Bah de mon côté ça fait environ 20 ans que je me suis plus fais chier à installer autre chose qu'une Slackware.
En fait tu as deux vision du Slacker : le stable et le current.
Le Slacker stable il pense un peu comme ça :
J'installe ma Slackware stable (14.2 aujourd'hui, bientôt 15.0), c'est toujours pareil, aucune surprise, une passe de mises à jour pour mettre tous les patchs de sécurité (142 paquets hors kernel, là ça commence à faire pas mal après cinq ans), le paramétrage de base (clavier pour X, langue du système...).
Et là, tu commences à personnaliser, les mains dans le cambouis (configure && make && make install) ou pas (sbo install), tu en fais ce que tu veux.
Par rapport à une gentoo, tu as ton système 100% utilisable en 30 minutes, sans efforts, et après tu joues avec des scripts de build pour tes paquets supplémentaires. Tu connais la base qui ne va pas changer sous tes pieds, c'est d'une très grande stabilité, ta seule préoccupation c'est ce que tu mets au dessus, ce qui t'intéresse personnellement, ce qui n'est pas générique.
Générique ce sont les 1500 paquets de base, sachant que Slackware ne découpe pas MySQL en un paquet client, server, devel, etc. Il y a un seul paquet MariaDB, donc 1500 paquets Slackware peuvent valoir un truc comme 2000 à 2500 paquets Debian, au pifomètre.
Tu ne te poses à peu près jamais la question de savoir si une mise à jour va péter ton système, la réponse est non. Mais tu ne restes pas non plus avec par exemple un firefox d'il y a cinq ans (FF 45.2) : la Slackware 14.2 le met à jour avec la dernière version ESR (68.12 aujourd'hui). Le kernel est sur une version avec support à long terme (ESR), passé de 4.4.14 à 4.4.240 en 5 ans.
Le maître-mot : la stabilité.
Le Slacker current lui, il a une distribution en rolling-release, avec des mises à jour très régulières, qui peuvent péter des trucs parfois, en particulier les paquets supplémentaires que tu as compilé aux petits oignons avec tes slackbuilds. Mais il est super à jour, il va voir arriver des nouveautés très tôt. Et avec toujours cette base réduite (mais assez large quand même), ça reste très stable.
Ça demande plus de travail, mais c'est toujours le cas avec une rolling-release !
La sortie d'une nouvelle version stable, ce sont les astres qui sont alignés, et tous les Slackers au même endroit !
Mais bon, à part ça - la stabilité et la simplicité de la Slackware de base - pourquoi Slackware ?
Pourquoi pas une pure compilée à la Gentoo, ou LFS, ou une autre avec vraiment plein de paquets comme Debian ?
Pour moi, c'est l'équilibre et la liberté.
La Slackware ne fait pas de choix pour toi : un paquet Slackware s'installe et se paramètre de la façon dont les auteurs du logiciels l'ont prévus. Pour avoir de la doc sur Apache/Slackware, il suffit de lire la doc Apache, pour la doc MariaDB/Slackware ? C'est MariaDB.
Ça fait une différence avec l'univers Debian qui essaie d'avoir une harmonie dans la façon de gérer tous les logiciels, et où le paramétrage de tel ou tel logiciel doit se faire à-la-Debian. Il faut paramétrer le logiciel pour Debian.
C'est la raison pour laquelle on a tendance à dire que quand tu apprends Debian, tu connais Debian, mais quand tu apprends Slackware, tu connais Linux.
Comparée à une LFS, tu as cette étape de 30 minutes pour installer la base de ton système, 1500 paquets, et un OS stable et parfaitement utilisable. En général bien plus complet que beaucoup d'autres distributions qui vont installer une base encore plus réduite, mais te donner accès à un magasin de paquets plus large: après l'installation, il faudra réinstaller les trucs dont tu as l'habitude, rechercher dans la liste, tout remettre d'aplomb.
Sous Slackware, tu as cette base qui te fait gagner plein de temps.
Et les paquets supplémentaires alors ?
Là il y a deux choix : les dépôts annexes, comme ceux d'AlienBob, en particulier le multilib, qui permet de basculer ta Slackware64 en une distribution multilib capable de faire tourner des logiciels 32 bits.
Ou alors Slackbuilds.org.
C'est un dépôt d'environ 8000 scripts, permettant de construire un paquet Slackware à partir des sources officielles d'un projet.
