• [^] # Re: Influence quand même du contradicteur ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal [HS] Mon cerveau me ment ou pourquoi je ne commente que très peu. Évalué à 3. Dernière modification le 17 novembre 2020 à 05:46.

    Mon but n'était pas de critiquer la langue française, qui est merveilleuse à bien des égards, mon point est juste de dire que ce n'est pas la meilleure langue pour débattre d'un sujet car l'émotion pointe trop au travers du langage.

    Pour appuyer mon propos, je pourrais donner des exemples de tournures de phrases dans chacune des 3 langues évoquées, mais je ne le ferai pas, car on en viendrait alors à débattre (en français, mon dieu !) du niveau litteraire des uns et des autres.
    Je vais donc prendre un exemple plus simple et que, j'espère, tout le monde pourra comprendre et accepter comme valable : dire "bonjour".

    Imaginons un matin au boulot, le collègue arrive et sort son "bonjour" quotidien : ben oui, coronatruc, pas de serrage de main, pas de bises, juste un "bonjour".
    Est-ce que, en entendant ce simple mot, on est capable de connaître l'humeur du collègue ? Dans une grande majorité des cas, oui, grâce (ou à cause) de l'intonation. Des "bonjour", il y en a de toutes sortes, des joyeux, des tristes, des secs, des mielleux, ...
    Dire un "bonjour" neutre, sans laisser percer aucune émotion, ça doit être un exercice de style dans les écoles de théâtre, car en réalité c'est super difficile à faire.

    Prenons le "bonjour" anglais : "hello" ou "hi", qui est plus simple à articuler, mais qui permet tout de même d'en faire de belles variations tonales. Même si on n'est pas "fluent" en anglais, on peut facilement imaginer des Hi enjoués des Hello surpris, etc. Mais le ton est alors un peu plus volontaire (forcé si on peut dire) que le "bonjour" français" auquel il est difficile de ne pas mettre d'émotions.

    Pour finir avec le "你好" chinois, qui est une langue tonale, donc chaque syllabes doit se prononcer en respectant un ton donné : 4 tons en mandarin, plus un ton "neutre" (syllabe non-accentuée). Dans le cas de "你好", les deux syllabes prises seules sont au troisième ton, mais quand deux troisième-tons se suivent, la première syllabe passe au deuxième ton, on a donc un truc du genre :Nǐ hǎo devient Ní hǎo. On doit donc prononcer ce "bonjour" chinois en faisant monter le ton de la voix (vers l'aigu) sur le Ni, et ensuite descendre et remonter le ton (aigu -> grave -> aigu) sur le Hao. On peut comprendre qu'il est alors difficile d'ajouter une intonation sur deux syllabes qui ont déjà des tons, il y a peu de place pour faire des variations. Ca se vérifie dans la pratique : il est difficile de connaître l'humeur de quelqu'un juste en entendant "你好", même si parfois, avec l'habitude, on peut arriver à discerner un petit truc.