• # résumé

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal La pétition anti Stallman, anti FSF, anti GPL. Évalué à 10.

    Je crois que beaucoup oublient de dire que le but n’est pas de mettre RMS en prison ou de lui interdire de dire son opinion. Le but est de ne plus accepter qu’il représente des millions de personnes qui se reconnaissent dans la quête éthique du logiciel libre.

    Ce n’est pas nouveau, cela fait 20 ans que c’est le cas. J’ai même posté sur mon propre blog il y’a exactement 15 ans, suite à ma première rencontre avec RMS, à quel point il m’avait choqué (injurieux avec une femme qui avait le malheur d’avoir un bébé, extrêmement injurieux devant tout un auditoire avec une personne qui avait le malheur d’avoir un accent étranger).

    Or, à partir du moment où ta personne est associée avec un mouvement éthique, il faut au moins tenter d’être éthiquement irréprochable ou au moins correct. RMS n’essaie même pas et n’a jamais essayé. Cela ne posait pas problème lorsque la liberté du logiciel était de toutes façons un problème d’hommes blancs relativement riches (parce que c’était l’univers de l’informatique à l’époque, ça l’est peut-être encore mais c’est un autre débat). Ou, du moins, ça posait parfois problème mais tout le monde fermait sa gueule (ce qui est un peu une constante que les BLM et Metoo essaient justement de combattre).

    Alors, certes, il y’a et aura certainement des excès où BLM/Metoo iront trop loin. (mais après des millénaires à s’en prendre plein la gueule structurellement de la part des hommes blancs/riches/catholiques/hétéros, c’est quand même un peu normal que l’ajustement ne soit pas immédiatement parfait). Il n’en reste pas moins que tout ces mouvements sont nécessaires.

    Face à cela, est-ce que RMS se prend de plein fouet un "excès" ou est-ce qu’il mérite ce qu’il lui arrive ? Je n’en sais rien car je ne connais pas assez les faits.

    Par contre, il y’a un consensus assez fort chez tout ceux qui ont eu affaire à RMS qu’il n’est clairement plus approprié comme personnage pour représenter les utilisateurs de logiciels libres. Ce problème était latent et devient encore plus flagrant avec les changements (bienvenus) que connaît notre société.

    C’est d’ailleurs pour cette raison que RMS a démissionné. Il ne semble pas capable ou ne pas vouloir s’adapter à un nouveau mode de fonctionnement de la société (ce qui est son droit) et sa démission en 2019 me semblait donc parfaitement justifiée (peu importe la raison finale, ce n’était qu’une goutte d’eau mais elle a fait débordé le vase).

    Ici, ce qui est très perturbant, c’est que sans le moindre mea culpa, sans la moindre trace d’une évolution de RMS, celui annonce que, paf, il revient dans le board de la FSF, ce qui lui donne une légitimité pour représenter des millions de personnes. RMS dit toujours qu’on l’a mal compris. Voyez le contre-exemple avec Linus Torvalds qui, alors qu’il agissait comme un pourri sur la LKML (un drôle de pourri, dont on se pourléchait à l’avance des messages), a annoncé prendre conscience de ses erreurs et faire tout ce qu’il pouvait pour changer cette manière de fonctionner.

    Objectivement, ça ne changera rien à nos vies que RMS revienne. Mais, symboliquement, le signal est très fort : il signifie que RMS est indéboulonnable et qu’il peut faire ce qu’il veut parce que c’est lui le fondateur. C’est quand même très dommageable pour l’image et la pérénité du mouvement.

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