• [^] # Re: moi c'est l'inverse

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Linux ne m'intéresse plus. Évalué à 10.

    Mais on n'a pas besoin de systemd mais plutôt d'un superviseur et il en existe.

    Et ? je ne défends pas spécialement systemd, mais le besoin de ce que tu appelles un superviseur (qui ne peut se résumer à des scripts).

    Pour faire un corollaire, critiquer systemd revient à être accusé d'antivax.

    Tu remarqueras que je m’en prends pas à la critique de systemd, mais aux arguments bidons contre ce que tu appelles superviseur.

    Je n’aurai aucune difficulté à utiliser un remplaçant qui me rende autant service. Mais un tas de script ça n’est pas un remplaçant.

    En vrai, j’ai attendu que les distributions utilisent quelque chose qui fonctionne. Quand systemd est arrivé j’ai vu beaucoup de gens râler mais j’ai constaté que ça répondait aux besoins et que ça (répondre aux besoins) c’était quelque chose de nouveaux et que ça faisait longtemps que j’attendais de voir ça. Je n’ai pas choisi systemd mais j’ai constaté que ça faisait l’affaire.

    Alors que je trouve tout à fait cohérente l’idée qu’il puisse y avoir une critique fondée de systemd, je trouve bizarre de surtout rencontrer des contradicteurs qui ont surtout des solutions qui ne passent pas l’échelle au delà de leur propre machine.

    Ta comparaison avec les antivax est amusante. Elle est vraie dans l’autre sens : constater que systemd répond à un besoin et constater que l’écrasante majorité des critiques sont fondées sur des alternatives qui ne passent pas l’échelle au delà du pc du contradicteur peut te ranger immédiatement parmi les idolâtres.

    Le succès de systemd sanctionné par son intégration dans tant de distributions tient au fait qu’il comble un vide, mais dire ça peut te mettre dans le complot hégémonique.

    Pour filer la métaphore des antivax, des tas de vaccins ont sauvé et sauvent des vies, mais l’évocation de l’existence d’antivax aux arguments stupides ne doit jamais conduire à supposer que n’importe quel produit étiqueté vaccin est forcément parfait parce que sinon ce serait être stupide soi-même... bienvenu dans le règne de « la preuve part l’antivax » (dite aussi la preuve du micro-trottoir scandaleux, qui est une forme élaborée d’homme de paille) où il suffirait de brandir la contradiction stupide d’un con pour valider quoi que ce soit.

    T’as des gens qui vouent un culte à systemd ? Ça ne doit pas te disqualifier ni t’intimer au silence si tu constates que systemd répond aux besoins.
    T’as des gens qui jettent des sorts à systemd ? Ça ne doit pas te disqualifier ni t’intimer au silence si tu constates que systemd est perfectible.

    Perso j’ai une critique envers l’écosystème systemd, il y a beaucoup trop de choses que je ne sais pas lire ou comment aborder, ça ressemble trop à un truc conçu par un développeur et pas par un administrateur système, c’est à dire à un truc parachuté plutôt qu’un truc qui a poussé en prenant racine, d’où un certain sentiment d’opacité qui ne me quitte pas. Mais ça répond au besoin. Systemd a réussi une prouesse : me faire écrire des unités de service après une traversée du désert de 12 ans. Rien d’autre avant lui n’avait réussi à me convaincre d’investir du temps de cerveau disponible, de bâtir de la connaissance et du savoir faire et de prendre le risque de modeler mes neurones dessus. C’est pas rien !

    Je suis preneur de toute alternative qui serait meilleure, mais j’ai le pressentiment que pour en livrer une il faudra se lever tôt... Il faut produire quelque chose au moins capable de me convaincre après 12 ans d’exil.

    Un gros frein de Linux en entreprise sont les propositions de solution à l’arrache faites par des gens qui ne mesurent même pas le bancal de leur proposition quand en face même un non-technicien pressent la fragilité de la solution, alors que les solutions fiables et efficaces qui font la force de Linux et son excellence ne sont même pas connues par celui en charge de l’informatique et qui est sensé faire les propositions.

    Et bizarrement quand on connaît les solutions éprouvées et que l’on pointe le bancal du montage de script qui est proposé ou utilisé à la place, on se prend une violente réponse en mode « c’est pas ça la philosophie de linux, blablabla, traître ». Par exemple j’ai vu un gars qui contraignait les gens à une poignées de méga octets de fichiers pour travailler et qui avait créé un dossier qu’il avait nommé « archive » un jour de grande inspiration pour mettre tous les fichiers trop gros pour être sauvegardés (ahah), au point que seul 20% des données étaient sauvegardés, et que les fichiers de profils systèmes des comptes utilisateurs étaient finalement la majorité des données sauvegardées par rapport aux fichiers produits par la structure tellement c’était contraint, ceci afin de rentrer dans les limites de son système de sauvegarde à base de scripts. Quand j’ai tout changé par un logiciel libre écrit par des spécialistes (borg) ça a été une crise violente et des accusations de trahison, des tractations auprès de la hiérarchie, et que voici le discours que tout ceci mettrait en danger la sécurité des données et l’activité, irait contre la philosophie de linux, et patati et patata, mais au bout d’un ou deux ans j’avais sauvegardé un peta octet de données en n’ayant supprimé aucune des sauvegardes quotidiennes et en conservant les mêmes disques durs (un raid1 de 4To (×ばつ4To) pour la sauvegarde, un raid 10 de 4To (×ばつ2To) pour le serveur de fichier)... Mais sauvegarder 15Go par jour sur ces mêmes disques c’était tout à fait normal vu que son système de script était parfait et dans la philosophie Unix et patati et patata, quelques mois plus tard je sauvegardais 1.6Go par jour avec le même matériel et quelque mois plus tard encore en ayant migré le serveur de fichier sur btrfs les utilisateurs n’avaient même plus besoin de me faire des demandes de récupération de fichier depuis la sauvegarde puisqu’ils pouvaient eux-même consulter les snapshots réalisés toutes les heures, capable même de leur restaurer un fichier créé et supprimé par erreur dans la même journée (et donc n’ayant jamais pu être sauvegardé par la sauvegarde quotidienne nocturne).

    Besoin d’une sauvegarde ? un script fera très bien l’affaire ! Besoin de mettre en place un VPN ? un script fera très bien l’affaire ! Besoin d’un gestionnaire de service ? un script fera très bien l’affaire ! Besoin d’un outil de supervision ? un script fera très bien l’affaire ! Besoin d’échanger des données ? Un CSV c’est parfait ! Besoin de parser du HTML ? une regex c’est fait pour ça ! Besoin de valider un mail ? [a-z0-9.-]*@[a-z0-9.-]*.[a-z]* c’est parfait ! OU PAS.

    Le meilleur ennemi de Linux c’est « un script fera très bien l’affaire ! ».

    ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes