Je viens de faire supprimer mon commentaire car je l'ai posté par erreur avant d'avoir fini. :-) Je tâcherai de le refaire au propre et en plus court.
Mais en gros, j'essayais de dire que tes craintes sont effectivement l'objet d'une lutte permanente, aggravée par le fait que peu de gens saisissent réellement l'enjeu de la chose, contrairement à d'autres sujets politiques qui, eux, sont débattus depuis des centaines, voire des milliers d'années. Cela fait donc deux batailles à mener de front.
Une chose intéressante dans tes propos : le streaming. On a eu beaucoup de lois stupides qui ont émané des craintes des grands éditeurs. En gros, « il ne faut absolument pas que l'on puisse copier nos disques car les gens ne les achèteront plus ». Ceci a conduit non seulement à faire apparaître des dispositifs techniques (les DRM) dont l'unique but est de restreindre la liberté d'action mais aussi un arsenal juridique qui nous interdit de les contourner. Et ça, c'est grave car non seulement ça oriente à terme l'opinion des gens (« ce qui interdit et ce qui ne l'est pas ») mais parce que c'est beaucoup plus difficile de s'en débarrasser par la suite.
Ce qui nous a « sauvés », paradoxalement, c'est justement le fait que tout le monde allait consommer sa musique et sa vidéo en ligne, généralement sur Youtube aujourd'hui. Outre le fait que cela devenait alors impossible à contenir, les grands éditeurs ont compris qu'il valait mieux tenter d'obtenir une participation (même moins importante) de ce côté-là plutôt que tenter en vain de tout interdire. Du coup, les DRM ne sont plus devenus une priorité. Naturellement, on tente toujours de nous les refaire entrer par la petite porte...
Évidemment, les dangers demeurent, notamment la formation de nouveaux monopoles. Rien de nouveau dans ce bas monde, donc, mais il est de fait que le numérique est devenu un vrai phénomène de société et que donc, il se politise (alors qu'on était relativement épargné jusqu'ici).
Ce qui m'inquiète le plus c'est surtout pour les jeunes, ils n'utilisent que des smartphones (surtout en Chine) qui ne donnent pas du tout la même liberté que peut donner un ordinateur. Ils ne connaîtront jamais ce que c'est d'être administrateur de sa machine, d'avoir la possibilité de contourner la censure DNS du gouvernement.
Tout-à-fait mais en réalité, un smartphone est un ordinateur à part entière. On en est là parce que certaines personnes ont eu le nez suffisamment creux pour flairer que ce serait la prochaine « révolution » et occuper le segment dès le départ. Et cela se reproduira avec le prochain gadget technologique à la mode.
C'est pour cela qu'il est nécessaire, selon moi, que la population « s'approprie » la technologie et n'en soit pas simple utilisatrice. Ça commence par une prise de conscience, comme la tienne, et ensuite ça se met en forme avec l'aide de personnes suffisamment éloquentes pour trouver les bons mots.
Quelqu'un m'a dit un jour qu'il fallait environ 100 ans pour qu'une société assimile totalement une technologie. Pas pour qu'elle la comprenne mais pour qu'elle en fasse entièrement partie. Ça a été vrai pour l'automobile, pour l'aviation, pour l'électricité et pour le téléphone. Actuellement, notre société est « adolescente » concernant l'informatique, donc nous sommes dans une période délicate.
Après, il faudra faire face à un autre problème : gérer la sensibilisation des gens au numérique ET faire face aux grands états totalitaires. Si on est un jour contraint de se battre avec la Chine, je préfère quand même que cela se fasse via le numérique.
[^] # Re: Bienvenue
Posté par Obsidian . En réponse au journal Nostalgie d'Internet des années 2000.. Évalué à 5.
Merci pour ta réponse.
Je viens de faire supprimer mon commentaire car je l'ai posté par erreur avant d'avoir fini. :-) Je tâcherai de le refaire au propre et en plus court.
Mais en gros, j'essayais de dire que tes craintes sont effectivement l'objet d'une lutte permanente, aggravée par le fait que peu de gens saisissent réellement l'enjeu de la chose, contrairement à d'autres sujets politiques qui, eux, sont débattus depuis des centaines, voire des milliers d'années. Cela fait donc deux batailles à mener de front.
Une chose intéressante dans tes propos : le streaming. On a eu beaucoup de lois stupides qui ont émané des craintes des grands éditeurs. En gros, « il ne faut absolument pas que l'on puisse copier nos disques car les gens ne les achèteront plus ». Ceci a conduit non seulement à faire apparaître des dispositifs techniques (les DRM) dont l'unique but est de restreindre la liberté d'action mais aussi un arsenal juridique qui nous interdit de les contourner. Et ça, c'est grave car non seulement ça oriente à terme l'opinion des gens (« ce qui interdit et ce qui ne l'est pas ») mais parce que c'est beaucoup plus difficile de s'en débarrasser par la suite.
Ce qui nous a « sauvés », paradoxalement, c'est justement le fait que tout le monde allait consommer sa musique et sa vidéo en ligne, généralement sur Youtube aujourd'hui. Outre le fait que cela devenait alors impossible à contenir, les grands éditeurs ont compris qu'il valait mieux tenter d'obtenir une participation (même moins importante) de ce côté-là plutôt que tenter en vain de tout interdire. Du coup, les DRM ne sont plus devenus une priorité. Naturellement, on tente toujours de nous les refaire entrer par la petite porte...
Évidemment, les dangers demeurent, notamment la formation de nouveaux monopoles. Rien de nouveau dans ce bas monde, donc, mais il est de fait que le numérique est devenu un vrai phénomène de société et que donc, il se politise (alors qu'on était relativement épargné jusqu'ici).
Tout-à-fait mais en réalité, un smartphone est un ordinateur à part entière. On en est là parce que certaines personnes ont eu le nez suffisamment creux pour flairer que ce serait la prochaine « révolution » et occuper le segment dès le départ. Et cela se reproduira avec le prochain gadget technologique à la mode.
C'est pour cela qu'il est nécessaire, selon moi, que la population « s'approprie » la technologie et n'en soit pas simple utilisatrice. Ça commence par une prise de conscience, comme la tienne, et ensuite ça se met en forme avec l'aide de personnes suffisamment éloquentes pour trouver les bons mots.
Quelqu'un m'a dit un jour qu'il fallait environ 100 ans pour qu'une société assimile totalement une technologie. Pas pour qu'elle la comprenne mais pour qu'elle en fasse entièrement partie. Ça a été vrai pour l'automobile, pour l'aviation, pour l'électricité et pour le téléphone. Actuellement, notre société est « adolescente » concernant l'informatique, donc nous sommes dans une période délicate.
Après, il faudra faire face à un autre problème : gérer la sensibilisation des gens au numérique ET faire face aux grands états totalitaires. Si on est un jour contraint de se battre avec la Chine, je préfère quand même que cela se fasse via le numérique.
Bon courage pour la suite.