Implicitement, le fait de parler de maladie à propos de l'autisme revient à dire qu'au fond il y a une personne "normale" qui a une maladie qui change son comportement pour lui donner ce côté autistique.
C'est la vision de l'autisme qui a prévalu pendant des décennies, notamment propagée par Bruno Bettelheim dans son livre La Forteresse Vide qui dit que l'autisme provient d'une relation défectueuse entre la mère et l'enfant. Cette vision, qui a encore des traces aujourd'hui en France, a fait énormément de mal parmi les autistes et leur entourage. Les parents étaient pointés du doigt comme les responsables, et c'est eux qui étaient traités et non pas les enfants.
Depuis les progrès de la médecine, notamment l'imagerie du cerveau, ont permis d'établir sans ambiguïté que la cause de l'autisme est neurologique et non pas psychologique. L'origine et les mécanismes sont encore flous mais la cause neurologique ne fait aucun doute.
Le fait de parler de maladie renvoie donc à cette vision. Cela revient à nier la personne telle qu'elle est en laissant entendre qu'il y a une personne "normale" derrière la maladie, et qu'en guérissant cette dernière on pourrait retrouver cette personne enfouie. L'autisme fait partie intégrante de la personne, au même titre que la couleur de la peau ou des yeux. Derrière une peau noire il n'y a pas de peau blanche cachée ou inversement.
Les autistes préfèrent donc parler de handicap plutôt que maladie. Leur fonctionnement les rend inadaptés à leur environnement et les oblige à faire plus d'efforts pour arriver au même niveau. La définition même d'un handicap.
Quant au débat, au sein de la communauté autistique il n'y en a pas. Je n'ai jamais vu personne remettre en cause cette idée que l'autisme n'est pas une maladie. Certains n'y accordent aucune importance, d'autre y en accordent une grande, mais personne ne le remet en cause. Le débat n'a lieu qu'en dehors de la communauté avec des gens qui demandent pourquoi ne pas utiliser le terme de maladie, comme tu le fait. Et je n'ai aucun doute qu'il n'y a aucune volonté de blesser de ta part, juste une question qui est légitime. Mais pour certains autistes cela touche une corde sensible qui les fait réagir.
Et à ce sujet il y a un autre débat plus houleux qui a lieu, surtout aux USA. Les SJW tiennent absolument à ce que le terme utilisé pour les handicapés soit du genre "person with..." donc par exemple pour l'autisme "a person with autism" plutôt que "an autist". L'idée de base étant de considérer que les handicapés sont avant tout des êtres humains comme les autres et ne doivent pas être définis par leur handicap. C'est idée louable à la base, mais comme souvent les SJW poussent ça à l'extrême ce qui peut amener à des situations absurdes.
Par exemple le fait de vouloir avant tout considérer la personne et non le handicap, donc de considérer ce dernier comme une simple particularité à laquelle il ne faut pas faire attention peut amener à nier le handicap au final. Ce qui pour le coup est un profond manque de respect envers les handicapés et peut leur poser de gros problèmes.
Pour les autistes, pour les même raisons qu'ils n'aiment pas le terme de maladie ils n'aiment pas le terme de "person with autism". Car là aussi cela laisse entendre qu'il y a une personne normale avec une couche d'autisme par dessus. On arrive donc à des cas ou des SJW demandent à canceller des autistes qui refusent ce terme pour cause de validisme.
[^] # Re: résumé
Posté par laerdan . En réponse au journal La pétition anti Stallman, anti FSF, anti GPL. Évalué à 9.
Implicitement, le fait de parler de maladie à propos de l'autisme revient à dire qu'au fond il y a une personne "normale" qui a une maladie qui change son comportement pour lui donner ce côté autistique.
C'est la vision de l'autisme qui a prévalu pendant des décennies, notamment propagée par Bruno Bettelheim dans son livre La Forteresse Vide qui dit que l'autisme provient d'une relation défectueuse entre la mère et l'enfant. Cette vision, qui a encore des traces aujourd'hui en France, a fait énormément de mal parmi les autistes et leur entourage. Les parents étaient pointés du doigt comme les responsables, et c'est eux qui étaient traités et non pas les enfants.
Depuis les progrès de la médecine, notamment l'imagerie du cerveau, ont permis d'établir sans ambiguïté que la cause de l'autisme est neurologique et non pas psychologique. L'origine et les mécanismes sont encore flous mais la cause neurologique ne fait aucun doute.
Le fait de parler de maladie renvoie donc à cette vision. Cela revient à nier la personne telle qu'elle est en laissant entendre qu'il y a une personne "normale" derrière la maladie, et qu'en guérissant cette dernière on pourrait retrouver cette personne enfouie. L'autisme fait partie intégrante de la personne, au même titre que la couleur de la peau ou des yeux. Derrière une peau noire il n'y a pas de peau blanche cachée ou inversement.
Les autistes préfèrent donc parler de handicap plutôt que maladie. Leur fonctionnement les rend inadaptés à leur environnement et les oblige à faire plus d'efforts pour arriver au même niveau. La définition même d'un handicap.
Quant au débat, au sein de la communauté autistique il n'y en a pas. Je n'ai jamais vu personne remettre en cause cette idée que l'autisme n'est pas une maladie. Certains n'y accordent aucune importance, d'autre y en accordent une grande, mais personne ne le remet en cause. Le débat n'a lieu qu'en dehors de la communauté avec des gens qui demandent pourquoi ne pas utiliser le terme de maladie, comme tu le fait. Et je n'ai aucun doute qu'il n'y a aucune volonté de blesser de ta part, juste une question qui est légitime. Mais pour certains autistes cela touche une corde sensible qui les fait réagir.
Et à ce sujet il y a un autre débat plus houleux qui a lieu, surtout aux USA. Les SJW tiennent absolument à ce que le terme utilisé pour les handicapés soit du genre "person with..." donc par exemple pour l'autisme "a person with autism" plutôt que "an autist". L'idée de base étant de considérer que les handicapés sont avant tout des êtres humains comme les autres et ne doivent pas être définis par leur handicap. C'est idée louable à la base, mais comme souvent les SJW poussent ça à l'extrême ce qui peut amener à des situations absurdes.
Par exemple le fait de vouloir avant tout considérer la personne et non le handicap, donc de considérer ce dernier comme une simple particularité à laquelle il ne faut pas faire attention peut amener à nier le handicap au final. Ce qui pour le coup est un profond manque de respect envers les handicapés et peut leur poser de gros problèmes.
Pour les autistes, pour les même raisons qu'ils n'aiment pas le terme de maladie ils n'aiment pas le terme de "person with autism". Car là aussi cela laisse entendre qu'il y a une personne normale avec une couche d'autisme par dessus. On arrive donc à des cas ou des SJW demandent à canceller des autistes qui refusent ce terme pour cause de validisme.