Salut,
C'est une excellente question. Si on retire l'affirmation de fin, qui est basée sur une interprétation de certaines informations, elle-même basée sur une estimation faite d'une approche analytique et statistique à postériori. En fait il y a 3 questions qui sont portées en un commentaire, si on met des questions à la place des affirmations, le sujet en valant la peine. Mais c'est déjà tldr de ne regarder que la première.
Spoil : je n'ai pas réponse à apporter.
Alors je vais simplement essayer de participer à élaguer ça en présentant des éléments. En reformulant ta question :
Pourquoi privilégier l'approche vaccinale plutôt que thérapeutique ?
Le pognon.
Actuellement le système économique de la santé (puisque c'est ainsi, je ne porte pas de jugement sur ce système lui même) ne tourne qu'autour d'une rentabilité toujours plus élevée, et l'axe principal pour ça ce sont les brevets. Il n'y a pas d'intérêt économique à chercher dans la pharmacopée existante une réponse à ce nouveau problème, faire cela demande un investissement, encore plus important si on doit croiser des traitements et anciennes molécules.
Si je me refuse à porter un jugement sur le 'système pognon' je peux par contre y voir un biais très important : les brevets tuent la compétition et ralentissent l'innovation. Un système sans brevets ne serait pas exempt de problème, puisqu'il faudrait être capable de rester à l'avant garde de l'innovation pour rester dans la course économique. Un effet de bord à cela est, lui aussi, important : un transfert de la valeur sûre, celle sur laquelle on peut compter à moyen terme, des entreprises de recherche vers les fabricants de matériels.
Encore le pognon.
N'oublions pas que dans les années 80 les mêmes courants contestataires portaient plutôt une dénonciation de, de leur point de vue, l'abandon de la voie vaccinale au privilège économique de la voie thérapeutique. «un vaccin ne rapporte rien, c'est un scandelele.» Si c'est incontestablement vrai pour certains pathogènes cela ne l'est plus du tout pour ce type : un virus, qui plus est un virus à arn à couronne, un truc qui mute très vite, tout le temps mais avec un peu de 'révolution' dans ses mutations. Une cible parfaite pour que la voie vaccinale soit très rentable économiquement. Surtout si la patientèle est mondiale.
L'organisation.
Même avec une excellente approche thérapeutique (je sais pas, je dis des bêtises pour l'exemple, augment tempé salle de soin + apport flux air frais + augment conso eau + antiobio anti gram+ évitant la colonisation des poumons par des bactéries effet secondaire de l'infection virale + soutiens du sys immunitaire) et bien, quelle qu'elle soit elle resterait une approche thérapeutique hospitalière, ou tout du moins ambulatoire avec surveillance médicale. Cette approche thérapeutique ne règlerait pas le problème de la saturation des moyens hospitaliers et médicaux.
Le pragmatisme.
Le développement d'une thérapie qui puisse être délivrée en pharmacie et prise en autonomie, le rêve, et en plus à la frontière entre le préventif et le curatif (un curatif efficace devenant préventif de développement des formes graves) d'un côté, pour un virus tel que cette famille, c'est semble t il long et compliqué. D'un autre côté une technologie déjà balbutiante et très prometteuse, pouvant en plus être adaptée facilement aux éventuels nouveaux variants qui se démarqueraient suffisamment, heureusement assez rares comparés aux nb de mutations, pour échapper à la formule initiale. Le choix est vite fait, le temps avant la mise à disposition d'une réponse penche largement vers l'approche 'vaccinale'. Et c'est une réussite.
C'est aussi une réussite économique pour les entreprises y étant parvenues. Mais on notera que c'est également l'approche choisie par des pays moins soumis aux contraintes économiques (chine, russie, cuba) : on ne peut donc pas "accuser" d'une quelconque main mise politique ou économique sur un choix décisionnel : ce sont bien les scientifiques qui ont, partout, fait les mêmes constats et les mêmes choix. Aucun complot là dedans.
En aparté, la conclusion étant que c'est une belle réussite, en aparté donc, on peut quant même pointer deux éléments importants : la faiblesse de financement de la recherche publique dans nos pays posent deux graves problèmes : a) la recherche privée est adossée à une exigence de rentabilité court-termiste ou bien à un verrouillage du marché par les brevets, souvent un peu des deux, seule elle n'aurait pas été capable. b) cette faiblesse de financement de la recherche publique mène à ce que les experts conseillant le politique soient mécaniquement issus de l'entreprise, donc à des "conflits d'intérêts" évidents ne permettant pas un décisionnel politique libre et éclairé.
Enfin, le modèle économique actuel pour la santé a besoin d'une certaine hauteur de garantie de dégager des bénéfices, or la recherche et le développement coûtent avant de pouvoir trier les potentiels.
= Nous avons, tous, intérêts politique, intérêt public, intérêt économique, nous avons tous intérêt à disposer d'une recherche publique forte et libre.