Alors sur les 8000, on n'en a pas 8000 parfaitement maintenus et à jours, la qualité moyenne n'est pas forcément celle d'une Archlinux ou d'une Debian. Mais en triant les paquets obsolètes ou non maintenus, ça fait quand même un gros tas de logiciels, dans lequel on va trouver facilement les trucs les plus courants auxquels on peut penser.
0ad, Wesnoth, Freeciv, Warzone2100, Unvanquished, Tremulous ? Tu peux avoir les dernières versions une semaine après leur sortie, ou immédiatement si tu modifie toi-même le Slackbuild (par exemple VERSION=2.6.4 ./freeciv.Slackbuild, et hop tu crées le paquet Freeciv en version 2.6.4 à la minute où tu vois l'info comme quoi elle est sortie ! Bon jeu :) )
Et c'est stable aussi Slackbuilds.org, puisque les scripts sont conçus pour tourner sur une Slackware stable, ça veut dire qu'on s'appuie sur cette base stable pour construire des trucs en général très à jour, en mode rolling-release, et qui vont fonctionner partout, puisque la base est la même partout chez les Slackers Stables.
Et donc tu construits tes paquets et tu les installes, il te suffit de conserver tes fichiers de paquets pour réinstaller une machine à l'identique avec tes propres choix logiciels, en une ligne de commande (upgradepkg --install-new *.txz).
Et pour les Slackers Current, il y a le dépôt de Ponce : des modifications des slackbuilds qui ne fonctionnent pas sur -current, pour que ça marche aussi, mais là il ne faut pas avoir peur de mettre les mains dans le cambouis.
Typiquement, j'ai toujours avec moi une clé USB bootable avec une Slackware 14.2, et une partition à côté avec les mises à jours des patchs stables, et mes paquets persos.
Une installation passe donc par l'installation de base, la mise à jour des patchs et logiciels supplémentaires, le paramétrage de slackpkg (l'apt-get de slackware) pour aller chercher les dernières mises à jour en ligne.
L'équilibre ?
Ben oui, entre conservatisme et bleeding-edge.
Typiquement, lors de la sortie de la 14.2, systemd c'était pas encore le truc à la mode.
Donc même patchée jusqu'au bout, la Slackware stable elle est systemd-free.
Un bien, un mal ?
Personne ne t'a forcé la main en tout cas, et tu n'as pas eu à changer tes habitudes en 5 ans.
Des changements majeurs comme ça, il y en a, entre les versions stables, dans la current, qui va péter des trucs quand il va y avoir des expérimentations sur tel ou tel composant central qu'on envisage de modifier.
Spoiler : la 15.0 sera aussi sans systemd, parce que tout le monde s'en fout de systemd, si tu veux systemd il y a deux-cent-cinquante autres distribs qui le proposent, et systemd casse le principe fondamental de dire qu'un paquet Slackware s'installe et se paramètre comme les auteurs du logiciel l'ont prévu.
Et... ça n'a aucune importance en vrai.
Par contre la 15.0 va être super à jour, avec un KDE et un XFCE dernière version, un gimp 2.10.22, python 3.9, gcc 10, bref, tout très à jour.
Équilibre aussi entre simplicité et cambouis.
Rester sur une -14.2, utiliser sbotools pour maintenir ses slackbuilds supplémentaires, ou se contenter d'un dépôt binaire d'une autre personne, c'est deux outils à connaître : slackpkg et sbotools, voilà pour l'administration, simple.
Mais les Slackbuilds ce sont des scripts, on peut les modifier pour changer le comportement, les options, tout ce qu'on veut, en maintenir soi-même : la marche à l'entrée n'est pas très haute pour devenir mainteneur de Slackbuilds. Et on peut vivre dangereusement en -current aussi.
Là le fossé est assez important, parce que 5 ans, c'est du jamais vu dans l'histoire de la Slackware. On avait plutôt une version tous les six mois ou un an avant ça.
Donc elle est très attendue la 15.0.
Mais les Slackers Current y sont déjà.
Et environ un mois après sa sortie (parce que là il y a du boulot), les 8000 Slackbuilds compileront dessus.
Mes propres Slackbuilds (j'en ai une soixantaine) sont déjà quasiment prêts, compatibles 14.2 et 15.0, ou prêts à être mis à jour.
Voilà un peu mon univers Slackware, sa position, et pourquoi je m'y plais !
