étant acteur de l’Éducation Nationale, je pense que la décentralisation est pour beaucoup dans la cacophonie dans les établissements scolaires.
D'un côté il y a l’Éducation Nationale qui fourni des systèmes d'informations (base élèves, outils pédagogiques, gestion financières,...) De l'autre il y a les collectivités qui elles financent et font installer les matériels. De fait, d'un département à l'autre, d'une région à l'autre, d'une commune à l'autre, les moyens matériels ne sont pas identiques. Si l'on rajoute à cela que d'une académie à l'autre, l'EN agit aussi différemment (formations, support,...) il est difficile d'imaginer un système pleinement fonctionnel.
L'EN cherche à former ses personnels, mais, d'une part elle n'y met pas les moyens et d'autres part elle est confrontée aux priorités politiques très variées des collectivités. En effet, par exemple les ENT sont financés par les collectivités et celles-ci ne font pas les mêmes choix dans les outils. Difficile dans ces conditions là de faire de la formation de qualité aux personnels. Au sein d'une académie vous pouvez avoir un ENT différent par département avec pléthore d'autres outils (ou pas d'outils le plus souvent) aux niveaux des communes. Mais la formation reste elle académique et se résume la plupart du temps à nommer des enseignants "référent à l'usage du numérique" pour aider leur collègue (en gros on coule et on écope avec un dé à coudre)
Des tentatives de modernisation existent. Par exemple une plateforme nationale (en bêta actuellement) est testée et se base sur des outils libres (comme nextcloud). Mais les personnels se sont tellement habitués a se débrouiller par eux-même (avec gmail notamment) que les expérimentations trouve peu d'écho parmi les personnels.
Il me parait difficile de sortir de l'ornière sans une volonté politique claire sur ce que doit être le système scolaire (décentraliser totalement ou au contraire reconcentrer certaines missions), le monde hybride ne pouvant apporter satisfaction du fait des divergences d'objectifs des acteurs.
Les collectivités elles n'attendent qu'une choses, avoir les pleins pouvoir dans les écoles, collèges et lycées. Ce sont en effet de formidables vitrines de leurs actions permettant à nombre de politiciens de toucher leur électorat au plus près (il n'y a qu'à voir tous les drapeaux régionaux ou départementaux sur les frontons des écoles). Tant que les établissements scolaires seront considéré comme des outils de propagande, je doute que la situation s'améliore, au contraire. Reste les personnels de l'EN et leur capacité à faire tourner la boutique avec des bouts de chandelle.
Et pour terminer, ne pas oublier que le numérique n'est pas la solution à tout. Je viens de faire le grand écart entre un bahut REP+ ou l'on utilisait tous les moyens disponibles pour toucher les familles (mail, sms, téléphones, courrier, rendez-vous, passer par le grand-père, la tante, etc...) et un autre ou toutes les familles maîtrise l'ENT. Le plus grand défit est de former les personnels de l'EN à toutes les formes de communication ou de public.
# Défauts de la décentralisation
Posté par bertile . En réponse au journal Les enseignants, poussés vers GMail. Évalué à 10. Dernière modification le 19 janvier 2021 à 22:18.
Bonjour,
étant acteur de l’Éducation Nationale, je pense que la décentralisation est pour beaucoup dans la cacophonie dans les établissements scolaires.
D'un côté il y a l’Éducation Nationale qui fourni des systèmes d'informations (base élèves, outils pédagogiques, gestion financières,...) De l'autre il y a les collectivités qui elles financent et font installer les matériels. De fait, d'un département à l'autre, d'une région à l'autre, d'une commune à l'autre, les moyens matériels ne sont pas identiques. Si l'on rajoute à cela que d'une académie à l'autre, l'EN agit aussi différemment (formations, support,...) il est difficile d'imaginer un système pleinement fonctionnel.
L'EN cherche à former ses personnels, mais, d'une part elle n'y met pas les moyens et d'autres part elle est confrontée aux priorités politiques très variées des collectivités. En effet, par exemple les ENT sont financés par les collectivités et celles-ci ne font pas les mêmes choix dans les outils. Difficile dans ces conditions là de faire de la formation de qualité aux personnels. Au sein d'une académie vous pouvez avoir un ENT différent par département avec pléthore d'autres outils (ou pas d'outils le plus souvent) aux niveaux des communes. Mais la formation reste elle académique et se résume la plupart du temps à nommer des enseignants "référent à l'usage du numérique" pour aider leur collègue (en gros on coule et on écope avec un dé à coudre)
Des tentatives de modernisation existent. Par exemple une plateforme nationale (en bêta actuellement) est testée et se base sur des outils libres (comme nextcloud). Mais les personnels se sont tellement habitués a se débrouiller par eux-même (avec gmail notamment) que les expérimentations trouve peu d'écho parmi les personnels.
Il me parait difficile de sortir de l'ornière sans une volonté politique claire sur ce que doit être le système scolaire (décentraliser totalement ou au contraire reconcentrer certaines missions), le monde hybride ne pouvant apporter satisfaction du fait des divergences d'objectifs des acteurs.
Les collectivités elles n'attendent qu'une choses, avoir les pleins pouvoir dans les écoles, collèges et lycées. Ce sont en effet de formidables vitrines de leurs actions permettant à nombre de politiciens de toucher leur électorat au plus près (il n'y a qu'à voir tous les drapeaux régionaux ou départementaux sur les frontons des écoles). Tant que les établissements scolaires seront considéré comme des outils de propagande, je doute que la situation s'améliore, au contraire. Reste les personnels de l'EN et leur capacité à faire tourner la boutique avec des bouts de chandelle.
Et pour terminer, ne pas oublier que le numérique n'est pas la solution à tout. Je viens de faire le grand écart entre un bahut REP+ ou l'on utilisait tous les moyens disponibles pour toucher les familles (mail, sms, téléphones, courrier, rendez-vous, passer par le grand-père, la tante, etc...) et un autre ou toutes les familles maîtrise l'ENT. Le plus grand défit est de former les personnels de l'EN à toutes les formes de communication ou de public.