• [^] # Re: Inconvénients pratiques d'une licence libre pour de la littérature ?

    Posté par . En réponse au journal Les différences entre la littérature et le code pour les licences libres. Évalué à 7.

    Si des livres sont vendus, c'est avant tout le résultat de la promotion : de l'auteur, de l'éditeur, du diffuseur, du libraire, du vendeur de e-book. Si on rencontre un petit succès, c'est les lecteurs qui font la promotion.
    Jamais les plateformes !!!

    Bien sûr, la promotion est nécessaire, mais en fonction de la plateforme et du format, certaines formes de promotion sont plus efficaces que d'autres pour démarrer. Sur amazon, les livres de fantasy les plus vendus en ebook sont très souvent pas des livres de maison d'édition (à quelques exceptions près), car la cible de leur promotion n'achète pas en numérique sur cette plateforme (et ça vaut même pour les maisons d'édition qui ne vendent pas leur ebook trop cher).

    Le public qui achète beaucoup en numérique sur amazon, du genre à tenter la découverte de livres d'auteurs indépendants, est particulier : c'est un public qui ne passe quasiment que par cette plateforme, lit beaucoup et privilégie les petits prix (voire "gratuit" via abonnement), et cherche dans les catégories et recommandations un peu au bonheur la chance (d'où l'importance d'être bien classé dans ces listes, l'acheteur achète ce qu'il trouve dans les premières pages). Pour atteindre efficacement ce public, il est nécessaire d'avoir des ventes sur cette plateforme et pas ailleurs (un lecteur qui achète ailleurs et recommande à un ami qui, lui, achète sur amazon, c'est trop rare pour avoir un impact). C'est tout sauf la panacée, mais c'est là où on trouve le plus d'auteurs indépendants qui se débrouillent — et, bien sûr, une immense majorité qui ne se débrouille pas, car ils attendent un miracle ou simplement n'ont pas de public.

    Si on regarde ce que font les indépendants dans le monde anglo-saxon, où le nombre d'indépendants qui vivent en écrivant de la fantasy, bien que pas énorme, n'est pas négligeable non plus, c'est beaucoup de promotion (payée comme gratuite, collaborations, etc.) pour réussir à donner de la visibilité à leur livre sur la plateforme.

    Amazon ne fait jamais de pub à un livre par gentillesse ou par idéaux : leur objectif est de vendre un maximum, donc ils mettent en avant ce qui se vend déjà sur leur plateforme (dans les 30 derniers jours). Ils ne font aucune pub pour un livre qui ne se vend pas déjà ! Leur stratégie qui consiste à donner de la visibilité uniquement à ce qui se vend sur leur plateforme va main dans la main avec leur abonnement avec DRMs qui encourage les auteurs à leur donner l'exclusivité plutôt que de diversifier les plateformes.

    Les youtubers qui veulent percer savent très bien qu'il vaut mieux faire des collabs avec d'autres vidéastes pour développer leur audience plutôt que d'attendre le miracle de l'algorithme pour être mis en avant.

    Oui, c'est pareil avec l'écriture, ceux qui réussissent sont le plus souvent ceux qui mettent en place ce genre de stratégies. Mais l'objectif est presque toujours d'assurer un démarrage de promotion via visibilité « naturelle » sur la plateforme grâce à ces promotions externes initiales. Ils n'attendent pas le miracle de l'algorithme, ils essaient de le provoquer activement.

    J'invite à lire ce post de Ploum qui explique bien le phénomène : https://ploum.net/le-mensonge-des-reseaux-sociaux/

    Pour les résaux sociaux, c'est clair, c'est une des solutions qui demandent le plus de travail et de temps pour les résultats des plus médiocres. C'est d'ailleurs rarement recommandé par les indépendants anglo-saxons, car rarement efficace. C'est à réserver à ceux qui ont déjà une grande présence pour d'autres raisons.