• [^] # Re: Assez en phase avec l'analyse que j'avais faite .....

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Les différences entre la littérature et le code pour les licences libres. Évalué à 5.

    Tout ça risque de dénaturer l'oeuvre en elle-même qui est un tout (avec ses défauts et ses qualités).

    C'est quoi dénaturer une œuvre ?

    Par exemple si je traduis moi même Harry Potter, ou que je regarde Cendrillon par Disney, cela ne remet pas en cause les versions d'origine qui existent toujours.

    Par contre cela permet d'étendre leur diffusion, ou de tester de nouvelles idées, d'essayer un nouveau support qui peut rendre l'histoire superbe.

    Typiquement je suis convaincu qu'il vaut mieux lire une traduction d'un texte fait par un professionnel que de lire le même texte en VO en ayant un niveau insuffisant dans la langue pour comprendre toutes les subtilités. Comme tu l'as dit, déjà que pour un texte français deux français natifs ne vont pas comprendre pareil, alors si on doit le faire avec un texte en langue étrangère...

    D'ailleurs, que penses-tu du coup par exemple des textes classiques ? A-t-on tué le Malade Imaginaire de Molière en l'adaptant au français moderne ? Devons-nous l'appeler pour avoir son opinion à ce sujet ?

    Parce qu'une oeuvre est un ensemble d'une part, et que d'autre part une oeuvre a vocation artistique entre dans le subjectif. Et comme tu le dis, c'est "son" texte.

    Plus je grandis moins je crois à l'auteur solitaire qui a pondu son texte ou son œuvre de manière indépendante.

    Déjà, surtout aujourd'hui, les œuvres sont de plus en plus collectifs. Même un livre. Par exemple l'éditeur va corriger les fautes (ce qui tu sembles considérer comme un outrage à l'esprit créatif), il va suggérer ou imposer des changements dans le texte, etc. C'est pareil quelque soit le support artistique d'ailleurs.

    Sans même considérer les autres formes d'arts ou le collectif est essentiel, tu ne fais pas un film seul, ni un album dans ta chambre, etc.

    Ensuite, comme on le dit souvent en science je suis un nain posé sur des épaules de géants. Et pour l'art finalement c'est pareil. Tous les artistes sont influencés par leurs lectures, leurs écoutes, etc. Ils ne composent pas en étant isolé du milieu artistique, ils baignent dedans, s'en inspirent, identifient des choses à faire ou à ne pas faire.

    Considérer leur œuvre comme un tout immuable et où l'auteur a le seul contrôle renie en fait cette inspiration pourtant essentielle dans le processus créatif. Et surtout il retire arbitrairement le droit à d'autres de se baser dessus pour composer à leur tour quelque chose.

    Tiens si on partie de Disney ... Tu pourrais trasformer mickey en souris psychopate, mais est-ce que ce serait Mickey de Walt Disney ? Ne serait-ce pas dénaturer le personnage. Certes Mickey étant très connu, le fait de le dénaturer se verrait vite, mais ce n'est pas forcément le cas d'un personnage moins connu qui serait dénaturé par qqn d'autre, et que ce "dénaturement" devienne plus connu que l'original, ou que confusion se fasse entre les deux (parce que le personnage dénaturé porte des valeurs que l'auteur original ne partage pas ...).

    Ça dépend de l'objectif. Reprenons ton exemple. Un Mickey visuellement identique à celui de Disney mais avec un caractère très différent pourrait être artistiquement intéressant. Tu peux faire passer des tas de messages car Mickey est connu et a une valeur symbolique importante. Tu peux par exemple critiquer Disney ou les États-Unis avec un tel personnage.

    Et typiquement il te serait interdit de produire une telle œuvre fondée dessus car Disney utiliserait son droit d'auteur sur Mickey pour t'attaquer.

    Note qu'en soi je n'ai rien contre le fait de dériver une oeuvre, si on pense qu'on peut faire mieux, mais en tant qu'auteur je préfèrerais que mon oeuvre et l'oeuvre dérivée soient bien distinguables, c'est tout. (et je me pose ces questions car je suis en train d'essayer d'écrire une nouvelle en ce moment, et toutes ces questions de droit d'auteur me sont passées par la tête).

    Des œuvres dérivées comme ça, il y en a des tas depuis toujours. Et on peut régler ça juridiquement justement.

    Toujours une oeuvre dérivée ....

    Mais validée par les ayant droits donc finalement cela fait partie intégrante de l'univers artistique de l'auteur de fait. Cela montre surtout que l'auteur ou les ayants droits peuvent faire des choses absurdes par pur intérêt commercial et que leur pureté artistique n'a pas de sens, ce sont des humains après tout comme tout le monde.

    Tous les exemples que tu donnes ne remettent pas en question l'oeuvre originale en se proposant de l'améliorer ... Ce sont des adaptations.

    Mais sans licence libre artistique, pas d'adaptations possibles de fait. Et on pourrait affirmer que tout changement d'une œuvre d'origine est une adaptation. Quand Star Wars a été changé par Lucas pour diverses raisons, tu peux le voir comme une évolution de Star Wars, ou comme une nouvelle adaptation.