• # vulgaire automate

    Posté par . En réponse au journal Pour ou contre les vaccins open source mais pas libres ?. Évalué à 10.

    Article super intéressant !

    la machinerie de la vie n'est qu'un vulgaire automate pas bien différent de votre PC

    C'est vrai que c'est fou les similitudes qu'il y a, et ça fait clairement vibrer ma corde sensible de programmeur. Maintenant de la a dire que c'est un vulgaire automate comme un PC, il y a un gouffre:

    • Contrairement aux ordinateurs qui séparent la partie hard et la partie soft, la machine biologique possède du code qui produit du hard. D'ailleurs l'ARN est le meilleur exemple car cela représente a la fois du code et cela peut également jouer le rôle d'une protéine (ca me rappel aussi l'architecture Von Neumann). C'est pour ça qu'on soupçonne que les premières formes de vie était sous forme d'ARN. Imaginez le pouvoir d'un langage de programmation qui manipule la chimie directement et qui au lieu de forker un processus, il fork l'ordinateur entier ?

    • Les programmes essayent de s'abstraire de l’environnement pour rester dans le domaine de la logique pure (sauf quand il s'agit d'optimiser, mais c'est négligeable), la machine biologique utilise l’environnement pour fonctionner, chaque idiosyncrasie de la physique, chaque émergence surprenante est prise en compte. En fait plus que l'utiliser, elle se co-construit par l'interaction avec l’environnement, et comme le but est de survivre dans l’environnement, ça me parait logique qu'il soit pris en compte

    • Un peu lié au point précédant, un programme informatique se construit sur le déterminisme. On a besoin de maîtriser les causes pour pouvoir obtenir toujours les mêmes effets parce que ce sont ces effets qu'on a identifié comme souhaitables. Les biomachines au contraire, non seulement sont résistantes au désordre et a l’imprévu, mais du surcroît ne peuvent fonctionner qu'en présence de désordre et de chaos. Cela fait partie intégrante de leur paradigme. Par exemple sans mouvement brownien qui mélange toutes les molécules au hasard, celles qui sont sensés s'assembler ne se rencontreraient jamais

    • Un programme informatique a un auteur et un but. La biomachine s'auto-programme dans une boucle sans fin, et le but de la vie reste un mystère insondable, si ce n'est de perpétuer la boucle.

    • un dernier point intéressant que j'ai encore du mal a assimiler: les side effects. Quand on conçoit un programme, on veut isoler le plus possible le code en différents modules indépendants afin d’éviter au maximum les comportements imprévu. On ne veut surtout pas qu'en modifiant la variable qui contient le nombre d'yeux, ça modifie la taille des pieds. Et pourtant dans les biomachines, cela semble être un avantage