À mon travail, je suis la personne qui, entre autres, résout les problèmes informatiques. Il y a un rapport immédiat et évident entre la distance entre une personne et moi, et la probabilité que la personne me demande de l'aide ou me pose une question1.
S'il faut faire 3 mètres ou me héler pour obtenir mon aide, comme par magie, un problème à régler là tout de suite se met à exister, ou tiens donc, la personne n'est pas autonome pour chercher une solution par elle-même. S'il faut marcher 20 mètres, voire - horreur - monter à l'étage, je vais avoir un mail, ou la personne va trouver sa solution. (à ce stade j'en viens à me demander si ce n'est pas ma proximité qui génère des dysfonctionnements :D).
La messagerie instantanée, c'est la disparition de cette distance. C'est le même phénomène. La barre est tellement basse pour joindre quelqu'un... Mais 90% des messages sont dispensables (à peu près le même ratio que spam/ham pour le mail, tiens !).
Les gros défauts des messageries instantanées :
on communique ligne par ligne, et non idée par idée. La "parole" est interrompue sans cesse, entrecoupées de réactions ou de réponses.
la durée de vie est trop courte : communication synchrone sur un tapis roulant. T'es parti pisser ? Trop tard, on a décidé sans toi.
les réactions sont à chaud. Le format est fait pour ! La possibilité de répondre sans faire d'effort privilégie les autoroutes de pensée.
Deux petits articles chouettes sur le sujet, qui sont également dans les livres Rework et It doesn't have to be crazy at work, de Jason Fried et David Heinemeier Hansson : The Presence Prison et Is group chat making you sweat?
[1] D'ailleurs je m'en sers pour évaluer l'importance d'une demande. La personne s'est déplacé ? C'est sans doute important. La personne m'a alpagué quand je passais derrière elle ? Sans doute une broutille.
# Par facilité
Posté par cg . En réponse au journal À propos du succès des messageries instantanées.. Évalué à 10.
À mon travail, je suis la personne qui, entre autres, résout les problèmes informatiques. Il y a un rapport immédiat et évident entre la distance entre une personne et moi, et la probabilité que la personne me demande de l'aide ou me pose une question1.
S'il faut faire 3 mètres ou me héler pour obtenir mon aide, comme par magie, un problème à régler là tout de suite se met à exister, ou tiens donc, la personne n'est pas autonome pour chercher une solution par elle-même. S'il faut marcher 20 mètres, voire - horreur - monter à l'étage, je vais avoir un mail, ou la personne va trouver sa solution. (à ce stade j'en viens à me demander si ce n'est pas ma proximité qui génère des dysfonctionnements :D).
La messagerie instantanée, c'est la disparition de cette distance. C'est le même phénomène. La barre est tellement basse pour joindre quelqu'un... Mais 90% des messages sont dispensables (à peu près le même ratio que spam/ham pour le mail, tiens !).
Les gros défauts des messageries instantanées :
Deux petits articles chouettes sur le sujet, qui sont également dans les livres Rework et It doesn't have to be crazy at work, de Jason Fried et David Heinemeier Hansson : The Presence Prison et Is group chat making you sweat?
[1] D'ailleurs je m'en sers pour évaluer l'importance d'une demande. La personne s'est déplacé ? C'est sans doute important. La personne m'a alpagué quand je passais derrière elle ? Sans doute une broutille.