En relisant l'introduction de 1984 il y a quelques mois, je me suis aperçu que le bislama, ou peut-être une de ses langues voisines comme le tok pisin ou le pijin, ce n'est pas si clair dans le texte, était une source d'inspiration reconnue par George Orwell pour la novlangue.
Locuteur du bislama, je dois avouer que cela m'attriste car c'est bien méconnaitre cette langue, certaines de ses logiques et son histoire. L'observation de George Orwell était que le bislama était une langue dégénérée travestissant les concepts de sa langue "source": l'anglais, et que ce travestissement empêchait d'exprimer des opinions ou des pensées complexes. C'est un point de vue qui est encore courant aujourd'hui, voire même de manière générale à propos des langues dites créoles. Cette opinion, issue de quelqu'un qui ne parlait pas la langue d'ailleurs, ignore ainsi l'histoire de l'émergence du bislama. Le bislama a été développé lors des rencontres liées aux passage des navires de commerce au Vanuatu/Nouvelles Hébrides, dans la région et du blackbirding également. L'utilisation des formes anglaises reflètent un rapport de force inégaux existant entre "les marchants" puis les colons et les groupes locaux, puis colonisés. Ce qui est déstabilisant et souvent source de critiques par les locuteurs anglophones, c'est que si le bislama possèdent de nombreux termes dont les formes proviennent de l'anglais, d'un point de vue sémantique, ces termes peuvent avoir une valeur issue des langues vernaculaires du Vanuatu. C'est cette distance qui crée l'impression de dégénérescence, d'incompréhension des termes anglais pour un anglophone.
'fin bref, maintenant, je me demande dans quelle mesure ce biais qu'a eu Orwell permettrait de produire des critiques sur le concept de novlangue.
# Le bislama comme inspiration pour la novlangue.
Posté par lejocelyn (site web personnel) . En réponse au journal Orwell dans le domaine public: nouvelle traduction chez Agone (et deux autres chez Gallimard). Évalué à 9.
En relisant l'introduction de 1984 il y a quelques mois, je me suis aperçu que le bislama, ou peut-être une de ses langues voisines comme le tok pisin ou le pijin, ce n'est pas si clair dans le texte, était une source d'inspiration reconnue par George Orwell pour la novlangue.
Locuteur du bislama, je dois avouer que cela m'attriste car c'est bien méconnaitre cette langue, certaines de ses logiques et son histoire. L'observation de George Orwell était que le bislama était une langue dégénérée travestissant les concepts de sa langue "source": l'anglais, et que ce travestissement empêchait d'exprimer des opinions ou des pensées complexes. C'est un point de vue qui est encore courant aujourd'hui, voire même de manière générale à propos des langues dites créoles. Cette opinion, issue de quelqu'un qui ne parlait pas la langue d'ailleurs, ignore ainsi l'histoire de l'émergence du bislama. Le bislama a été développé lors des rencontres liées aux passage des navires de commerce au Vanuatu/Nouvelles Hébrides, dans la région et du blackbirding également. L'utilisation des formes anglaises reflètent un rapport de force inégaux existant entre "les marchants" puis les colons et les groupes locaux, puis colonisés. Ce qui est déstabilisant et souvent source de critiques par les locuteurs anglophones, c'est que si le bislama possèdent de nombreux termes dont les formes proviennent de l'anglais, d'un point de vue sémantique, ces termes peuvent avoir une valeur issue des langues vernaculaires du Vanuatu. C'est cette distance qui crée l'impression de dégénérescence, d'incompréhension des termes anglais pour un anglophone.
'fin bref, maintenant, je me demande dans quelle mesure ce biais qu'a eu Orwell permettrait de produire des critiques sur le concept de novlangue.