Effectivement, si on résume tout à l'esclavage, tout est lié à l'esclavage.
On peut aussi noter que les états du sud des États-Unis ne sont plus peuplés de planteurs de coton esclavagistes. Par contre les conflits entre un état fédéral perçu comme autoritaire et les états fédérés est bien ancré dans la culture locale d'un certain nombre d'endroits du pays.
On peut d'ailleurs remarquer que les sécessionnistes à l'époque créent une confédération et non une nouvelle fédération. Et que lorsque ces États ont voulu faire sécession ils n'ont pas pu et que cela a mené à la guerre. On peut disserter sur les questions légales, sur comment la sécession aurait pu se passer, si elle aurait dû être autorisée ou non, si tu considères la guerre comme juste ou non, mais on peut aussi se rappeler que les États-Unis sont un état fédéral, fondé moins d'un siècle auparavant sur la rébellion d'une colonie contre un contrôle par l'Angleterre considéré comme injuste. Même au sein de la fédération actuelle, les états ont un certain pouvoir et ils voient facilement d'un très mauvais œil le fait de perdre leur autonomie ou leur capacité à décider de ceci ou cela (quelle qu'en soit la raison, les exemples d'états qui décident de contrer (légalement) la politique fédérale sur différents sujets ne manquant pas). On pourrait également citer le système de vote par grands électeurs, les grands électeurs représentant tous la majorité des votes de l'état, la plupart du temps.
Les états des États-Unis sont plus ou moins autonomes, certains plus que d'autres, pour différentes raisons, et un certain nombre de personnes voient d'un assez mauvais œil ce qui leur paraît un contrôle de l'état central sur leur vie, ce qu'ils perçoivent comme une assimilation culturelle, économique ou politique par un pouvoir central distant. C'était comme ça à l'époque, ça l'est peut-être un peu moins mais ça n'a pas disparu.
Quand tu parles d'ériger des statues en l'honneur de gens qui ont déclenché une guerre civile, tu oublies ces questions : l'union entre les états des États-Unis n'a jamais été évidente, surtout moins d'un siècle après la constitution du pays. Et les états du sud se seraient sans doute contentés d'une sécession sans guerre civile (au minimum leur attribuer la seule responsabilité de la guerre est assez osé ; le nombre de morts aussi, la moitié étant dans leur camp). La question du pouvoir local et à quel prix les états sont unis était une question cruciale, et les traces n'ont pas disparu. L'opposition entre les planteurs du sud et les industriels du nord (même si c'est simplificateur) est aussi compréhensible. Tu résumes ça à "conserver leur droit à posséder des etres humains et les traiter comme de la marchandise", tu oublies que l'abolition de l'esclavage n'a pas été simple en Europe non plus, même quand le pouvoir y était favorable : un gouvernement lointain situé dans un endroit qui n'a pas les mêmes problèmes économiques et qui décide d'une modification potentiellement brutale (on ne sait pas comment ça se serait passé sans la guerre) de la structure politique et économique d'une région, ça ne passe jamais très bien. Et même en condamnant l'esclavage (mais c'est facile en 2021) on peut comprendre pourquoi, notamment le fait les mêmes gens qui bénéficient de ta production se fichent plus ou moins de comment c'est produit puis décident du jour au lendemain (d'un point de vue légal) que c'est mal et détruisent l'économie locale (pas seulement les plantations, par ricochet) sans forcément se préoccuper assez des conséquences. Et si ces événements ont laissé des traces dans un certain nombre d'états ce n'est pas forcément à cause de l'esclavage, c'est aussi une question plus vaste et qui n'a pas disparu encore aujourd'hui aux États-Unis.
[^] # Re: Est-ce un problème?
Posté par ylsul . En réponse au journal Adieu vieille branche. Évalué à 10.
Effectivement, si on résume tout à l'esclavage, tout est lié à l'esclavage.
On peut aussi noter que les états du sud des États-Unis ne sont plus peuplés de planteurs de coton esclavagistes. Par contre les conflits entre un état fédéral perçu comme autoritaire et les états fédérés est bien ancré dans la culture locale d'un certain nombre d'endroits du pays.
On peut d'ailleurs remarquer que les sécessionnistes à l'époque créent une confédération et non une nouvelle fédération. Et que lorsque ces États ont voulu faire sécession ils n'ont pas pu et que cela a mené à la guerre. On peut disserter sur les questions légales, sur comment la sécession aurait pu se passer, si elle aurait dû être autorisée ou non, si tu considères la guerre comme juste ou non, mais on peut aussi se rappeler que les États-Unis sont un état fédéral, fondé moins d'un siècle auparavant sur la rébellion d'une colonie contre un contrôle par l'Angleterre considéré comme injuste. Même au sein de la fédération actuelle, les états ont un certain pouvoir et ils voient facilement d'un très mauvais œil le fait de perdre leur autonomie ou leur capacité à décider de ceci ou cela (quelle qu'en soit la raison, les exemples d'états qui décident de contrer (légalement) la politique fédérale sur différents sujets ne manquant pas). On pourrait également citer le système de vote par grands électeurs, les grands électeurs représentant tous la majorité des votes de l'état, la plupart du temps.
Les états des États-Unis sont plus ou moins autonomes, certains plus que d'autres, pour différentes raisons, et un certain nombre de personnes voient d'un assez mauvais œil ce qui leur paraît un contrôle de l'état central sur leur vie, ce qu'ils perçoivent comme une assimilation culturelle, économique ou politique par un pouvoir central distant. C'était comme ça à l'époque, ça l'est peut-être un peu moins mais ça n'a pas disparu.
Quand tu parles d'ériger des statues en l'honneur de gens qui ont déclenché une guerre civile, tu oublies ces questions : l'union entre les états des États-Unis n'a jamais été évidente, surtout moins d'un siècle après la constitution du pays. Et les états du sud se seraient sans doute contentés d'une sécession sans guerre civile (au minimum leur attribuer la seule responsabilité de la guerre est assez osé ; le nombre de morts aussi, la moitié étant dans leur camp). La question du pouvoir local et à quel prix les états sont unis était une question cruciale, et les traces n'ont pas disparu. L'opposition entre les planteurs du sud et les industriels du nord (même si c'est simplificateur) est aussi compréhensible. Tu résumes ça à "conserver leur droit à posséder des etres humains et les traiter comme de la marchandise", tu oublies que l'abolition de l'esclavage n'a pas été simple en Europe non plus, même quand le pouvoir y était favorable : un gouvernement lointain situé dans un endroit qui n'a pas les mêmes problèmes économiques et qui décide d'une modification potentiellement brutale (on ne sait pas comment ça se serait passé sans la guerre) de la structure politique et économique d'une région, ça ne passe jamais très bien. Et même en condamnant l'esclavage (mais c'est facile en 2021) on peut comprendre pourquoi, notamment le fait les mêmes gens qui bénéficient de ta production se fichent plus ou moins de comment c'est produit puis décident du jour au lendemain (d'un point de vue légal) que c'est mal et détruisent l'économie locale (pas seulement les plantations, par ricochet) sans forcément se préoccuper assez des conséquences. Et si ces événements ont laissé des traces dans un certain nombre d'états ce n'est pas forcément à cause de l'esclavage, c'est aussi une question plus vaste et qui n'a pas disparu encore aujourd'hui aux États-Unis.