Je partage totalement cet excellent résumé, même si de mon expérience, je modère un peu le passage sur le rôle et les intentions des collectivités territoriales. Il est évident que dans certains cas, les moyens alloués et initiatives prises sont utilisées pour de la communication et servir des intérêts autres que pédagogiques.
Ceci-dit, sans la citer pour ne pas faire de publicité déguisée, celle que je connais fait plutôt du bon travail, même si évidemment tout n'est pas parfait. Voici quelques exemples de ce que j'ai pu voir évoluer au cours du temps :
- mise en œuvre et industrialisation d'un vrai support informatique, techniciens compétents à l'appui répartis sur 2 ou 3 établissements (donc 1 à deux jours de présence en établissement, sauf urgence) : fini le parc qui fonctionne sur le bénévolat et les compétences aléatoires du collègue bonne poire "qui s'y connait" et bosse à l’œil (comme souvent dans l'éducation nationale)
- investissement et harmonisation des parcs informatiques, permettant la réalisation de masters, déploiement d'images, renouvellements en fonction des échéances des garanties et de l'obsolescence du matériel, dotations en fonction du nombre d'élèves : terminé les salles de classe ressemblant à un musée de l'informatique, au fonctionnement plus qu'aléatoire
- mise en œuvre de processus pro (par exemple : gestion des demandes et des incidents via GLPI) : les profs ont enfin l'impression d'avoir un lieu de travail qui ne ressemble pas à l'assoce du coin bricolo, avec des post-its pour faire remonter des problèmes
- sur le plan technique, enfin des infrastructures gérées de près, qui évoluent (redondance, virtualisation), avec reprise des rocades et autres équipements réseaux. Franchement avant, les salles serveurs c'était digne des pires caricatures qu'on peut trouver sur Qwant images avec des sacs de nœuds et autres plats de spaghettis, quand il ne s'agit pas de câbles réseaux collés sur les murs au pistolet à colle (véridique).
Bref avant c'était le tiers monde de l'informatique. Après, ils ne prennent pas de risque et malheureusement, c'est quand même très orienté MS, avec d'autres décisions parfois franchement discutables (Office etc.).
L'ENT proposé repose sur une solution à l'origine libre (Liferay), qui globalement fait le job en termes de portail, SSO pour applis tierces, et fourniture de quelques outils même si des évolutions sont regrettables (par exemple un outil de synchro initialement dispo. pour Win/MacOS et Linux, qui maintenant se limite aux deux premiers).
Sur la messagerie, tous les professeurs, public comme privé disposent d'une boite mail académique et donc professionnelle. Encore faut-il s'en saisir. Nous avons mis un certain temps (ou un temps certain) pour réussir à faire en sorte que cette boite soit l'outil utilisé lorsqu'il s'agit de message pro. et non plus tata_pro@gtruc.moche. La capacité (en tout cas dans mon académie) est enfin "acceptable" (1Go), mais il est vrai que pendant longtemps elle a été ridiculement basse, rendant effectivement difficile son utilisation réelle (un prof, c'est des dizaines de mails par jour, sans compter les listes de diffusion pro disciplinaire ou d'équipe et autres, pour lesquels il est parfois nécessaire de conserver les messages, donc qui occupent de l'espace).
Et comme souligné, il y a enfin une vraie lueur d'espoir avec apps.education.fr et des outils qui tiennent enfin la route : Nextcloud, Bigbluebutton, Jitsi etc. Le problème c'est que dans un premier temps c'était annoncé comme "pendant le confinement". Bref personne ne va faire d'effort pour un outil dispo temporairement. Puis ça a évolué, mais ça fait presque un an que c'est en beta, et on annonce que lors du passage en version définitive, les données seront perdues. Inutile de dire que j'attends avant de communiquer largement auprès des collègues. Ils ont besoin de pérennité et de stabilité, pas de tout refaire/reprendre/revoir chaque matin.
Bref, le bilan est contrasté, mais à relativiser il me semble selon les territoires.
