables. Par exemple, on pourrait supposer que ça soit lié à une professionnalisation du monde du libre. Une autre cause pourrait être la vision "opensource" mise en avant en partie par ESR et son libertarianisme (qui en général va assez bien avec le capitalisme).
Ça peut aussi être une conséquence de l'état de la FSF, un sujet qui a été largement débattu sur https://linuxfr.org/users/misc/journaux/gnu-t-es-la, sur https://linuxfr.org/users/zenitram/journaux/le-directeur-executif-de-la-fsf-demissionne-quelle-suite et sur https://linuxfr.org/users/misc/journaux/rms-et-la-fsf
Mais juste dire "le capitalisme", c'est assez vague, et ça va quand même masquer la responsabilité collective du monde du libre. Et sans se poser la question de ce qui a foiré, on ne peux pas trop évoluer.