[^] # Re: Une grande inconnue
Posté par Yth (Mastodon) . En réponse au journal Slackware 15 en approche ?. Évalué à 10.
Bah de mon côté ça fait environ 20 ans que je me suis plus fais chier à installer autre chose qu'une Slackware.
En fait tu as deux vision du Slacker : le stable et le current.
Le Slacker stable il pense un peu comme ça :
J'installe ma Slackware stable (14.2 aujourd'hui, bientôt 15.0), c'est toujours pareil, aucune surprise, une passe de mises à jour pour mettre tous les patchs de sécurité (142 paquets hors kernel, là ça commence à faire pas mal après cinq ans), le paramétrage de base (clavier pour X, langue du système...).
Et là, tu commences à personnaliser, les mains dans le cambouis (configure && make && make install) ou pas (sbo install), tu en fais ce que tu veux.
Par rapport à une gentoo, tu as ton système 100% utilisable en 30 minutes, sans efforts, et après tu joues avec des scripts de build pour tes paquets supplémentaires. Tu connais la base qui ne va pas changer sous tes pieds, c'est d'une très grande stabilité, ta seule préoccupation c'est ce que tu mets au dessus, ce qui t'intéresse personnellement, ce qui n'est pas générique.
Générique ce sont les 1500 paquets de base, sachant que Slackware ne découpe pas MySQL en un paquet client, server, devel, etc. Il y a un seul paquet MariaDB, donc 1500 paquets Slackware peuvent valoir un truc comme 2000 à 2500 paquets Debian, au pifomètre.
Tu ne te poses à peu près jamais la question de savoir si une mise à jour va péter ton système, la réponse est non. Mais tu ne restes pas non plus avec par exemple un firefox d'il y a cinq ans (FF 45.2) : la Slackware 14.2 le met à jour avec la dernière version ESR (68.12 aujourd'hui). Le kernel est sur une version avec support à long terme (ESR), passé de 4.4.14 à 4.4.240 en 5 ans.
Le maître-mot : la stabilité.
Le Slacker current lui, il a une distribution en rolling-release, avec des mises à jour très régulières, qui peuvent péter des trucs parfois, en particulier les paquets supplémentaires que tu as compilé aux petits oignons avec tes slackbuilds. Mais il est super à jour, il va voir arriver des nouveautés très tôt. Et avec toujours cette base réduite (mais assez large quand même), ça reste très stable.
Ça demande plus de travail, mais c'est toujours le cas avec une rolling-release !
La sortie d'une nouvelle version stable, ce sont les astres qui sont alignés, et tous les Slackers au même endroit !
Mais bon, à part ça - la stabilité et la simplicité de la Slackware de base - pourquoi Slackware ?
Pourquoi pas une pure compilée à la Gentoo, ou LFS, ou une autre avec vraiment plein de paquets comme Debian ?
Pour moi, c'est l'équilibre et la liberté.
La Slackware ne fait pas de choix pour toi : un paquet Slackware s'installe et se paramètre de la façon dont les auteurs du logiciels l'ont prévus. Pour avoir de la doc sur Apache/Slackware, il suffit de lire la doc Apache, pour la doc MariaDB/Slackware ? C'est MariaDB.
Ça fait une différence avec l'univers Debian qui essaie d'avoir une harmonie dans la façon de gérer tous les logiciels, et où le paramétrage de tel ou tel logiciel doit se faire à-la-Debian. Il faut paramétrer le logiciel pour Debian.
C'est la raison pour laquelle on a tendance à dire que quand tu apprends Debian, tu connais Debian, mais quand tu apprends Slackware, tu connais Linux.
Comparée à une LFS, tu as cette étape de 30 minutes pour installer la base de ton système, 1500 paquets, et un OS stable et parfaitement utilisable. En général bien plus complet que beaucoup d'autres distributions qui vont installer une base encore plus réduite, mais te donner accès à un magasin de paquets plus large: après l'installation, il faudra réinstaller les trucs dont tu as l'habitude, rechercher dans la liste, tout remettre d'aplomb.
Sous Slackware, tu as cette base qui te fait gagner plein de temps.
Et les paquets supplémentaires alors ?
Là il y a deux choix : les dépôts annexes, comme ceux d'AlienBob, en particulier le multilib, qui permet de basculer ta Slackware64 en une distribution multilib capable de faire tourner des logiciels 32 bits.
Ou alors Slackbuilds.org.
C'est un dépôt d'environ 8000 scripts, permettant de construire un paquet Slackware à partir des sources officielles d'un projet.
