• [^] # Re: pourquoi pas batasuna ?

    Posté par . En réponse à la dépêche Le Pays Basque en faveur des logiciels libres. Évalué à 3.

    Faudrait arrêter de déblaterrer des grands principes déconnectés de la réalité du terrain.

    La société basque n'est pas remise des différentes guerres qu'elle a connues ce dernier sciècle. Les plaies du bombardement de Guernika sont encores ouvertes. La répression Franquiste reste vue comme quelque chose qui peut se reproduire.

    Batasuna est un parti suffisamment puissant pour être représenté à la commission Européenne. Puisqu'il a été illégalisé, il n'y a plus de moyen fiable de savoir aujourd'hui ce que représente l'abertzaleisme radical de gauche. Aux éléctions précédentes malgrès des conditions particulièrement défavorables, il représentait globalement 10% des votes avec des disparités très importantes d'une localité à l'autre. Ils assuraient la gestion de municipalités avec une représentativité pouvant aller jusqu'à 80%.

    Ils ont une audience très importante chez les jeunes de part le caractère rebelle et alternatif qu'ils représentent. Lorsque ces jeunes tiennent un discours ligitimant la lutte armée comme le seul moyen de faire reconnaître le droit à l'autodétermination, on ne peut même plus leur retorquer aujourd'hui qu'il leur suffit pour cela d'entrer dans l'action politique, persuader par le débat public et s'en remettre à la sanction des urnes. Ils n'en ont plus le droit.

    Ce qui se passe en Pays Basque est un gâchis effroyable. Il y a de ça quelques années ETA perdait peu à peu son soutien populaire et paraissait condamné à une mort lente mais certaine. Batasuna (Herri Batasuna, à l'époque) était secoué de violents débats internes à propos de la pertinence de la lutte armée : la société basque s'orientait vers une normalisation politique.
    Avec Aznar, ETA est tombé sur l'ennemi rêvé. Il a exacerbé les suceptibilités, alimenté sans retenue l'infernale spirale action-répression au point qu'on se demande s'il n'a pas intérrêt à saturer le débat politique d'antiterrorisme pour planquer ce qu'il fait et ne fait pas par ailleurs.

    Il y a fort à craindre qu'à ce jeu, Aznar ne gonfle les rangs d' ETA au point qu'elle devienne l'organisation armée clandestine la plus puissante de l'Europe de l'ouest.

    Tu vois que ton discours à l'emporte-pièces tombe on ne peut plus mal...