Le "potard" - en plus d'avoir un surnom affectueux - a l'intérêt d'être un composant passif très simple : taux de panne proche de zéro, diagnostic et compréhension triviaux.
Euh... le potard avec un taux de panne proche de zéro ? Qu'un potard tombe complètement en panne, c'est effectivement improbable (contrairement aux condensateurs qu'il aurait presque fallu considérer comme des consommables, au moins à une époque) mais qu'il devienne inutilisable dans les faits, c'est tellement fréquent que ça en fait en pratique un composant d'usure.
Et pas qu'avec les amplis audio : trouver un joystick qui reste fidèle sur les petites plages où on l'utilise quand on fait de la simulation aérienne, par exemple, est devenu une gageure (← ça se prononce « gajûre », au passage :) ).
Mais d'abord c'est très désagrable à l'usage : il n'y a pas de butée et pas de graduation, c'est donc contre-intuitif. Il faut lire le volume affiché, sans savoir si l'échelle est sur 10, 20, 50 (les constructeurs se montrent créatifs sur le sujet).
C'est vrai, mais c'est aussi pratique quand le bouton a plusieurs usages (genre régler le volume ou le tuner, selon la situation). Et ça reste beaucoup moins chiant que des boutons de défilement « ←← ← → →→ »...
Ensuite c'est aussi désagréable à l'usage : il y a souvent une latence entre le mouvement et l'affichage, ce qui rend l'impression d'avoir un "bouton mou". Ca vous change une chaîne hifi en jouet playskool en une seule impression. Et c'est souvent sensible de façon non linéaire à la vitesse de rotation, ce qui est aussi bizarre et désagréable (tournez un coup net, ça ne bougera que de 2/3 crans - du coup impossible de baisser le volume rapidement, et qui plus est en un seul mouvement ! C'est absurde).
Ça, ce n'est pas la roue codeuse qui est en cause, c'est le système qui va derrière. Et encore, en électronique, on est relativement épargné mais en informatique, quand il s'agit de concevoir des interfaces, c'est une vraie plaie. C'est devenu particulièrement vrai avec l'arrivée des langages de haut niveau dans les années 90 à une époque où la machine derrière n'était pas assez puissante pour suivre.
Il y a eu longtemps un état d'esprit assez « jacobin » consistant à estimer que dès que lors le service est rendu, la tâche est accomplie et qu'il n'y a pas lieu de faire des efforts démesurés pour que quelque chose qui s'exécute en 0,6 secondes le fasse en 0,4. Selon moi, c'est une grosse erreur.
Si la machine est vraiment lente, on considère la tâche comme asynchrone. On lui donne une consigne et on revient quand elle a fini. Mais s'il s'agit de tâches censées être immédiates, quand la machine est en retard sur l'esprit, c'est extrêmement désagréable et ça cause même des effets de dissonance, qui rendent le tout assez fatiguant au bout d'une journée de travail.
C'est une des raisons qui ont fait que les iPhones, par exemple, ont si bien marché au début : c'était cher, complètement propriétaire et le code interne notoirement assez sale, mais c'était parfaitement utilisable et ça a plu. C'est d'ailleurs quand les anciennes versions se mettent à ramer qu'on commence à prendre conscience de la chose.
À l'inverse, les roues « incrémentales » sont beaucoup plus utilisées qu'on le croit : il y en a une pour régler l'heure du four de ma cuisine (qui commence pourtant à être vieux) et il se trouve que c'est exactement le même système qui sert à régler le cap d'un avion de ligne sur son FCU.
Et c'est même très stimulant de concevoir un système qui soit « au point » de ce côté : ils ont l'air d'être élémentaires mais en réalité, la valeur incrémentée dépend de la vitesse à laquelle on le tourne (par exemple +10 par cran si on le tourne vite et seulement +1 par cran quand on le tourne lentement).
Et puis ça ne résoud pas le problème fondamental : on ne sait pas de combien est le volume. Très souvent les chaînes combinées modernes font des économies d'affichage et ne vous mettent pas la valeur numérique du volume en permanence. Or il se trouve que tout un chacun maitrise très vite les plages de volume adaptées à chaque source : impossible de les pointer directement avec ce mécanisme (que ce soit la roue ou les +/- de la télécommande).
À l'inverse, ça a quand même un avantage : il devient possible de faire des présélections et de sauter immédiatement vers cette configuration. Là encore, ça prend tout son sens avec un tuner mais c'est également vrai pour un bouton de volume.
Ma chaîne HI-FI est un Sony EX-77 MD qui est doté d'un gros bouton de volume comme tu les aimes, analogique, à butée et asservi par un moteur. C'est effectivement très classe et très confortable. Ceci dit, je m'aperçois que la plage de volume que j'utilise au quotidien est très restreinte et que c'est parfois difficile d'obtenir exactement la bonne dans des conditions de silence avancées, par exemple de nuit ou lorsque que j'essaie de trouver le niveau exact pour me réveiller en douceur.