[^] # Re: Défauts de la décentralisation
Posté par Janfi . En réponse au journal Les enseignants, poussés vers GMail. Évalué à 10. Dernière modification le 20 janvier 2021 à 09:20.
Je partage totalement cet excellent résumé, même si de mon expérience, je modère un peu le passage sur le rôle et les intentions des collectivités territoriales. Il est évident que dans certains cas, les moyens alloués et initiatives prises sont utilisées pour de la communication et servir des intérêts autres que pédagogiques.
Ceci-dit, sans la citer pour ne pas faire de publicité déguisée, celle que je connais fait plutôt du bon travail, même si évidemment tout n'est pas parfait. Voici quelques exemples de ce que j'ai pu voir évoluer au cours du temps :
- mise en œuvre et industrialisation d'un vrai support informatique, techniciens compétents à l'appui répartis sur 2 ou 3 établissements (donc 1 à deux jours de présence en établissement, sauf urgence) : fini le parc qui fonctionne sur le bénévolat et les compétences aléatoires du collègue bonne poire "qui s'y connait" et bosse à l’œil (comme souvent dans l'éducation nationale)
- investissement et harmonisation des parcs informatiques, permettant la réalisation de masters, déploiement d'images, renouvellements en fonction des échéances des garanties et de l'obsolescence du matériel, dotations en fonction du nombre d'élèves : terminé les salles de classe ressemblant à un musée de l'informatique, au fonctionnement plus qu'aléatoire
- mise en œuvre de processus pro (par exemple : gestion des demandes et des incidents via GLPI) : les profs ont enfin l'impression d'avoir un lieu de travail qui ne ressemble pas à l'assoce du coin bricolo, avec des post-its pour faire remonter des problèmes
- sur le plan technique, enfin des infrastructures gérées de près, qui évoluent (redondance, virtualisation), avec reprise des rocades et autres équipements réseaux. Franchement avant, les salles serveurs c'était digne des pires caricatures qu'on peut trouver sur Qwant images avec des sacs de nœuds et autres plats de spaghettis, quand il ne s'agit pas de câbles réseaux collés sur les murs au pistolet à colle (véridique).
Bref avant c'était le tiers monde de l'informatique. Après, ils ne prennent pas de risque et malheureusement, c'est quand même très orienté MS, avec d'autres décisions parfois franchement discutables (Office etc.).
L'ENT proposé repose sur une solution à l'origine libre (Liferay), qui globalement fait le job en termes de portail, SSO pour applis tierces, et fourniture de quelques outils même si des évolutions sont regrettables (par exemple un outil de synchro initialement dispo. pour Win/MacOS et Linux, qui maintenant se limite aux deux premiers).
Sur la messagerie, tous les professeurs, public comme privé disposent d'une boite mail académique et donc professionnelle. Encore faut-il s'en saisir. Nous avons mis un certain temps (ou un temps certain) pour réussir à faire en sorte que cette boite soit l'outil utilisé lorsqu'il s'agit de message pro. et non plus tata_pro@gtruc.moche. La capacité (en tout cas dans mon académie) est enfin "acceptable" (1Go), mais il est vrai que pendant longtemps elle a été ridiculement basse, rendant effectivement difficile son utilisation réelle (un prof, c'est des dizaines de mails par jour, sans compter les listes de diffusion pro disciplinaire ou d'équipe et autres, pour lesquels il est parfois nécessaire de conserver les messages, donc qui occupent de l'espace).
Et comme souligné, il y a enfin une vraie lueur d'espoir avec apps.education.fr et des outils qui tiennent enfin la route : Nextcloud, Bigbluebutton, Jitsi etc. Le problème c'est que dans un premier temps c'était annoncé comme "pendant le confinement". Bref personne ne va faire d'effort pour un outil dispo temporairement. Puis ça a évolué, mais ça fait presque un an que c'est en beta, et on annonce que lors du passage en version définitive, les données seront perdues. Inutile de dire que j'attends avant de communiquer largement auprès des collègues. Ils ont besoin de pérennité et de stabilité, pas de tout refaire/reprendre/revoir chaque matin.
Bref, le bilan est contrasté, mais à relativiser il me semble selon les territoires.