• [^] # Re: Génial

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au lien Reverse Engineering the source code of the BioNTech/Pfizer SARS-CoV-2 Vaccine. Évalué à 10.

    Une autre raison, c'est aussi que c'est moins risqué car comme dit gouttegd l'ARN peut être synthétisé complètement chimiquement, ce qui signifie un risque nul de contamination du vaccin par des impuretés d'origine biologique.

    Au contraire, les protéines recombinantes doivent être produites dans un organisme (du plus simple au plus compliqué expérimentalement : dans des bactéries, des levures, des cellules d'insectes ou des cellules de mammifères) puis purifiées. On peut être très strict avec le protocole de purification, mais il y a toujours un compromis entre pureté et rendement (ce qui augmente les coûts, si on veut une pureté plus grande). Et surtout, le risque de contamination par des protéines de l'organisme dans lequel a été produite la protéine recombinante existe (en pratique on peut rendre ce risque aussi faible qu'on veut, au détriment du rendement et donc en rendant la protéine recombinante cible plus chère à produire ; mais on ne peut pas réduire complètement ce risque à zéro).

    Ça n'empêche pas les vaccins à protéines recombinantes d'être une stratégie viable et également explorée. Dans le cas des vaccins ciblant SARS-CoV-2, cette revue explique bien les compromis entre différentes technologies d'élaboration de vaccins : Krammer, F. SARS-CoV-2 vaccines in development. Nature 586, 516–527 (2020). https://doi.org/10.1038/s41586-020-2798-3

    (Je précise que je suis biochimiste, pas du tout spécialiste de virologie ni d'immunologie, mais purifier des protéines recombinantes fait partie de la routine dans mes recherches et je confirme que c'est bien plus difficile que la synthèse chimique d'ARN.)