Bon et il reste un sous-problème corsé. Maintenant que votre volume a une commande électronique arbitraire ET est en réseau, n'importe quel app mal lunée peut instantanément mettre l'ampli 2x100W du salon à 100%. Et le plus rigolo, par le fiston un étage plus loin qui avait oublié que sa sortie son était réglé sur l'ampli et qui a poussé le widget de volume de son OS à 100 parce que "ben j'ai pas de son ??". Même sans être cardiaque, ça secoue sacrément, je pense que c'est une faille de sécu avec danger mortel.
En dehors de la blague, je ne parlerai pas vraiment de sécurité ici. Et ça arrive suffisamment peu souvent pour qu'on ne soit pas obligé de légiférer. Et surtout : le problème est le même avec un potard asservi.
D'ailleurs le bouton de volume d'un ampli de puissance est un "limiteur", c'est pas pour rien. Ca permet de fixer une limite. Doh. Et il y en a qui ont inventé la possibilité que n'importe quel teubé connecté puisse outrepasser ces limites du monde physique et vivable.
Enfin et au début ça devait être le sujet de ce billet mais j'ai dérivé, ces foutues roues codées veillissent aussi. Mais au lieu d'avoir des inconvénients mineurs et ne remettant pas en cause leur fonction, c'est tout l'inverse. J'ai au moins 2 exemples chez moi (un ampli et un minuteur de micro-ondes) de roues codées qui vont faire +1, -5, +3, -2 lors d'une unique légère rotation dans le même sens.
Ça, ça ne devrait pas arriver non plus et ce n'est pas vraiment le problème de la roue, mais de ce qui va derrière.
Ensuite, une roue incrémentale n'est pas forcément « codeuse ». Les roues codeuses, ce sont en général celles qui nous sortent directement leur valeur en binaire ou dans un format similaire. Du coup, les sélecteurs ne sont pas forcément des roues codeuses dans cette acception.
On est même certain que ce n'en est pas lorsque la roue n'a pas de butée car autrement, comme la plage est finie par conception, on devrait revenir à zéro une fois le maximum atteint.
Pour terminer, je rappelle que réparer ou changer une roue codeuse, ben c'est la m*.
Pourquoi ? En quoi est-ce plus compliqué que changer un potard (à part le nombre de broches).
Composant actif compliqué
Pourquoi actif ? Un jeu de pistes suffit et c'est généralement comme ça que ça marche sur les plus petits modèles.
(sur les vieux on trouve que la partie passive avec les diodes + photodiodes, mais je crois que tous les récents ont leur décodeur intégré), pas de standardisation donc presque impossible de trouver une pièce de rechange.
Alors dans ce cas, c'est qu'il s'agit de décodeurs optiques et personnellement, c'est la solution à laquelle je suis moi-même parvenu à chaque fois que j'ai été exposé à ce problème : faire un jeu de pistes parallèles en code Gray. Pas en sortie, bien sûr, mais bien pour assurer la fiabilité de la lecture sur le long terme.
J'ai toujours été surpris que ce concept soit si peu évoqué mais quand on regarde l'exemple encadré de la page Wikipédia ci-dessus, on s'aperçoit que l'application qui en est faite est justement celle d'un codeur optique rotatif.
Ma conclusion : le monde physique (les ondes acoustiques qui peuvent désagréger ton corps) doit rester physique. Un potard avec au plus une combo télécommande/moteur (et pas IP/Zigbee/RF/whatever la télécommande svp), ça le fait. Le volume virtuel et des boutons au comportement absurde et dangereux, ça le fait pas.
Mouais, autant je suis d'accord sur le fait que trop de sophistication tue l'utilisabilité, autant je trouve ces arguments-là un peu fallacieux.
Ce n'est pas que la question ne se pose pas, elle est au contraire très pertinente, mais ça conduit souvent à émettre des âneries beaucoup plus grosses qu'on entend parfois chez certains audiophiles...
# Code Gray
Posté par Obsidian . En réponse au journal Manifeste contre la roue codeuse. Évalué à 10.
Euh... le potard avec un taux de panne proche de zéro ? Qu'un potard tombe complètement en panne, c'est effectivement improbable (contrairement aux condensateurs qu'il aurait presque fallu considérer comme des consommables, au moins à une époque) mais qu'il devienne inutilisable dans les faits, c'est tellement fréquent que ça en fait en pratique un composant d'usure.
Et pas qu'avec les amplis audio : trouver un joystick qui reste fidèle sur les petites plages où on l'utilise quand on fait de la simulation aérienne, par exemple, est devenu une gageure (← ça se prononce « gajûre », au passage :) ).
C'est vrai, mais c'est aussi pratique quand le bouton a plusieurs usages (genre régler le volume ou le tuner, selon la situation). Et ça reste beaucoup moins chiant que des boutons de défilement « ←← ← → →→ »...
