Un article scientifique, c’est beaucoup plus qu’une jolie histoire qui décrit une vision du monde. Ça peut contenir des données (l’open-data dans la recherche est en enjeu important dans le sillage l’open-access), c’est aussi une référence à laquelle on fait régulièrement appel. Par exemple, lors de la négociation d’un contrat avec un industriel, est-il possible d’envoyer la bibliographie de référence sur le sujet si elle est en NC ? Et entre collègues de labos différents ? Et si un labo est une unité mixte public-privé (exemple CNRS / Saint Gobain) ? Le NC sur les travaux scientifiques pose les même problèmes que sur les autres œuvres, la complexité de son application est un frein significatif à la libre circulation de l’information.
Parce-que sinon, on peut aussi dire que l’essentiel du contenu des revues scientifiques étant inintelligible pour un béotien, ce n’est pas gênant que seules les grosses universités et les grosses entreprises avec une grosse R&D aient les moyens de s’offrir des abonnements. Après tout la réalité décrite dans l’article, celle de « Dieu [qui] ne réclame aucun droit d’auteur sur la réalité », pourra toujours circuler.
Quant à « liberté devrait plus se poser en termes de formats et de diffusion qu’en termes de modifications », combien de figures fausses sont republiées corrigées, de figures justes sont republiées telles quelles. En fait, c‘est tellement nécessaire de pouvoir s’affranchir du droit d’auteur sur les publications scientifiques qu’elles sont soumises à un régime exceptionnel depuis 2016 avec une durée d’embargo limitée dans le temps pour que les requins de l’édition se nourrissent, avant qu’elle puisse réellement contribuer à la propagation des savoirs.
[^] # Re: Oui mais
Posté par jyes . En réponse au journal Journaux scientifiques en libre accès et foutoir avec les licences libres. Évalué à 10.
Un article scientifique, c’est beaucoup plus qu’une jolie histoire qui décrit une vision du monde. Ça peut contenir des données (l’open-data dans la recherche est en enjeu important dans le sillage l’open-access), c’est aussi une référence à laquelle on fait régulièrement appel. Par exemple, lors de la négociation d’un contrat avec un industriel, est-il possible d’envoyer la bibliographie de référence sur le sujet si elle est en NC ? Et entre collègues de labos différents ? Et si un labo est une unité mixte public-privé (exemple CNRS / Saint Gobain) ? Le NC sur les travaux scientifiques pose les même problèmes que sur les autres œuvres, la complexité de son application est un frein significatif à la libre circulation de l’information.
Parce-que sinon, on peut aussi dire que l’essentiel du contenu des revues scientifiques étant inintelligible pour un béotien, ce n’est pas gênant que seules les grosses universités et les grosses entreprises avec une grosse R&D aient les moyens de s’offrir des abonnements. Après tout la réalité décrite dans l’article, celle de « Dieu [qui] ne réclame aucun droit d’auteur sur la réalité », pourra toujours circuler.
Quant à « liberté devrait plus se poser en termes de formats et de diffusion qu’en termes de modifications », combien de figures fausses sont republiées corrigées, de figures justes sont republiées telles quelles. En fait, c‘est tellement nécessaire de pouvoir s’affranchir du droit d’auteur sur les publications scientifiques qu’elles sont soumises à un régime exceptionnel depuis 2016 avec une durée d’embargo limitée dans le temps pour que les requins de l’édition se nourrissent, avant qu’elle puisse réellement contribuer à la propagation des savoirs.