[^] # Re: traitements
Posté par bubar🦥 . En réponse au lien Brevets sur les vaccins: "Ouvrez la production du vaccin au reste du monde". Évalué à 9. Dernière modification le 09 avril 2021 à 08:01.
Salut,
C'est une excellente question. Si on retire l'affirmation de fin, qui est basée sur une interprétation de certaines informations, elle-même basée sur une estimation faite d'une approche analytique et statistique à postériori. En fait il y a 3 questions qui sont portées en un commentaire, si on met des questions à la place des affirmations, le sujet en valant la peine. Mais c'est déjà tldr de ne regarder que la première.
Spoil : je n'ai pas réponse à apporter.
Alors je vais simplement essayer de participer à élaguer ça en présentant des éléments. En reformulant ta question :
Le pognon.
Actuellement le système économique de la santé (puisque c'est ainsi, je ne porte pas de jugement sur ce système lui même) ne tourne qu'autour d'une rentabilité toujours plus élevée, et l'axe principal pour ça ce sont les brevets. Il n'y a pas d'intérêt économique à chercher dans la pharmacopée existante une réponse à ce nouveau problème, faire cela demande un investissement, encore plus important si on doit croiser des traitements et anciennes molécules.
Si je me refuse à porter un jugement sur le 'système pognon' je peux par contre y voir un biais très important : les brevets tuent la compétition et ralentissent l'innovation. Un système sans brevets ne serait pas exempt de problème, puisqu'il faudrait être capable de rester à l'avant garde de l'innovation pour rester dans la course économique. Un effet de bord à cela est, lui aussi, important : un transfert de la valeur sûre, celle sur laquelle on peut compter à moyen terme, des entreprises de recherche vers les fabricants de matériels.
Encore le pognon.
N'oublions pas que dans les années 80 les mêmes courants contestataires portaient plutôt une dénonciation de, de leur point de vue, l'abandon de la voie vaccinale au privilège économique de la voie thérapeutique. «un vaccin ne rapporte rien, c'est un scandelele.» Si c'est incontestablement vrai pour certains pathogènes cela ne l'est plus du tout pour ce type : un virus, qui plus est un virus à arn à couronne, un truc qui mute très vite, tout le temps mais avec un peu de 'révolution' dans ses mutations. Une cible parfaite pour que la voie vaccinale soit très rentable économiquement. Surtout si la patientèle est mondiale.
L'organisation.
Même avec une excellente approche thérapeutique (je sais pas, je dis des bêtises pour l'exemple, augment tempé salle de soin + apport flux air frais + augment conso eau + antiobio anti gram+ évitant la colonisation des poumons par des bactéries effet secondaire de l'infection virale + soutiens du sys immunitaire) et bien, quelle qu'elle soit elle resterait une approche thérapeutique hospitalière, ou tout du moins ambulatoire avec surveillance médicale. Cette approche thérapeutique ne règlerait pas le problème de la saturation des moyens hospitaliers et médicaux.
Le pragmatisme.
Le développement d'une thérapie qui puisse être délivrée en pharmacie et prise en autonomie, le rêve, et en plus à la frontière entre le préventif et le curatif (un curatif efficace devenant préventif de développement des formes graves) d'un côté, pour un virus tel que cette famille, c'est semble t il long et compliqué. D'un autre côté une technologie déjà balbutiante et très prometteuse, pouvant en plus être adaptée facilement aux éventuels nouveaux variants qui se démarqueraient suffisamment, heureusement assez rares comparés aux nb de mutations, pour échapper à la formule initiale. Le choix est vite fait, le temps avant la mise à disposition d'une réponse penche largement vers l'approche 'vaccinale'. Et c'est une réussite.
C'est aussi une réussite économique pour les entreprises y étant parvenues. Mais on notera que c'est également l'approche choisie par des pays moins soumis aux contraintes économiques (chine, russie, cuba) : on ne peut donc pas "accuser" d'une quelconque main mise politique ou économique sur un choix décisionnel : ce sont bien les scientifiques qui ont, partout, fait les mêmes constats et les mêmes choix. Aucun complot là dedans.
En aparté, la conclusion étant que c'est une belle réussite, en aparté donc, on peut quant même pointer deux éléments importants : la faiblesse de financement de la recherche publique dans nos pays posent deux graves problèmes : a) la recherche privée est adossée à une exigence de rentabilité court-termiste ou bien à un verrouillage du marché par les brevets, souvent un peu des deux, seule elle n'aurait pas été capable. b) cette faiblesse de financement de la recherche publique mène à ce que les experts conseillant le politique soient mécaniquement issus de l'entreprise, donc à des "conflits d'intérêts" évidents ne permettant pas un décisionnel politique libre et éclairé.
Enfin, le modèle économique actuel pour la santé a besoin d'une certaine hauteur de garantie de dégager des bénéfices, or la recherche et le développement coûtent avant de pouvoir trier les potentiels.
= Nous avons, tous, intérêts politique, intérêt public, intérêt économique, nous avons tous intérêt à disposer d'une recherche publique forte et libre.
mes deux cents