• [^] # Re: Inconvénients pratiques d'une licence libre pour de la littérature ?

    Posté par . En réponse au journal Les différences entre la littérature et le code pour les licences libres. Évalué à 3. Dernière modification le 06 juin 2021 à 21:36.

    Tu as tout à fait raison, mais ça n'empêche que c'est psychologiquement difficile pour un éditeur d'investir dans un livre papier si tu sais que ça peut être copié. Je pense que les diffuseurs et les libraires auraient aussi du mal avec cette idée (pourquoi mettre en avant un livre s'il a d'autres éditeurs et d'autres canaux de vente ?).
    Et aussi les éditeurs aiment bien signer des contrats d'exclusivité avec les auteurs, ce qui leur permet d'investir dans la promotion de l'auteur à long terme (et non sur un seul livre).

    Pour certains petits éditeurs la dimension psychologique est complétée d'une grosse dimension financière. Monsieur Toussaint Louverture ou Le Bélial par exemple investissent beaucoup dans les couvertures, la recherche, les traductions, la typo ... parfois plusieurs années avant la sortie. Et une fois le tirage rentabilisé, les éditeurs de poche leurs donnent un second financement, mais seulement à condition d'exclusivité. D'ailleurs, sans cette version de poche et sa large diffusion, il n'y a souvent pas de retirage du livre — j'ai ainsi envoyé des corrections à Monsieur Toussaint Louverture pour le génial La Maison, dans laquelle 1 qu'il intègrera dans quelques années s'il peut risquer un retirage.

    Et enfin il me semble que tu oublies le coût du stockage. Tu peux difficilement financer la conservation du stock sans une certaine garantie (au moins psychologique) qu'un autre ne va pas imprimer en chine a bas coût et griller tes ventes — je parle d'expérience : sur Amazon, Momox et qq autres font du dumping pour couler tous les petits libraires.


    1. je vous conseille fortement ce livre, aussi poignant et douloureux que fantastique. Son éditeur en a fait un beau résumé qui ne dévoile rien