• [^] # Re: Et à quand un format cinéma libre? 😉

    Posté par . En réponse à la dépêche FFV1, un format vidéo sans perte et libre, normalisé à l'IETF. Évalué à 5.

    Et à quand un format cinéma libre? 😉

    Devant ce titre, c'est laisser supposer que le format DCP est un format propriétaire. Ce qui est le plus éloigné de la vérité. Les spécifications DCI sont disponibles à tous (cf. https://www.dcimovies.com/) [on pourra rétorquer qu'il faut aussi les docs SMPTE, il est vrai, c'est casse-bonbon, même pour moi]

    Genre le cinéma (imaginez de vilains artefacts sur votre écran de cinéma géants).

    Des artefacts sur un écran cinéma ?
    En sachant que le JPEG2000 est wavelet, je comprends pas ce que tu as voulu dire.
    (ou alors tu parles des projections MPEG/H264/265 qui sont en dehors du cinéma numérique)

    les fichiers sont simplement trop lourds, donc impossible de décompresser en temps réel 24 (ou pire 30) images par seconde.

    Je le fais depuis mon modeste portable.
    Il suffit pour cela de choisir un autre layer de résolution.

    avec (j'imagine) du décodage hardware.

    Oui, c'est du FPGA la plupart du temps, une carte dédiée à la décompression JPEG2000 et une autre partie pour la partie cryptographique (ceci dit, j'ai bien vu un player tout faire directement via le CPU directement...)

    à quand un format libre pour le cinéma où on remplacerait le JPEG2000 par du FFV1? Ça pourrait même être le même conteneur DCP sauf que les canaux vidéos seraient FFV1. Je pense que la question serait très politique (lobbying du cinéma)

    C'est la même question que depuis 15 ans: "mais pourquoi le MXF DCI/DCP gère pas plus de format" (déjà le MXF le fait, on peut mettre d'autres format).

    Il existe plusieurs réponses à cela:

    1. Le format DCP se voulait être clair et précis: ne pas reprendre les erreurs du e-cinema (pre-d-cinema, donc avant 2005): celui d'avoir plusieurs formats possibles mais provoquant de multiples noeuds dans le cerveau pour la filière: Un cinéma qui peut gérer du MPEG ne pourra peut-être pas gérer du H264, et inversement (et là, je parle que de deux formats). Les distributeurs devront alors demander à chaque cinéma "quels formats tu supportes ?" en supposant que le projectionniste ou l'exploitant saura y répondre. (ou alors passer le relai au labo qui devra contacter chaque cinéma pour chaque release).

    2. Cela coûte plus cher: supporter plus de format a un coût. Que ce soit en maintenance (les upgrades logiciels/hardwares) mais aussi côté distributeur et laboratoire: Il faudrait donc X versions d'un DCP pour gérer l'ensemble des formats possibles. Cela n'est pas possible ni viable sur la longueur.

    3. Eviter la fuite en avant d'upgrade: C'est le principal reproche qu'on a eu dès 2005-2006: "Ouiiii mais vos truuuuucs, faudra tout le temps faire des mises-à-jour, avec le 35, c'était plus simple". Certes, mais bon, techniquement, un DCP de 2006 marche encode sur un projecteur de maintenant (et normalement un DCP de 2021 [Interop] devrait marcher sur un player DCP/DCI de 2006...)

    La question du lobbying est un peu galvauder: les distributeurs/exploitants s'en foutent un peu, les studios aussi; les labos idem. Tout ce qu'on veut c'est avoir un workflow stable sur la durée. Et le but du DCI, c'était de créer un format utilisable par tous et pour tous et sans être emmerdé par une société qui pourrait faire pression (à l'époque, on voulait éviter que Microsoft y fasse main-basse)

    VPF pour aider financièrement les petites salles à se numériser

    Les plus petites salles n'ont pas eu de VPF (dans le sens classique).
    Mais c'est une autre histoire (et celle là est très politique)

    Et c'est sûr que c'est toujours plus intéressant d'avoir des formats libres.

    En règle général ou pour le cinéma ? (en règle général oui)

    Pour le cinéma ? hmmmm; un DCP c'est surtout du XML, de la cryptographie classique et approuvée, du PNG, du WAV/PCM, un gros container tout simpliste (MXF) qu'avec 5-6 lignes de python, tu le parses dans les grandes lignes.

    On peut revenir sur le JPEG2000 mais tous les contributeurs qui ont participé et/ou des patents dessus (sur les premières 'Parts') ont clairement annoncé renoncer à faire quoique ce soit dessus - et pour ainsi dire, je vais être même plus radical, s'il n'y avait pas eu du JPEG2000, j'aurais peut-être milité pour du DPX ou OpenEXR directement, (voirement même un encodage direct des pixels RGB ou XYZ en 12 ou 16 bits directement dans les Picture Essence du MXF, donc Lossless), mais bon, la taille des DCP après...

    Depuis 2005, j'ai fait des tonnes de DCP avec mon popre code ou avec des outils opensources (et je parle pas des outils de maintenant comme opendcp ou dcpomatic, à l'époque, il n'existait pas). A l'époque, on le faisait à coup de script shell, openssl, imagemagick et OpenJPEG.

    Et puis, c'est pas comme si dans les specs DCI et CTP, on voyait pas des morceaux de code source en C pour aider aux implémentations.

    Tu me diras "tu parles interopérabilité, pas de format libre", pourtant, le format DCP est très libre. Tous le monde a pu coder des trucs dessus, le réutiliser, en faire ce qu'ils voulaient (même rajouter des trucs dedans sans être inquiété et je parle en connaissance de causes), que ce soit pour des solutions pro(priétaire) comme des solutions opensources. Et de cette expérience assez heureuse, on l'a poussé jusqu'à développer son petit frère l'IMF - avec ses propres extensions et - miracle - la possibilité d'avoir d'autres formats dans les containers MXF (oui, n'avoir que du JPEG2000 non-lossless, c'est pas top pour l'archivage)

    Désolé d'être un peu tendu sur la question, c'est juste que le débat "le cinéma numérique, c'est caca car pas libre, je l'entends depuis 2005 avec toujours les mêmes arguments.