• # Réécriture simpliste de l'histoire

    Posté par . En réponse au journal Rappelons la base du libre : pour tous les usages. Évalué à 10.

    Cette liberté n'est pas utile quand l'auteur veut bien que vous fassiez quelque chose qui ne le concurrence pas, son utilité principale est de pouvoir faire des choses que l'auteur ne souhaite pas que vous fassiez.

    C'est ta vision strictement personnelle des choses : la licence libre ne dit absolument pas ce que l'on doit considérer utile ou non dans une règle donnée. Tu tombes dans le même piège que tu critiques souvent : croire que les autres partagent les mêmes raisons que toi pour aimer le libre.

    Zenitram, tu fais dire aux licences libres des choses qu'elles ne disent pas. Et ta vision de l'histoire du libre est subjective également. Ma vision, c'est que ça s'est passé comme cela :

    • Quelqu'un s'est rendu compte que le logiciel non-libre était problématique, car il limitait l'utilisateur et donnait un pouvoir au propriétaire du logiciel sur cet utilisateur.
    • Un ensemble de règles a été inventée pour essayer d'éviter ce problème au niveau de la licence du logiciel.

    Un problème a été constaté : le logiciel propriétaire ou privatif, c'est problématique (c'est mal, quoi). Tout est parti de là. Ensuite, un outil a été développé pour essayer de mitiger ce problème.

    Dire que le libre se limite à un outil que l'on ne pourrait plus modifier se heurte rapidement à l'esprit du libre : si l'outil est imparfait, ça veut dire rester esclave de l'outil. À aucun moment personne n'a dit que l'outil était parfait est résolvait totalement au problème.

    Note qu'historiquement, le libre s'intéressait surtout aux utilisateurs finals d'un logiciel. Les utilisateurs qui utilisent du logiciel libre pour faire du logiciel privateur ne sont pas vraiment des utilisateurs finals. Ils respectent peut-être la lettre de certaines licences libres, mais on peut difficilement dire qu'ils en respectent l'esprit au sens historique. Historiquement le libre n'a pas été créé pour eux et présenter la liberté 0 comme si son but était justement de permettre cet utilisation, c'est de la réécriture de l'histoire de ta part.

    Ça me fait penser, j'ai juste vu passer cet article qui discute un peu de la question de l'évolution des objectifs supposés du libre avec le temps suivant les perspectives, des origines (le logiciel propriétaire c'est mal) vers des positions plus capitalistes (le libre c'est bien on peut faire ce qu'on veut avec, surtout des sous, sans questions d'éthique).

    l'AGPL, pour prendre la licence libre qui fournit le moins de libertés, est 100% libre, et une licence "domaine public sauf pour 1 usage" est 0% libre, et si on prend ce dernier logiciel on ne peut dire qu'on utilise du logiciel libre, ni presque libre (non, il est 0% libre).

    Ces considérations relèvent strictement de ton opinion personnelle : les licences libres ne définissent pas ce que veut dire être X% libre ! Là, c'est toi qui veut nous imposer que X% libre ne pourrait pas être défini, ce qui est faux (rien n'empêche de définir une licence 75% libre comme celle qui respecte 3 des 4 libertés, même si ça sert à rien de s'amuser avec les chiffres comme ça). De quel droit il serait possible de nous imposer une vision aussi manichéenne des choses, où tout ce qui n'est pas 100% libre le serait 0%, comme un logiciel tous droits réservés ?

    Les licences libres ne sont déjà pas forcément équivalentes suivant les pays. Tous les usages ne sont pas forcément permis : il faut qu'ils soient légaux. Si dans un pays donné il existe des lois anti-monopole plus fortes que dans un autre, est-ce que les licences libres n'y sont plus libres ? Ou est la limite qui fait passer de 100% à 0% ? Ou alors, tant que les restrictions supplémentaires sont dans la loi et pas dans la licence, ça reste 100% libre, même si au final c'est pareil ? Si oui, quel est l'intérêt de la distinction alors ?

    Le manichéisme dans ce genre de définitions se heurte vite à un présent et une histoire plus complexes. Insister à simplifier les choses comme cela conduit à du simplisme et non à de la simplicité. Un simplisme qui encourage une certaine nouvelle vision du libre très différente de celle d'origine.