Alors sur les 8000, on n'en a pas 8000 parfaitement maintenus et à jours, la qualité moyenne n'est pas forcément celle d'une Archlinux ou d'une Debian. Mais en triant les paquets obsolètes ou non maintenus, ça fait quand même un gros tas de logiciels, dans lequel on va trouver facilement les trucs les plus courants auxquels on peut penser.
0ad, Wesnoth, Freeciv, Warzone2100, Unvanquished, Tremulous ? Tu peux avoir les dernières versions une semaine après leur sortie, ou immédiatement si tu modifie toi-même le Slackbuild (par exemple VERSION=2.6.4 ./freeciv.Slackbuild, et hop tu crées le paquet Freeciv en version 2.6.4 à la minute où tu vois l'info comme quoi elle est sortie ! Bon jeu :) )
Et c'est stable aussi Slackbuilds.org, puisque les scripts sont conçus pour tourner sur une Slackware stable, ça veut dire qu'on s'appuie sur cette base stable pour construire des trucs en général très à jour, en mode rolling-release, et qui vont fonctionner partout, puisque la base est la même partout chez les Slackers Stables.
Et donc tu construits tes paquets et tu les installes, il te suffit de conserver tes fichiers de paquets pour réinstaller une machine à l'identique avec tes propres choix logiciels, en une ligne de commande (upgradepkg --install-new *.txz).
Et pour les Slackers Current, il y a le dépôt de Ponce : des modifications des slackbuilds qui ne fonctionnent pas sur -current, pour que ça marche aussi, mais là il ne faut pas avoir peur de mettre les mains dans le cambouis.
Typiquement, j'ai toujours avec moi une clé USB bootable avec une Slackware 14.2, et une partition à côté avec les mises à jours des patchs stables, et mes paquets persos.
Une installation passe donc par l'installation de base, la mise à jour des patchs et logiciels supplémentaires, le paramétrage de slackpkg (l'apt-get de slackware) pour aller chercher les dernières mises à jour en ligne.
L'équilibre ?
Ben oui, entre conservatisme et bleeding-edge.
Typiquement, lors de la sortie de la 14.2, systemd c'était pas encore le truc à la mode.
Donc même patchée jusqu'au bout, la Slackware stable elle est systemd-free.
Un bien, un mal ?
Personne ne t'a forcé la main en tout cas, et tu n'as pas eu à changer tes habitudes en 5 ans.
Des changements majeurs comme ça, il y en a, entre les versions stables, dans la current, qui va péter des trucs quand il va y avoir des expérimentations sur tel ou tel composant central qu'on envisage de modifier.
Spoiler : la 15.0 sera aussi sans systemd, parce que tout le monde s'en fout de systemd, si tu veux systemd il y a deux-cent-cinquante autres distribs qui le proposent, et systemd casse le principe fondamental de dire qu'un paquet Slackware s'installe et se paramètre comme les auteurs du logiciel l'ont prévu.
Et... ça n'a aucune importance en vrai.
Par contre la 15.0 va être super à jour, avec un KDE et un XFCE dernière version, un gimp 2.10.22, python 3.9, gcc 10, bref, tout très à jour.
Équilibre aussi entre simplicité et cambouis.
Rester sur une -14.2, utiliser sbotools pour maintenir ses slackbuilds supplémentaires, ou se contenter d'un dépôt binaire d'une autre personne, c'est deux outils à connaître : slackpkg et sbotools, voilà pour l'administration, simple.
Mais les Slackbuilds ce sont des scripts, on peut les modifier pour changer le comportement, les options, tout ce qu'on veut, en maintenir soi-même : la marche à l'entrée n'est pas très haute pour devenir mainteneur de Slackbuilds. Et on peut vivre dangereusement en -current aussi.
Là le fossé est assez important, parce que 5 ans, c'est du jamais vu dans l'histoire de la Slackware. On avait plutôt une version tous les six mois ou un an avant ça.
Donc elle est très attendue la 15.0.
Mais les Slackers Current y sont déjà.
Et environ un mois après sa sortie (parce que là il y a du boulot), les 8000 Slackbuilds compileront dessus.
Mes propres Slackbuilds (j'en ai une soixantaine) sont déjà quasiment prêts, compatibles 14.2 et 15.0, ou prêts à être mis à jour.
Voilà un peu mon univers Slackware, sa position, et pourquoi je m'y plais !