Ça, ce n'est pas la roue codeuse qui est en cause, c'est le système qui va derrière. Et encore, en électronique, on est relativement épargné mais en informatique, quand il s'agit de concevoir des interfaces, c'est une vraie plaie. C'est devenu particulièrement vrai avec l'arrivée des langages de haut niveau dans les années 90 à une époque où la machine derrière n'était pas assez puissante pour suivre.
Il y a eu longtemps un état d'esprit assez « jacobin » consistant à estimer que dès que lors le service est rendu, la tâche est accomplie et qu'il n'y a pas lieu de faire des efforts démesurés pour que quelque chose qui s'exécute en 0,6 secondes le fasse en 0,4. Selon moi, c'est une grosse erreur.
Si la machine est vraiment lente, on considère la tâche comme asynchrone. On lui donne une consigne et on revient quand elle a fini. Mais s'il s'agit de tâches censées être immédiates, quand la machine est en retard sur l'esprit, c'est extrêmement désagréable et ça cause même des effets de dissonance, qui rendent le tout assez fatiguant au bout d'une journée de travail.
C'est une des raisons qui ont fait que les iPhones, par exemple, ont si bien marché au début : c'était cher, complètement propriétaire et le code interne notoirement assez sale, mais c'était parfaitement utilisable et ça a plu. C'est d'ailleurs quand les anciennes versions se mettent à ramer qu'on commence à prendre conscience de la chose.
À l'inverse, les roues « incrémentales » sont beaucoup plus utilisées qu'on le croit : il y en a une pour régler l'heure du four de ma cuisine (qui commence pourtant à être vieux) et il se trouve que c'est exactement le même système qui sert à régler le cap d'un avion de ligne sur son FCU.
Et c'est même très stimulant de concevoir un système qui soit « au point » de ce côté : ils ont l'air d'être élémentaires mais en réalité, la valeur incrémentée dépend de la vitesse à laquelle on le tourne (par exemple +10 par cran si on le tourne vite et seulement +1 par cran quand on le tourne lentement).
À l'inverse, ça a quand même un avantage : il devient possible de faire des présélections et de sauter immédiatement vers cette configuration. Là encore, ça prend tout son sens avec un tuner mais c'est également vrai pour un bouton de volume.
Ma chaîne HI-FI est un Sony EX-77 MD qui est doté d'un gros bouton de volume comme tu les aimes, analogique, à butée et asservi par un moteur. C'est effectivement très classe et très confortable. Ceci dit, je m'aperçois que la plage de volume que j'utilise au quotidien est très restreinte et que c'est parfois difficile d'obtenir exactement la bonne dans des conditions de silence avancées, par exemple de nuit ou lorsque que j'essaie de trouver le niveau exact pour me réveiller en douceur.
En dehors de la blague, je ne parlerai pas vraiment de sécurité ici. Et ça arrive suffisamment peu souvent pour qu'on ne soit pas obligé de légiférer. Et surtout : le problème est le même avec un potard asservi.
Ça c'est du rock ! :-)
https://www.youtube.com/watch?v=lwUMJf3ZyHU
Ça, ça ne devrait pas arriver non plus et ce n'est pas vraiment le problème de la roue, mais de ce qui va derrière.
Ensuite, une roue incrémentale n'est pas forcément « codeuse ». Les roues codeuses, ce sont en général celles qui nous sortent directement leur valeur en binaire ou dans un format similaire. Du coup, les sélecteurs ne sont pas forcément des roues codeuses dans cette acception.
On est même certain que ce n'en est pas lorsque la roue n'a pas de butée car autrement, comme la plage est finie par conception, on devrait revenir à zéro une fois le maximum atteint.
Pourquoi ? En quoi est-ce plus compliqué que changer un potard (à part le nombre de broches).
Pourquoi actif ? Un jeu de pistes suffit et c'est généralement comme ça que ça marche sur les plus petits modèles.
Alors dans ce cas, c'est qu'il s'agit de décodeurs optiques et personnellement, c'est la solution à laquelle je suis moi-même parvenu à chaque fois que j'ai été exposé à ce problème : faire un jeu de pistes parallèles en code Gray. Pas en sortie, bien sûr, mais bien pour assurer la fiabilité de la lecture sur le long terme.
J'ai toujours été surpris que ce concept soit si peu évoqué mais quand on regarde l'exemple encadré de la page Wikipédia ci-dessus, on s'aperçoit que l'application qui en est faite est justement celle d'un codeur optique rotatif.
Mouais, autant je suis d'accord sur le fait que trop de sophistication tue l'utilisabilité, autant je trouve ces arguments-là un peu fallacieux.
Ce n'est pas que la question ne se pose pas, elle est au contraire très pertinente, mais ça conduit souvent à émettre des âneries beaucoup plus grosses qu'on entend parfois chez certains audiophiles...