Posté par f6k .
En réponse au journal Ados et réseaux sociaux.
Évalué à 8.
Dernière modification le 08 avril 2021 à 13:59.
Je pense que finalement la question n'est peut-êre pas que technique.
Heureusement, j’accède à ses mails (ils sont au courant) et parfois je rectifie le tir.
Personnellement j'ai du mal avec ce genre de choses...
Moi aussi, c’est pour ça, que le compte mail des enfants est sur mon thunderbird, je ne regarde que très rarement, et uniquement le sujet du mail ainsi que l’expéditeur.
Lorsque j'étais jeune ado, j'entretenais une correspondance épistolaire avec une fille qui habitait dans une autre ville. J'ai reçu plusieurs lettres et, un jour, une des lettres avait été ouverte. Je découvrais que ma mère avait cru bon d'ouvrir et de lire ce courrier. C'était pour moi la limite implicite à ne pas dépasser. Qu'elle puisse surveiller de façon général ce qu'il se passe, je pouvais le comprendre et m'en accommoder, mais la lecture de chose que je considérais comme intime, c'était beaucoup trop.
À l'époque, nous habitions dans la partie administrative d'un hôpital. Aussi, mes parents récupéraient le courrier de toute la famille à l'accueil (donc le mien aussi) et nous le distribuait ensuite. Donc ma mère me donnait les lettres qui étaient pour moi ; elle savait ainsi qui m'écrivait et quand. Le jour où elle a ouvert une de mes lettres, la relation de confiance qu'on avait sur ce sujet était pour moi brisée. Je me suis donc arrangé avec le gars de l'accueil pour qu'il détourne tous les courriers qui m'étaient adressés afin que je puisse moi-même le récupérer en main-propre. Et le jour où cela a été mis en place, j'ai compris que je pouvais me faire livrer sans que jamais mes parents ne le sachent (Maman, si tu me lis, je n'en ai pas abusé, promis :P).
Cette petite anecdote montre bien je crois la question n'est finalement pas tant "numérique" que cela (même s'il est évident que les dangers qui y sont liés sont bien plus grands que d'arriver à se faire livrer des revues cochonnes (Non, Maman, calme-toi, je l'ai pas fait, c'est juste un exemple pour démontrer mon propos aux lecteurs de LinuxFr !!).
Plus haut dans le fil, certains ont parlé de confiance et de dialogue (total ou limité, selon les enfants à qui on s'adresse). Je crois que c'est vraiment le noeud du problème. La question est de savoir, en accord avec ses enfants (parce que là, même si on réfute leur possibilité à une "vie privée", il va bien falloir admettre qu'ils en ont une et qu'ils sont probablement prêt à la défendre et à la préserver par tous les moyens), la question, disais-je, est de savoir jusqu'où le contrôle peut aller.
Mes enfants me font confiance pour ça, je ne suis pas sûr que ce soit si mal, sinon, il m’aurait déjà fait remarquer qu’ils étaient contre.
Personnellement je pense que c'est ça. Avec, autant que possible, une éducation autour de l'hygiène numérique.
[^] # Re: 14 et 15 ans.
Posté par f6k . En réponse au journal Ados et réseaux sociaux. Évalué à 8. Dernière modification le 08 avril 2021 à 13:59.
Je pense que finalement la question n'est peut-êre pas que technique.
Lorsque j'étais jeune ado, j'entretenais une correspondance épistolaire avec une fille qui habitait dans une autre ville. J'ai reçu plusieurs lettres et, un jour, une des lettres avait été ouverte. Je découvrais que ma mère avait cru bon d'ouvrir et de lire ce courrier. C'était pour moi la limite implicite à ne pas dépasser. Qu'elle puisse surveiller de façon général ce qu'il se passe, je pouvais le comprendre et m'en accommoder, mais la lecture de chose que je considérais comme intime, c'était beaucoup trop.
À l'époque, nous habitions dans la partie administrative d'un hôpital. Aussi, mes parents récupéraient le courrier de toute la famille à l'accueil (donc le mien aussi) et nous le distribuait ensuite. Donc ma mère me donnait les lettres qui étaient pour moi ; elle savait ainsi qui m'écrivait et quand. Le jour où elle a ouvert une de mes lettres, la relation de confiance qu'on avait sur ce sujet était pour moi brisée. Je me suis donc arrangé avec le gars de l'accueil pour qu'il détourne tous les courriers qui m'étaient adressés afin que je puisse moi-même le récupérer en main-propre. Et le jour où cela a été mis en place, j'ai compris que je pouvais me faire livrer sans que jamais mes parents ne le sachent (Maman, si tu me lis, je n'en ai pas abusé, promis :P).
Cette petite anecdote montre bien je crois la question n'est finalement pas tant "numérique" que cela (même s'il est évident que les dangers qui y sont liés sont bien plus grands que d'arriver à se faire livrer des revues cochonnes (Non, Maman, calme-toi, je l'ai pas fait, c'est juste un exemple pour démontrer mon propos aux lecteurs de LinuxFr !!).
Plus haut dans le fil, certains ont parlé de confiance et de dialogue (total ou limité, selon les enfants à qui on s'adresse). Je crois que c'est vraiment le noeud du problème. La question est de savoir, en accord avec ses enfants (parce que là, même si on réfute leur possibilité à une "vie privée", il va bien falloir admettre qu'ils en ont une et qu'ils sont probablement prêt à la défendre et à la préserver par tous les moyens), la question, disais-je, est de savoir jusqu'où le contrôle peut aller.
Personnellement je pense que c'est ça. Avec, autant que possible, une éducation autour de l'hygiène numérique.